Des zones contrôlées par les Houthis au Yémen ont été bombardées par la coalition militaire dirigée par l’Arabie Saoudite, dans la nuit de samedi 26 à dimanche 27 mars, après que les rebelles yéménites ont annoncé de manière unilatérale une trêve de trois jours.
La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a bombardé des zones contrôlées par les rebelles Houthis dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 mars, après que ces derniers ont annoncé de manière unilatérale une trêve de trois jours, a indiqué Riyad.
La guerre qui ravage le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, depuis plus de sept ans oppose les forces pro gouvernementales, appuyées par la coalition saoudienne, aux Houthis, des rebelles soutenus par le grand rival de Riyad, l’Iran.
Samedi soir, vers minuit, la coalition a annoncé avoir « commencé à mener des frappes aériennes sur les camps (militaires) et zones stratégiques des rebelles Houthis à Sanaa », la capitale aux mains des rebelles depuis 2014, a rapporté la chaîne de télévision d’État saoudienne, Al-Ekhbariya. Aucun commentaire n’a été fait dans l’immédiat sur des victimes potentielles dans ces raids.
La coalition a renforcé les raids sur les zones contrôlées par les rebelles Houthis, notamment Sanaa (nord) et la région méridionale de Hodeida (ouest), en réaction à une nouvelle série d’attaques des rebelles contre l’Arabie saoudite vendredi dernier.
L’une d’entre elle a provoqué – sans faire de victimes – un gigantesque incendie dans un site pétrolier à Jeddah (ouest), proche du circuit de Formule 1 qui accueille le Grand Prix d’Arabie saoudite.
Mais, le lendemain, les rebelles ont annoncé qu’ils allaient cesser leurs offensives dans leur pays ainsi qu’en Arabie saoudite pendant « trois jours ».
Cette trêve pourrait devenir « permanente » si l’Arabie saoudite lève le « blocus » sur le Yémen, cesse ses raids aériens et retire ses « forces étrangères » sur le sol yéménite, avait déclaré Mahdi al-Mashat, haut responsable des Houthis. Les Saoudiens n’ont pas réagi à cette annonce.
Samedi, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a « fermement condamné la récente escalade du conflit au Yémen ». Cité dans un communiqué par son porte-parole, il a dénoncé tant « les attaques aériennes menées vendredi par les Houthis » que « les frappes aériennes de la coalition qui ont suivi à Sanaa ». Selon l’ONU, ces raids « auraient tué huit civils, dont cinq enfants et deux femmes ».
Avec près de 380 000 morts et des millions de déplacés selon les Nations Unies, la guerre a provoqué, au Yémen, l’un des pires drames humanitaires au monde, une grande partie de la population étant confrontée à une faim aiguë, parfois proche de la famine.
Cependant, au bout de sept ans, et alors que, depuis le 24 février, la « communauté internationale » (qui se réduit aux pays occidentaux et leurs alliés soumis un peu partout dans le monde, comme le Japon), n’a toujours pas mené la moindre action contre l’Arabie Saoudite, comme l’envoi d’armes aux yéménites qui se défendent contre l’invasion saoudienne, les sanctions financières, politiques, économiques, sportives, etc… envers l’État saoudien violant, depuis toutes ses années, la souveraineté territoriale du Yemen, la condamnation pour crime de guerre pratiqués par le régime saoud, ou encore toute la longue série d’actions et propos dont l’occident ne se prive pas à l’encontre de la Russie.
Il faut dire que le régime islamiste sunnite d’Arabie Saoudite, qui, dans les faits, n’a aucune différence avec Daesh, fait partie des régimes meurtriers utiles à la politique états-unienne.
Joseph Kouamé & Christian Estevez