Droit du sol et du sang : que dit l’Histoire de France sur l’attribution de la nationalité française ?

La question de l’attribution de la nationalité française, notamment à travers le droit du sol – qui n’existe, intégralement ou partiellement, que dans 32 pays à travers le monde -, est régulièrement débattue, tout particulièrement en cette période électorale

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SOUDAN : KHARTOUM LÈVE L’ÉTAT D’URGENCE, MAIS LA GUERRE SE DÉPLACE VERS LE KORDOFAN

Après plus de deux ans de couvre-feu, les habitants de la capitale soudanaise peuvent désormais circuler et travailler à toute heure. La mesure traduit le retour progressif de l’administration et de la vie civile dans une ville reprise par l’armée, mais elle ne signifie pas la fin de la guerre. À plusieurs centaines de kilomètres, les combats continuent de faire des victimes et de provoquer de nouveaux déplacements.

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À Khartoum, les habitants peuvent de nouveau circuler librement la nuit. Le Comité de sécurité de l’État a annoncé le 27 août la levée de l’état d’urgence et l’abrogation de l’ordre d’urgence n° 3 de 2024, mettant également fin au couvre-feu instauré dans la capitale.

La décision autorise désormais les habitants à se déplacer et à travailler à toute heure. Elle reste toutefois assortie de restrictions. Les patrouilles et les points de contrôle sont maintenus, et les autorités demandent aux habitants de conserver leurs documents d’identité sur eux. L’entrée dans la capitale demeure par ailleurs réglementée pour les étrangers arrivant par bus, train ou véhicule privé.

Cette décision intervient plusieurs mois après la reprise de Khartoum par l’armée soudanaise. Le gouvernement, qui avait transféré ses activités à Port-Soudan pendant les combats, est revenu dans la capitale en janvier 2026. L’aéroport a également repris ses activités et les organisations humanitaires recommencent progressivement à y travailler.

Une liberté retrouvée dans une capitale encore meurtrie

La levée du couvre-feu donne à Khartoum les apparences d’une ville qui reprend son activité. Mais la réalité quotidienne reste difficile.

Les infrastructures ont été lourdement endommagées pendant les combats. Les coupures d’électricité demeurent particulièrement longues dans plusieurs secteurs contrôlés par l’armée. À Omdurman, notamment, les pannes perturbent les activités professionnelles et contraignent des familles à renoncer à certains usages domestiques faute de pouvoir conserver leurs aliments ou faire fonctionner leurs équipements.

Le retour des habitants ne suffit donc pas à rétablir une vie normale. Il faut encore reconstruire les réseaux électriques, les routes, les logements et les services publics détruits pendant les combats.

La sécurité elle-même demeure fragile. La levée de l’état d’urgence ne s’accompagne pas d’un retrait des forces de sécurité : les patrouilles et les contrôles restent présents dans la capitale. Des risques liés aux drones et aux munitions non explosées subsistent également pour les personnes qui regagnent les zones touchées par la guerre.

Le front s’est déplacé

Le contraste est frappant. Alors que Khartoum cherche à retrouver un rythme de vie ordinaire, le conflit continue de s’intensifier dans d’autres régions.

Le Kordofan est devenu l’un des principaux théâtres de la guerre entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. Les deux camps y cherchent à consolider leurs positions et leurs voies d’approvisionnement, faisant de cette région un espace stratégique entre les territoires contrôlés par l’armée à l’est et ceux dominés par les FSR à l’ouest.

Les violences ont encore fait des victimes ces derniers jours. Des frappes de drones ont tué huit civils dans le Kordofan du Nord, selon l’organisation Emergency Lawyers, qui demande une enquête indépendante. Une première attaque a visé des civils dans la ville de Sowdari, avant qu’une seconde frappe ne touche des personnes venues porter secours aux blessés.

Le recours aux drones est devenu l’une des caractéristiques du conflit soudanais. Les Nations unies estiment qu’ils ont représenté une part majeure des décès de civils enregistrés au cours des premiers mois de 2026.

Une crise humanitaire toujours immense

Depuis le déclenchement de la guerre, le 15 avril 2023, le Soudan reste confronté à l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Les estimations internationales évoquent au moins 59 000 morts et environ 13 millions de personnes déplacées, tandis que plusieurs régions sont confrontées à la famine.

Les déplacements de population se poursuivent. Dans le Kordofan, les combats poussent encore des familles à fuir. À El-Obeid et dans les camps qui entourent la ville, l’arrivée massive de nouveaux déplacés exerce une pression croissante sur l’eau, la nourriture, les soins et les installations sanitaires. Plus de 15 000 familles seraient arrivées depuis la mi-juillet, selon les données rapportées par les acteurs humanitaires.

La fin de l’état d’urgence à Khartoum doit donc être lue pour ce qu’elle est : une mesure administrative et sécuritaire destinée à rétablir progressivement la vie civile dans une capitale contrôlée par l’armée, pas un signe de fin du conflit soudanais.

Khartoum peut désormais vivre sans couvre-feu. Mais à mesure que la capitale tente de se relever de ses ruines, la guerre continue de faire rage dans le centre et l’ouest du pays. Le véritable retour à la normale dépendra moins de la disparition des restrictions dans la capitale que de l’issue du conflit qui déchire encore le Soudan.

Celine Dou

États Unis d’Amérique : le procès de Khalid Cheikh Mohammed, accusé d’être le cerveau du 11-Septembre, fixé au 5 juin 2028

Plus de deux décennies après son arrestation, Khalid Cheikh Mohammed connaîtra enfin la date de son procès. Un juge militaire a ordonné, mercredi 26 août, l’ouverture des audiences le 5 juin 2028 à Guantánamo, dans une affaire qui porte sur les attentats du 11 septembre 2001 et près de 3 000 morts.

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Khalid Cheikh Mohammed, connu sous les initiales KSM, est l’homme que les autorités états-uniennes présentent comme le principal architecte des attentats du 11-Septembre. Capturé au Pakistan en mars 2003, il est détenu à Guantánamo depuis 2006 après avoir été emprisonné dans des sites secrets de la CIA.

Qui est Khalid Cheikh Mohammed ?

Né au Pakistan et élevé au Koweït, Khalid Cheikh Mohammed s’est engagé dans les milieux djihadistes avant de rejoindre Al-Qaïda. Le rapport de la commission d’enquête sur le 11-Septembre le décrit comme un organisateur d’attentats qui cherchait à mettre en œuvre ses propres projets.

Selon ce rapport, il avait présenté dès 1996 à Oussama ben Laden l’idée d’utiliser des avions comme armes. Le projet évoluera ensuite jusqu’à l’opération du 11 septembre 2001.

Ce jour-là, dix-neuf membres d’Al-Qaïda détournent quatre avions de ligne. Deux s’écrasent contre les tours du World Trade Center à New York, un autre frappe le Pentagone et le quatrième s’écrase en Pennsylvanie après l’intervention de passagers.

Près de 3 000 personnes sont tuées.

Une arrestation en 2003, puis les prisons secrètes de la CIA

Khalid Cheikh Mohammed est arrêté au Pakistan en mars 2003. Après sa capture, il est transféré dans le programme clandestin de détention de la CIA.

Il y subit des interrogatoires au cours desquels des méthodes de torture sont utilisées, notamment la simulation de noyade. Ces conditions de détention pèseront lourdement sur la procédure judiciaire à venir : une partie du contentieux porte précisément sur la possibilité d’utiliser devant le tribunal des déclarations ou des éléments obtenus dans ce cadre.

En septembre 2006, KSM est transféré à Guantánamo, où il se trouve toujours.

Un procès bloqué pendant plus de vingt ans

Les accusations formelles ont été déposées en 2008. Pourtant, le procès n’a jamais véritablement commencé.

La procédure a été retardée par une succession de batailles judiciaires portant notamment sur les preuves, les interrogatoires de la CIA et les conséquences de la torture subie par les accusés.

En 2019, une première date avait été envisagée pour un procès en 2021. Elle n’a pas été tenue.

Plus récemment, une autre tentative de sortir de l’impasse avait été engagée avec un accord de plaider-coupable.

En 2024, Khalid Cheikh Mohammed et deux autres accusés avaient accepté de reconnaître leur culpabilité en échange notamment de l’abandon de la peine de mort. L’accord prévoyait des condamnations à perpétuité. Le secrétaire à la Défense de l’époque, Lloyd Austin, avait tenté de l’annuler, déclenchant une nouvelle bataille judiciaire. En juillet 2025, une cour d’appel fédérale a finalement annulé les accords.

Le procès est donc redevenu la voie judiciaire à suivre.

Pourquoi le 5 juin 2028 ?

Les procureurs souhaitaient commencer le procès dès janvier 2027. Le juge militaire Michael Schrama a rejeté ce calendrier, estimant qu’il ne laissait pas suffisamment de temps pour régler les nombreuses questions préalables encore pendantes, notamment celles concernant l’admissibilité de certaines preuves.

Le calendrier prévoit une première étape consacrée à la sélection des membres de la commission militaire à partir du 5 juin 2028, avant les déclarations d’ouverture et la présentation des preuves.

Khalid Cheikh Mohammed sera jugé avec Walid bin Attash, Ali Abdul Aziz Ali et Mustafa al-Hawsawi, tous détenus à Guantánamo.

Un procès qui reste loin d’être garanti

La fixation d’une date ne signifie pas pour autant que le procès commencera nécessairement ce jour-là.

Le dossier demeure encombré de questions préalables et de recours. L’histoire de cette procédure montre d’ailleurs à quel point son calendrier peut encore changer.

Mais une étape importante vient d’être franchie : pour la première fois après des années de reports, le tribunal militaire a fixé une date précise pour juger l’homme accusé d’avoir été au cœur de la préparation du 11-Septembre.

Le 5 juin 2028, près de 27 ans après les attentats, Khalid Cheikh Mohammed devrait donc comparaître devant la justice militaire états-unienne.

Une échéance qui ramène à la surface une question restée irrésolue pendant toute l’après-guerre contre le terrorisme : comment juger les responsables présumés d’une attaque historique lorsque les méthodes utilisées pour les interroger sont elles-mêmes devenues une partie du procès ?

Celine Dou

Népal : plus de 350 morts, 1 300 disparus dont des centaines d’étrangers après l’effondrement d’un glacier à la frontière du Tibet

Le bilan de la catastrophe qui a frappé le nord du Népal mercredi 26 août ne cesse de s’alourdir. Les autorités népalaises font désormais état de 359 morts et de près de 1 400 personnes portées disparues, après des crues soudaines et des coulées de boue qui ont balayé plusieurs localités proches de la frontière avec le Tibet chinois.

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Parmi les disparus figurent de nombreux étrangers. Le ministère népalais du Tourisme recense 570 touristes portés disparus, dont 517 ressortissants étrangers provenant de 33 pays. Des citoyens indiens, états-uniens, malaisiens, ukrainiens, australiens, britanniques, canadiens et sud-coréens figurent notamment parmi les personnes recherchées.

Une catastrophe partie des hauteurs himalayennes

Les premières heures avaient laissé planer le doute sur l’origine du phénomène. Un signal sismique enregistré dans la région avait d’abord été interprété comme un séisme. L’analyse du United States Geological Survey a depuis conduit à une autre conclusion : le signal provenait de l’effondrement d’une masse glaciaire et rocheuse, suivi d’une coulée de débris.

La masse de glace, de roches et de boue a dévalé les vallées avant de provoquer une montée extrêmement rapide des eaux. La rivière Trishuli, notamment, a connu une hausse spectaculaire de son niveau, tandis que des villages, des routes et des ponts étaient emportés sur plusieurs dizaines de kilomètres.

À Syabrubesi, dans le district de Rasuwa, des secteurs entiers ont été ravagés. Des installations hydroélectriques, des axes routiers et des ponts ont également subi d’importants dégâts, compliquant l’arrivée des secours et l’évacuation des habitants.

Des touristes et des pèlerins toujours recherchés

L’ampleur des disparitions dépasse largement le seul cadre népalais. La zone touchée est fréquentée par des touristes et des pèlerins étrangers, notamment ceux qui se rendent vers les sites himalayens et le mont Kailash.

L’Inde compte le plus grand nombre de ressortissants recherchés, avec 178 personnes, devant les États-Unis d’Amérique avec 65, l’Ukraine avec 53, la Malaisie avec 51, l’Australie avec 35 et le Royaume-Uni avec 33.

Au Tibet, du côté chinois de la frontière, la situation est également très grave. Les autorités ont annoncé trois morts et 558 disparus dans le comté de Gyirong, dont 260 étrangers. Le poste-frontière de Gyirong, un point important pour les échanges et les déplacements entre le Tibet et le Népal, a été durement touché.

Une nouvelle menace en amont

Les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions difficiles. L’eau, la boue et les débris ont coupé plusieurs voies d’accès, tandis que les secours doivent encore atteindre certaines zones isolées.

Une autre menace inquiète les autorités chinoises : l’accumulation de débris en amont a formé une retenue d’eau susceptible de céder et de provoquer une nouvelle crue brutale. Des équipes chinoises ont été mobilisées pour surveiller la situation et prévenir les populations exposées.

Pour les secouristes, la priorité reste la même : retrouver les disparus et évacuer les habitants menacés avant une éventuelle nouvelle montée des eaux.

La catastrophe rappelle aussi la fragilité des vallées himalayennes face aux mouvements de glace, de roches et d’eau. Dans cette région où les glaciers reculent et où les masses glaciaires deviennent plus instables, les scientifiques alertent depuis plusieurs années sur le risque de crues soudaines liées aux effondrements glaciaires.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Rwanda : Tom Byabagamba, ancien chef de la garde présidentielle de Paul Kagame, meurt en prison après douze ans de détention, sa famille ignore la cause du décès

L’ancien colonel rwandais Tom Byabagamba, qui avait dirigé la garde présidentielle chargée de la protection de Paul Kagame, est mort en détention à l’âge de 59 ans. Arrêté en 2014 et condamné après un procès controversé, il aura passé près de douze années derrière les barreaux. Au lendemain de sa mort, aucune cause de décès n’a été communiquée.

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Tom Byabagamba n’était pas un militaire ordinaire. Officier supérieur des Forces de défense du Rwanda, il avait fait partie du cercle sécuritaire de Paul Kagame avant de prendre la tête de la garde présidentielle. Il avait été écarté de cette fonction en 2010, sans explication publique, quatre ans avant son arrestation.

Le 24 août 2014, il est arrêté avec son beau-frère, le général à la retraite Frank Rusagara. Leur procès devant la Haute Cour militaire s’ouvre dans un climat tendu. Byabagamba est notamment poursuivi pour incitation à l’insurrection, atteinte à l’image du pays ou du gouvernement et outrage au drapeau national.

En mars 2016, la justice militaire le condamne à 21 ans de prison et lui retire son grade. En appel, en décembre 2019, la condamnation est maintenue mais la peine est ramenée à 15 ans. Human Rights Watch avait alors dénoncé une atteinte à la liberté d’expression et fait état de graves préoccupations concernant le déroulement du procès et les conditions de détention.

Le 25 août 2026, Tom Byabagamba meurt en prison. Sa famille affirme avoir été informée de son décès par les autorités militaires. Mais, au 27 août, elle dit toujours ignorer ce qui a provoqué sa mort. Son frère David Himbara, ancien conseiller de Paul Kagame aujourd’hui en exil, a annoncé le décès sans en préciser la cause.

Cette absence d’explication donne à cette mort une portée particulière. L’homme qui avait autrefois été chargé de protéger le président rwandais a terminé sa vie derrière les barreaux, sans que sa famille sache encore de quoi il est mort.

Le dossier avait déjà connu une issue similaire avec Frank Rusagara, condamné dans la même affaire. L’ancien général est mort en prison en mars 2025, après environ onze années de détention.

L’affaire Byabagamba avait également été portée devant le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Celui-ci avait conclu en 2017 que sa détention et celle de ses codétenus violaient le droit international et demandé leur libération. Le gouvernement rwandais avait contesté cette appréciation.

À ce jour, aucune explication officielle sur les circonstances médicales ou autres de la mort de Tom Byabagamba n’a été rendue publique. Le Rwanda n’a pas non plus commenté publiquement son décès, selon les informations disponibles au 27 août 2026.

Celine Dou

États Unis d’Amérique : Dolly Parton meurt à 80 ans après un bref combat contre le cancer, laissant six décennies de musique et une œuvre qui dépasse la country

Dolly Parton est morte mardi 25 août à Nashville, dans l’État du Tennessee, à l’âge de 80 ans. La chanteuse, auteure-compositrice, actrice et femme d’affaires s’est éteinte au Vanderbilt-Ingram Cancer Center, entourée de ses proches, après un bref combat contre le cancer. Son entourage n’a pas précisé de quel cancer elle souffrait.

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La nouvelle met fin à l’une des plus longues carrières de la musique populaire. Pendant près de soixante ans, Dolly Parton a construit une œuvre qui a commencé dans la country avant de toucher la musique populaire, le cinéma, la télévision et le monde des affaires. Elle laisse notamment Jolene, 9 to 5 et I Will Always Love You, trois chansons qui ont largement dépassé le public de la country.

Sa trajectoire explique aussi la place particulière qu’elle occupait dans la société états-unienne. Née dans une famille pauvre du Tennessee, elle s’est imposée à Nashville sans jamais effacer ses origines. Plus de 100 millions de disques vendus, près de 3 000 chansons écrites, des dizaines d’albums et onze Grammy Awards ont jalonné cette carrière. En 2022, elle a également fait son entrée au Rock & Roll Hall of Fame.

Mais son héritage ne se résume pas aux scènes et aux palmarès. Avec la Dolly Parton’s Imagination Library, créée en 1995, elle a fait distribuer gratuitement des livres à des millions d’enfants dans plusieurs pays. Son action philanthropique, son parc Dollywood et ses engagements dans l’éducation ont progressivement donné à son nom une portée qui dépasse l’industrie musicale.

Les derniers mois avaient pourtant montré une artiste moins présente. Des problèmes de santé l’avaient conduite à annuler plusieurs projets et apparitions. En août, elle avait encore évoqué ses difficultés de santé lors d’une intervention à distance liée à Dollywood. Quelques jours avant sa mort, elle avait été hospitalisée à Nashville.

La disparition de son mari, Carl Dean, en mars 2025, avait également marqué la dernière période de sa vie. Mariés pendant près de soixante ans, les deux étaient restés très discrets sur leur vie privée. Parton avait expliqué avoir consacré une grande partie de ses dernières années à l’accompagner pendant sa maladie.

Une artiste devenue patrimoine populaire

Depuis l’annonce de sa mort, les hommages affluent des milieux de la musique, du cinéma et de la politique. Taylor Swift, Beyoncé, Paul McCartney, Elton John, Jane Fonda, Reba McEntire et de nombreuses autres personnalités ont salué sa mémoire. Aux États Unis d’Amérique, Donald Trump a ordonné la mise en berne des drapeaux pendant une semaine. À Londres, la King’s Guard a joué 9 to 5 devant le palais de Buckingham.

À Nashville, son absence prend une dimension particulière. Dolly Parton n’était pas seulement une chanteuse de country. Elle était devenue l’une des figures populaires capables de réunir des publics très différents autour de chansons simples, d’une histoire personnelle assumée et d’une générosité devenue une part de son identité publique.

Son décès laisse donc un vide dans la musique, mais aussi dans la culture populaire états-unienne. Dolly Parton avait transformé une enfance marquée par la pauvreté en une carrière mondiale, puis utilisé cette réussite pour construire une œuvre qui continuera de vivre bien au-delà de ses chansons.

Celine Dou

Papouasie-Nouvelle-Guinée : six ans après le vote de 97,7 % pour l’indépendance, le Parlement doit décider jeudi de l’avenir de Bougainville

En 2019, les habitants de Bougainville avaient répondu sans ambiguïté : 97,7 % avaient choisi l’indépendance plutôt qu’une autonomie renforcée. Six ans plus tard, leur choix arrive enfin devant le Parlement national de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les députés doivent commencer à en débattre jeudi 27 août. Pour qu’une ratification soit adoptée, il faudra au moins 89 voix sur 118.

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Le vote de 2019 n’avait toutefois pas suffi à faire de Bougainville un État indépendant. Le référendum avait été prévu par l’accord de paix signé en 2001 pour mettre fin au conflit qui avait opposé pendant des années les indépendantistes de Bougainville aux forces gouvernementales. Son résultat devait ensuite être soumis à des consultations entre le gouvernement national et le gouvernement autonome de Bougainville, avant une décision du Parlement.

Ces consultations ont finalement pris fin le 6 août. Le Premier ministre James Marape et le président de Bougainville, Ishmael Toroama, ont alors approuvé le rapport commun et le cadre destiné à encadrer la suite du processus. Le résultat du référendum peut désormais être présenté officiellement aux députés.

Un vote qui remonte aux années de guerre

La question de l’indépendance de Bougainville ne date pas de 2019.

Le conflit avait éclaté en 1988, notamment autour des tensions provoquées par l’exploitation de la mine de Panguna, les revendications sur les terres et la répartition des revenus miniers. La guerre a fait des milliers de morts et profondément détruit les infrastructures et les moyens de subsistance de Bougainville.

L’accord de paix de 2001 a permis de sortir de cette confrontation. Il prévoyait notamment une autonomie plus large pour Bougainville, le désarmement des combattants et un référendum sur son futur statut politique.

Dix-huit ans plus tard, le scrutin a livré une réponse écrasante. Sur 181 067 bulletins comptabilisés, 176 928 électeurs ont choisi l’indépendance, contre 3 043 pour une autonomie renforcée.

Mais le résultat était consultatif. La décision finale appartenait au Parlement national.

89 députés doivent dire oui

C’est maintenant que commence la partie la plus incertaine.

Le Parlement a fixé à trois quarts de ses 118 membres la majorité nécessaire pour ratifier le résultat. Il faudra donc 89 voix favorables.

Le gouvernement de James Marape affirme avoir rempli les obligations qui lui incombaient dans le cadre de l’accord de paix et de la Constitution. Le Premier ministre demande désormais aux députés de se prononcer librement, en évitant les menaces et les tensions entre les différentes régions du pays.

Cette prudence tient à la nature de la décision. Une ratification ouvrirait la voie à la séparation de Bougainville de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Un refus laisserait en revanche le territoire dans le cadre actuel et obligerait les deux parties à déterminer comment poursuivre le processus politique.

Le président Ishmael Toroama défend, lui, une position beaucoup plus directe : le choix exprimé en 2019 doit être respecté. Les autorités de Bougainville ont fixé au 1er septembre 2030 leur objectif pour l’indépendance. Elles prévoient auparavant une nouvelle étape vers un gouvernement pleinement autonome.

L’indépendance ne se décidera donc pas en un seul jour

Même si les 89 voix sont réunies jeudi, Bougainville ne deviendra pas immédiatement un nouvel État.

Il faudra organiser la transition, préciser les compétences transférées, régler les questions financières et préparer les institutions appelées à fonctionner après la séparation.

Les deux gouvernements travaillent déjà sur ce volet. Ils ont notamment convenu d’accélérer le transfert de pouvoirs et de progresser vers le transfert à Bougainville de l’intégralité des recettes générées localement par plusieurs secteurs, dont les mines, la pêche, la forêt et certaines taxes, d’ici la fin de 2026.

Pour Bougainville, le prochain rendez-vous est donc capital. Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, il s’agit de prendre une décision qui touche directement à son territoire et à son organisation politique.

Jeudi 27 août, six ans après que 97,7 % des électeurs de Bougainville ont choisi l’indépendance, 118 députés auront entre leurs mains la suite d’un processus de paix engagé il y a vingt-cinq ans.

Celine Dou

Norvège : Oslo veut maintenir sa production de pétrole et de gaz jusqu’en 2035 et poursuivra les forages en mer de Barents malgré l’Union européenne

La Norvège ne prépare pas sa sortie des hydrocarbures. Elle prépare leur prolongation. Alors que l’Union européenne soutient un moratoire sur les nouveaux forages pétroliers et gaziers dans l’Arctique, Oslo entend continuer à exploiter la mer de Barents et maintenir sa production de pétrole et de gaz à des niveaux proches de ceux d’aujourd’hui jusqu’en 2035 au moins. Le gouvernement norvégien assume désormais une ligne qui place la sécurité énergétique parmi ses priorités, sans renoncer à ses objectifs de transition énergétique.

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Le ministre norvégien de l’Énergie, Terje Aasland, l’a affirmé à Reuters le 24 août, à la veille de l’ouverture de la conférence ONS à Stavanger : la Norvège poursuivra le développement de ses ressources en mer de Barents, quelle que soit la position de l’Union européenne. Pour le gouvernement norvégien, ces gisements ne représentent pas seulement une réserve de pétrole et de gaz. Ils doivent contribuer à maintenir la place de la Norvège parmi les principaux fournisseurs énergétiques de l’Europe au moment où sa production actuelle devrait commencer à décliner après 2030.

L’Europe s’est éloignée du gaz russe, pas de ses besoins énergétiques

La décision norvégienne ne peut pas être comprise sans revenir à 2022.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a bouleversé le marché européen de l’énergie. La réduction des livraisons russes a obligé les pays européens à chercher d’autres fournisseurs. La Norvège s’est retrouvée en première ligne.

Elle fournit désormais environ 30 % de la demande en gaz naturel de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Sa production gazière est restée proche de niveaux records en 2025 et sa production pétrolière a atteint son niveau le plus élevé depuis 2009.

Cette position pourrait toutefois devenir plus difficile à tenir. Les prévisions officielles norvégiennes annoncent une baisse sensible de la production après 2030 si de nouvelles ressources ne sont pas découvertes puis développées.

C’est là que la mer de Barents entre dans l’équation.

Pour Terje Aasland, continuer à y développer les ressources pétrolières et gazières répond donc à un intérêt national, mais aussi à celui de l’Europe. Selon lui, dans la situation géopolitique et sécuritaire actuelle, le maintien des activités dans cette région sert les intérêts des deux parties.

Le raisonnement du gouvernement norvégien est simple : si l’Europe veut continuer à disposer d’un approvisionnement énergétique sûr, elle ne peut pas demander simultanément à son principal fournisseur de gaz de renoncer aux ressources susceptibles de prolonger cette offre.

Oslo ne conditionne plus ses projets à l’acceptation européenne

Le désaccord avec l’Union européenne est pourtant réel.

L’Union européenne soutient actuellement un moratoire sur les nouveaux forages pétroliers et gaziers dans l’Arctique au nom de la protection de l’environnement. La Norvège considère pour sa part que les zones de la mer de Barents actuellement ouvertes à l’exploitation sont différentes des secteurs arctiques les plus exposés aux conditions extrêmes.

Le gouvernement norvégien avance notamment que ces zones sont libres de glace, comme certaines parties de la mer du Nord, et que leur exploitation contribue à maintenir l’activité économique et l’emploi dans le nord du pays, à proximité de la frontière russe.

Mais l’argument le plus important est ailleurs : la Norvège considère que la décision d’exploiter ses ressources relève de sa souveraineté.

Terje Aasland ne cache pas que l’Union européenne pourrait décider de ne pas acheter les hydrocarbures produits dans l’Arctique. Mais cette éventualité ne conduirait pas nécessairement la Norvège à fermer les gisements.

Le pétrole pourrait être vendu sur les marchés internationaux. Le gaz pourrait être transformé en gaz naturel liquéfié à l’usine de Melkøya, près de Hammerfest, puis expédié vers d’autres marchés.

La Norvège ne veut donc pas que son industrie pétrolière et gazière soit dépendante d’une seule décision européenne.

Le directeur général d’Equinor, Anders Opedal, tient le même raisonnement. Si l’Union européenne refusait le pétrole et le gaz de la mer de Barents, les ressources pourraient trouver d’autres débouchés. Selon lui, la conséquence première d’une telle décision serait surtout de réduire la sécurité énergétique européenne.

La Norvège abandonne aussi l’image de « batterie verte » de l’Europe

Le changement de ton ne concerne pas uniquement les hydrocarbures.

Pendant des années, la Norvège a été présentée comme une pièce maîtresse de la transition énergétique européenne. Grâce à son abondante production hydroélectrique, elle exporte de l’électricité vers plusieurs pays européens et s’est progressivement retrouvée intégrée au système électrique continental.

L’expression de « batterie verte de l’Europe » résumait cette ambition.

Terje Aasland ne veut plus de cette formule.

À ses yeux, elle donne à la Norvège un rôle qu’elle ne peut pas assumer seule : celui de régulateur du marché électrique européen. Les interconnexions avec plusieurs pays européens et avec le Royaume-Uni ont aussi exposé les consommateurs norvégiens aux mouvements des prix européens, alimentant les critiques dans le pays.

La Norvège ne prévoit donc pas de nouvelles interconnexions électriques, tout en maintenant sa coopération avec les pays européens.

Le ministre norvégien estime surtout que les États européens doivent renforcer leurs propres capacités de production stables. La fermeture de centrales au charbon et au nucléaire, combinée à des investissements jugés insuffisants dans certaines capacités, a selon lui fragilisé le système.

La Norvège accepte de rester intégrée au marché européen. Elle ne veut plus être présentée comme celle qui doit, à elle seule, en assurer l’équilibre.

Le gouvernement norvégien doit aussi défendre ses champs devant la justice

La bataille énergétique du gouvernement norvégien ne se joue pas seulement avec l’Union européenne. Elle se déroule également devant les tribunaux norvégiens.

Le gouvernement demandera à la Cour suprême d’annuler une décision de juridictions inférieures ayant invalidé les autorisations de développement de trois champs pétroliers : Breidablikk, exploité par Equinor, ainsi que Tyrving et Yggdrasil, exploités par Aker BP.

L’affaire oppose l’État et les compagnies pétrolières à des organisations environnementales, qui contestent notamment la prise en compte des conséquences climatiques de ces exploitations.

Le point de désaccord porte sur les émissions dites de « Scope 3 », celles qui interviennent lorsque le pétrole et le gaz extraits sont finalement consommés.

Pour les défenseurs de l’environnement, une autorisation d’exploitation ne peut pas ignorer les émissions générées en aval par les hydrocarbures produits. Le gouvernement norvégien conteste cette remise en cause de sa politique énergétique.

L’audience devant la Cour suprême doit durer quatre jours. La décision est attendue plus tard cette année.

Le jugement sera donc particulièrement observé. Il pourrait confirmer la stratégie actuelle du gouvernement norvégien ou imposer de nouvelles contraintes à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières du pays.

Le paradoxe norvégien devient un problème européen

La Norvège se retrouve aujourd’hui dans une position singulière.

Elle est l’un des pays européens les plus avancés dans les énergies renouvelables, dispose d’une électricité largement issue de l’hydroélectricité et revendique une politique climatique ambitieuse. Dans le même temps, son économie énergétique repose encore largement sur l’exploitation et l’exportation des hydrocarbures.

L’Union européenne se trouve dans une situation tout aussi inconfortable.

Elle veut réduire sa dépendance aux énergies fossiles, mais elle a besoin du gaz norvégien pour compenser en partie la disparition du gaz russe. Elle souhaite limiter les nouveaux projets arctiques, mais ne peut ignorer le poids de la Norvège dans son approvisionnement énergétique.

La décision du gouvernement norvégien met donc face à face deux impératifs qui ne coïncident pas toujours : accélérer la transition énergétique et garantir suffisamment d’énergie pour faire fonctionner les économies européennes.

La Norvège, elle, a choisi de ne pas attendre que cette contradiction soit résolue au niveau de l’Union européenne.

Elle entend continuer à forer en mer de Barents, maintenir ses niveaux de production jusqu’en 2035 au moins et conserver la liberté de vendre ses hydrocarbures au marché européen ou ailleurs.

Le débat ne porte donc plus seulement sur quelques gisements situés au nord de l’Europe. Il porte sur la place que les hydrocarbures occuperont encore dans le système énergétique européen au cours de la prochaine décennie.

Et sur une question à laquelle les institutions de l’Union européenne devront répondre : peut-on demander à la Norvège de contribuer davantage à la sécurité énergétique de l’Europe tout en lui demandant de réduire les ressources qui permettent précisément de l’assurer ?

Celine Dou

Chine : Chang’e-7 ne décollera pas cette année, le typhon Narra contrarie la mission à la recherche de glace au pôle Sud lunaire

La fusée était déjà sur son pas de tir. La mission, préparée depuis des années, devait quitter la Terre dans les jours suivants pour une expédition sans précédent au pôle Sud de la Lune. Puis Narra est arrivé. Le typhon qui a traversé les abords de Hainan a perturbé les préparatifs et fermé, à quelques jours du départ, une fenêtre que Pékin ne pourra finalement pas utiliser en 2026.

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Le 23 août, les autorités chinoises ont annoncé que Chang’e-7 ne remplissait pas les conditions nécessaires à son lancement et qu’elle ne pourrait donc pas partir dans la fenêtre prévue cette année. Pékin n’a pas donné de nouvelle date ni officiellement désigné le typhon Narra comme cause du report. L’agence spatiale chinoise s’est bornée à invoquer une évaluation menée au nom de la prudence, de la fiabilité et de la réussite de la mission.

Le lien avec la météo est néanmoins difficile à ignorer. Le Narra, qui évoluait près de Hainan au moment des préparatifs, a perturbé les opérations sur le site de Wenchang. L’Institut national de recherche astronomique de Thaïlande, partenaire de la mission, a attribué le retard aux conditions provoquées par la tempête. Des spécialistes estiment que le calendrier lunaire, beaucoup plus contraignant qu’un simple report de quelques jours, a ensuite condamné la fenêtre de tir.

Pour Pékin, ce n’est pas une fusée qui reste simplement au sol. C’est une mission conçue pour aller chercher, dans les endroits les plus inhospitaliers de la Lune, une ressource qui pourrait compter pour les futures installations humaines : l’eau.

Une expédition dans les cratères où le Soleil ne se lève jamais

Chang’e-7 doit rejoindre le pôle Sud lunaire, notamment les environs du cratère Shackleton. Là-bas, certaines cavités restent plongées dans l’obscurité depuis des milliards d’années. Sans lumière solaire directe, les températures peuvent descendre à des niveaux parmi les plus extrêmes du Système solaire. Ces conditions auraient permis à de la glace d’eau et à d’autres composés volatils de rester piégés dans le sol.

La mission chinoise a été conçue pour aller beaucoup plus loin qu’une simple photographie de ces régions. Elle doit réunir un orbiteur, un atterrisseur, un rover et un petit engin sauteur capable de pénétrer dans des zones difficiles d’accès. Le rover doit notamment étudier le terrain et le sous-sol, tandis que l’engin sauteur doit explorer des cratères plongés dans la nuit avant de rejoindre des secteurs éclairés pour recharger ses systèmes.

L’objectif est de déterminer où se trouvent les ressources et sous quelle forme elles existent. Car sur la Lune, une poche de glace ne vaut pas seulement pour ce qu’elle contient. L’eau pourrait un jour être utilisée pour produire de l’oxygène et de l’hydrogène, et donc contribuer à la production de carburant. Elle pourrait aussi réduire la dépendance des futures bases lunaires aux ravitaillements venus de la Terre.

C’est ce qui donne à Chang’e-7 une portée qui dépasse largement la recherche scientifique.

Pékin joue déjà la suite

La Chine ne cache pas son ambition. Elle veut envoyer des astronautes sur la Lune avant 2030 et préparer progressivement une présence plus durable à sa surface. Chang’e-7 doit fournir des informations indispensables à cette stratégie, avant Chang’e-8, qui doit tester d’autres technologies utiles à l’utilisation des ressources lunaires et à la construction d’infrastructures.

Le pôle Sud concentre une grande partie de ces ambitions parce qu’il offre une combinaison rare : des zones bénéficiant d’un éclairage solaire favorable et, à proximité, des cratères où la glace pourrait être conservée. Une future implantation pourrait donc chercher l’énergie sur les hauteurs et les ressources dans les profondeurs obscures des cratères.

La Chine n’est d’ailleurs pas seule à regarder dans cette direction.

Les États-Unis d’Amérique avancent eux aussi vers les glaces lunaires

Le programme Artemis des États-Unis d’Amérique vise également une présence durable autour du pôle Sud lunaire. La NASA travaille avec des entreprises privées pour y déposer des instruments et des véhicules destinés à mieux connaître les ressources disponibles.

Parmi eux figure VIPER, le rover conçu pour cartographier la glace et les autres ressources volatiles du pôle Sud. La NASA avait annoncé l’abandon du programme en 2024, avant de chercher une autre solution pour atteindre ses objectifs scientifiques. En septembre 2025, elle a finalement confié à Blue Origin la mission de déposer VIPER sur la Lune, avec un objectif fixé à la fin de 2027.

Le calendrier donne donc une importance particulière au retard chinois.

Chang’e-7 devait ouvrir la marche. Son report laisse désormais davantage de temps aux autres acteurs pour avancer sur le même terrain. Mais il serait excessif d’y voir une défaite de Pékin : aucune puissance ne possède encore une connaissance suffisamment précise des ressources du pôle Sud pour parler d’un territoire conquis.

La question est plutôt celle de l’avance technologique.

Qui saura localiser la glace avec précision ? Qui pourra déterminer si elle est exploitable ? Qui saura envoyer des engins dans les cratères plongés dans l’obscurité ? Et surtout, qui transformera les premières données scientifiques en capacités concrètes pour une présence humaine ?

Une nouvelle date, mais déjà une nouvelle course

La Chine n’a pas annoncé quand Chang’e-7 pourra repartir. Certaines sources évoquent une nouvelle tentative environ un mois plus tard, tandis que d’autres analyses envisagent désormais 2027. Le calendrier dépend notamment de la trajectoire à suivre et de l’alignement entre la Terre, la Lune et le Soleil.

Ce délai n’efface donc pas l’ambition chinoise. Il modifie seulement le calendrier d’une course dont les concurrents ne regardent plus la Lune comme une destination lointaine, mais comme le prochain espace à explorer, à équiper et, peut-être un jour, à exploiter.

La mission Chang’e-7 reste au sol. Sous des millions de kilomètres de vide, les cratères du pôle Sud lunaire, eux, attendent toujours.

Et dans leur obscurité permanente se trouve peut-être l’une des ressources les plus convoitées de la prochaine conquête spatiale : de l’eau.

Celine Dou

Libéria : l’ancienne vice-présidente Jewel Howard-Taylor arrêtée à l’aéroport dans une enquête sur un réseau transnational de drogue

Jewel Howard-Taylor n’a pas quitté le Libéria comme prévu. Mercredi 19 août, l’ancienne vice-présidente a été arrêtée à l’aéroport international Roberts alors qu’elle s’apprêtait à quitter le pays. Quelques heures plus tard, les autorités judiciaires annonçaient son inculpation dans une enquête portant sur un réseau transnational de stupéfiants.

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La scène tranche avec le parcours de celle qui fut, pendant six ans, la deuxième personnalité de l’État libérien. Sous la présidence de George Weah, Jewel Howard-Taylor avait occupé la vice-présidence de 2018 à 2024. Elle avait auparavant siégé au Sénat pendant douze ans, représentant le comté de Bong.

Mercredi, son statut politique n’a pas empêché les autorités de lui barrer la route. Selon le ministère libérien de la Justice, elle a été empêchée de prendre son départ à l’aéroport international Roberts, puis conduite au quartier général de la police nationale pour être entendue dans le cadre de l’enquête. L’annonce de son inculpation est intervenue après l’examen des éléments réunis par une équipe nationale d’enquête associant plusieurs services de sécurité.

Les poursuites sont lourdes. La justice libérienne lui reproche notamment l’importation non autorisée de substances contrôlées, leur vente ou leur transport sans autorisation, ainsi que le trafic illicite de stupéfiants. Le dossier comporte également des accusations de sollicitation criminelle, de conspiration et de blanchiment d’argent. Ces chefs d’accusation sont fondés sur la législation libérienne relative aux stupéfiants, le Code pénal et la loi contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Jewel Howard-Taylor n’est pas seule dans le viseur des enquêteurs. Trois ressortissants étrangers ont également été inculpés dans la même procédure, deux Croates et un Ukrainien. Tous trois sont recherchés et font l’objet de poursuites par contumace, les autorités libériennes ayant annoncé leur intention d’utiliser les voies judiciaires nationales et internationales pour tenter de les retrouver.

L’affaire prend une résonance particulière lorsqu’on regarde le parcours de l’ancienne vice-présidente. Jewel Howard-Taylor avait déjà occupé une place centrale dans la vie politique libérienne avant d’accéder au sommet de l’État. Son nom est aussi lié à celui de Charles Taylor, l’ancien président libérien qu’elle a épousé. Charles Taylor a dirigé le Liberia de 1997 à 2003 avant d’être condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour son rôle dans les crimes commis pendant la guerre civile sierra-léonaise.

Mais c’est désormais le parcours de Jewel Howard-Taylor qui se retrouve devant la justice. Les autorités libériennes disent vouloir remonter la chaîne du réseau présumé et déterminer le rôle de chacun de ses membres. Le gouvernement assure qu’aucun statut, aucune fonction passée et aucune relation politique ne doivent constituer un écran lorsqu’une enquête fait apparaître des éléments susceptibles de justifier des poursuites.

L’avocat de l’ancienne vice-présidente, Kabineh M. Ja’neh, a confirmé à Reuters avoir rencontré sa cliente après son arrestation. Il a indiqué que les autorités l’avaient informé de leur intention de la poursuivre et que celle-ci demeurait détenue par la police. L’avocat précisait toutefois qu’il n’avait pas encore vu l’acte formel d’accusation au moment où il s’exprimait.

Pour l’ancienne numéro deux de l’État libérien, une nouvelle étape judiciaire commence donc dans un dossier dont les ramifications dépassent les frontières du pays. La justice devra désormais examiner les éléments retenus contre elle et déterminer si les accusations portées par les autorités reposent sur des faits susceptibles d’être établis devant un tribunal.

À ce stade, Jewel Howard-Taylor reste présumée innocente. Son inculpation ouvre une procédure ; elle ne vaut pas condamnation.

Celine Dou

Syrie : après les frappes israéliennes des 18 et 22 août, Damas et Tel-Aviv négocient en Jordanie une désescalade sous médiation des États-Unis d’Amérique

Deux attaques israéliennes en quatre jours, une inquiétude croissante autour de la présence militaire turque en Syrie et, au lendemain d’une nouvelle frappe, une rencontre discrète entre le ministre syrien des Affaires étrangères et le chef du Mossad. Le 23 août, Assaad al-Chaibani et Roman Gofman se sont retrouvés en Jordanie avec la médiation des États-Unis d’Amérique. Damas veut faire cesser les opérations israéliennes et reprendre les négociations sur un accord de sécurité. Israël cherche à préserver ses intérêts militaires, tandis que la Turquie s’affirme comme l’un des principaux soutiens du nouveau pouvoir syrien.

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Il aura fallu quelques jours pour que les bombes et la diplomatie se succèdent au même endroit.

Le 18 août, Israël frappait la base aérienne d’Abou al-Duhur, dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie. Le 22, un drone israélien touchait un véhicule près de Beit Jinn, à l’ouest de Damas. Le lendemain, le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani rencontrait Roman Gofman, le chef du Mossad, en Jordanie, sous médiation des États-Unis d’Amérique.

La proximité entre ces événements dit quelque chose de la fragilité du dialogue entre les deux pays. Les discussions ne portent pas encore sur la paix. Elles cherchent d’abord à empêcher que les opérations militaires israéliennes, la présence turque en Syrie et les ambitions du nouveau pouvoir de Damas ne se heurtent dans un pays qui sort à peine de quatorze années de guerre.

Selon l’agence officielle syrienne SANA, les représentants des deux camps ont discuté de mécanismes destinés à mettre fin aux frappes, arrestations et opérations ciblées israéliennes en Syrie. Ils ont également évoqué la reprise des négociations sur un accord de sécurité et les moyens d’empêcher la rivalité entre Israël et la Turquie de gagner le territoire syrien.

Une frappe qui avait la Turquie pour arrière-plan

L’affaire d’Abou al-Duhur permet de comprendre pourquoi cette rencontre a pris une telle importance.

Le 18 août, huit frappes israéliennes ont touché la piste et des installations de la base aérienne. Israël a affirmé vouloir empêcher le déploiement de forces turques sur le site. Le gouvernement syrien a rejeté cette accusation et assuré qu’aucune base turque permanente n’était prévue à Abou al-Duhur. La Turquie a également condamné l’attaque.

La base se trouve à environ 70 kilomètres de la frontière turque. Elle est restée hors service pendant des années après avoir été durement affectée par la guerre civile. La Turquie, devenue l’un des principaux soutiens du président syrien Ahmad al-Chareh, participe désormais à la reconstruction des forces armées syriennes et fournit une assistance militaire et politique au nouveau pouvoir de Damas.

Pour Israël, cette évolution change les données de sécurité à sa frontière nord. Pour la Turquie, les frappes israéliennes constituent une attaque contre la souveraineté syrienne et contre la capacité du nouveau gouvernement à reconstruire son armée.

La tension aurait pu monter davantage. Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Turquie et envoyé spécial des États-Unis d’Amérique pour la Syrie, a déclaré que les autorités turques n’avaient pas été averties de l’attaque. Selon lui, Ankara aurait pu interpréter le passage des avions israéliens vers son territoire comme une menace et préparer une riposte. Il a qualifié la frappe d’« escalade inutile » et indiqué que les États-Unis d’Amérique travaillaient à un mécanisme de prévention des affrontements entre Israël, la Turquie et la Syrie.

Le lendemain, une nouvelle frappe dans le sud

Le 22 août, alors que les discussions entre Damas et Tel-Aviv étaient déjà envisagées, une nouvelle opération israélienne a touché le sud-ouest de la Syrie.

Un drone a frappé un véhicule près du village de Beit Jinn, à l’ouest de Damas. Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé qu’il s’agissait d’un véhicule civil et fait état de blessés. L’armée israélienne a, de son côté, déclaré avoir visé un homme présenté comme un « terroriste » dont les activités constituaient, selon elle, une menace immédiate pour ses soldats.

Pour le gouvernement d’Ahmad al-Chareh, cette succession d’opérations est devenue difficilement compatible avec les discussions de sécurité. Pour Israël, elle répond à une logique différente : empêcher l’apparition de menaces qu’il estime susceptibles de viser ses soldats ou son territoire.

C’est dans cet espace étroit entre ces deux lectures que les États-Unis d’Amérique tentent de maintenir le dialogue.

Damas ne demande pas seulement l’arrêt des frappes

Assaad al-Chaibani avait déclaré avant la rencontre que la confiance entre la Syrie et Israël était inexistante. Il n’en demandait pas moins la reprise des négociations.

Le gouvernement syrien veut que les forces israéliennes reviennent aux positions qu’elles occupaient avant la chute de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024. Il demande également le rétablissement complet de l’accord de désengagement de 1974 et la fin des frappes, incursions et opérations israéliennes sur son territoire.

Damas refuse en revanche qu’un éventuel accord de sécurité limite sa capacité à reconstruire ses forces armées ou à choisir ses partenaires. Assaad al-Chaibani a clairement défendu le droit de la Syrie à recevoir une aide militaire de la Turquie, mais aussi d’autres pays de la région.

La question du plateau du Golan reste entière. La Syrie continue de considérer ce territoire comme sien, tandis qu’Israël en contrôle la majeure partie depuis 1967. Mais Damas estime que son statut définitif ne doit pas être le préalable aux discussions actuelles. La priorité est d’abord de mettre fin aux opérations militaires et de rétablir un cadre de sécurité.

Israël regarde désormais autant vers Ankara que vers Damas

Depuis la chute de Bachar al-Assad, le problème israélien n’est plus seulement celui du régime syrien qui lui était hostile.

La Turquie a pris une place considérable auprès du nouveau pouvoir. Ankara aide à reconstruire l’armée syrienne, entretient des liens étroits avec Ahmad al-Chareh et entend conserver une influence durable en Syrie. Israël redoute qu’une présence militaire turque plus importante ne modifie l’équilibre stratégique à proximité de ses frontières.

Ce dossier avait d’ailleurs déjà été abordé directement entre Assaad al-Chaibani et Roman Gofman. Le 14 août, les deux hommes s’étaient entretenus par téléphone, quelques jours avant le bombardement d’Abou al-Duhur. Selon des sources citées par Reuters, la conversation avait notamment porté sur la présence militaire turque en Syrie, les livraisons d’armes et les drones fournis à l’armée syrienne.

La rencontre du 23 août n’est donc pas née de nulle part. Elle prolonge un canal de communication déjà utilisé au plus haut niveau, malgré une confiance presque inexistante entre les deux gouvernements.

Les États-Unis d’Amérique cherchent à empêcher une collision

L’administration de Donald Trump dispose d’un intérêt évident à empêcher que la Syrie ne devienne le lieu d’un affrontement entre Israël et la Turquie.

Les deux pays sont des partenaires importants des États-Unis d’Amérique, mais leurs intérêts en Syrie se rapprochent de moins en moins. L’attaque d’Abou al-Duhur a montré jusqu’où cette rivalité pouvait aller : Israël a frappé une installation syrienne en affirmant vouloir empêcher une implantation turque, tandis que la Turquie a dénoncé une atteinte à la souveraineté de son allié syrien.

Tom Barrack cherche donc à mettre en place un canal permettant aux trois gouvernements de se parler avant qu’une opération militaire ne provoque une réaction en chaîne. Un mécanisme de « désescalade » entre Israël, la Turquie et la Syrie est déjà en préparation.

Les États-Unis d’Amérique cherchent parallèlement depuis plus d’un an à obtenir un accord de sécurité entre Israël et le nouveau gouvernement syrien. Selon Assaad al-Chaibani, les deux parties étaient parvenues à un accord sur une grande partie du texte au début de l’année, notamment sur des zones de sécurité dans le sud de la Syrie et une zone tampon où seules les forces des Nations unies seraient présentes. Damas estime cependant qu’Israël n’a jamais réellement accepté de mettre ces dispositions en œuvre.

Pas de paix, mais une tentative pour éviter la prochaine frappe

Il serait donc excessif de parler d’un rapprochement entre la Syrie et Israël.

Les deux pays restent techniquement en état de guerre. Ils n’ont pas de relations diplomatiques et continuent de s’opposer sur le Golan. Israël maintient des forces dans des secteurs du sud de la Syrie qu’il a occupés après la chute de Bachar al-Assad et poursuit des opérations militaires qu’il présente comme nécessaires à sa sécurité. Damas considère ces opérations comme des violations de sa souveraineté.

Mais quelque chose a changé : les deux camps ont désormais intérêt à maintenir un canal direct.

La Syrie cherche du temps pour reconstruire son État et son armée. Israël veut éviter que la Turquie ne transforme son soutien à Damas en présence militaire durable près de ses frontières. La Turquie veut préserver son influence sans entrer dans une confrontation directe avec Israël. Et les États-Unis d’Amérique veulent empêcher que cette rivalité ne transforme la Syrie en nouveau foyer de guerre.

La rencontre entre Assaad al-Chaibani et Roman Gofman ne règle aucune de ces questions. Elle évite, pour l’instant, qu’elles ne soient réglées par les armes.

La véritable épreuve viendra maintenant : obtenir de chacun des engagements suffisamment précis pour qu’une prochaine frappe ne fasse pas voler en éclats le fragile canal de dialogue que les États-Unis d’Amérique tentent de maintenir.

Celine Dou

Site d'information généraliste international indépendant