Droit du sol et du sang : que dit l’Histoire de France sur l’attribution de la nationalité française ?

La question de l’attribution de la nationalité française, notamment à travers le droit du sol – qui n’existe, intégralement ou partiellement, que dans 32 pays à travers le monde -, est régulièrement débattue, tout particulièrement en cette période électorale

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Italie : une femme allemande sans domicile fixe tuée à Florence, un ressortissant marocain suspecté

Une affaire criminelle choquante secoue la région de Florence en Italie après la découverte du corps décapité d’une femme étrangère. Les autorités italiennes ont depuis identifié un homme de nationalité marocaine comme principal suspect dans cette affaire.

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France : cinq personnes mises en examen au sein d’associations soupçonnées d’avoir financé le Hamas, organisation terroriste

Une enquête antiterroriste d’ampleur

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Afghanistan : la police de la vertu contrôle barbes et coupes de cheveux

À Kaboul et dans plusieurs provinces afghanes, la police de la vertu impose désormais des normes strictes sur l’apparence masculine. Les barbiers et les hommes doivent se conformer à des règles sur la longueur des barbes et des cheveux, sous peine de sanctions.

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Depuis le retour des Taliban au pouvoir, le Ministère pour la Propagation de la Vertu et la Prévention du Vice renforce le contrôle social, jusque dans les détails de l’apparence personnelle. Les nouvelles mesures touchent hommes et barbiers, et illustrent la manière dont le régime exerce son autorité sur la vie quotidienne des citoyens.

Les règles récemment appliquées par la police de la vertu imposent aux hommes de faire pousser leur barbe au‑delà d’une certaine longueur et d’éviter des coupes de cheveux jugées « non conformes ». Les barbiers qui pratiquent des tailles jugées inadéquates risquent détentions et sanctions, certains ayant été retenus plusieurs jours par les autorités.

Dans la province de Khost, des fonctionnaires civils ont également été interrogés ou licenciés pour ne pas respecter les normes capillaires établies par le régime. Cette politique ne se limite pas aux lieux publics : elle s’étend aux institutions et montre l’importance que les Taliban accordent à l’obéissance et à la conformité visible dans tous les aspects de la vie sociale.

Selon les rapports de l’ONU et de plusieurs médias internationaux, la surveillance capillaire s’inscrit dans un ensemble plus large de restrictions, comprenant l’obligation de respecter la prière, le port de vêtements conformes et des limitations strictes sur la liberté des femmes. Les interventions de la police de la vertu affectent directement la vie professionnelle et sociale des citoyens ordinaires, tout en s’inscrivant dans une stratégie de régulation étendue.

La fixation sur l’apparence, comme la longueur de la barbe ou la coupe des cheveux, dépasse la simple dimension esthétique. Elle constitue un outil de contrôle social et politique. En rendant visibles les signes d’obéissance aux normes du régime, le pouvoir affirme son autorité et impose une discipline collective.

Cette politique crée un climat de peur et de vigilance. Les citoyens et les barbiers doivent surveiller en permanence leur comportement pour éviter sanctions et détentions, ce qui limite leur liberté individuelle et leur autonomie professionnelle. Pour les jeunes hommes, en particulier, ce contrôle peut renforcer le sentiment d’insécurité et de vulnérabilité.

D’un point de vue international, ces mesures illustrent une tension entre souveraineté nationale et respect des droits fondamentaux. L’ingérence dans l’apparence personnelle et la régulation des comportements quotidiens soulignent le contrôle étendu exercé par le régime sur la population, avec des implications directes sur la liberté individuelle et la dignité humaine.

Au‑delà de l’Afghanistan, ce phénomène soulève des questions sur les limites de l’intervention de l’État dans la vie privée et sur la manière dont des régimes peuvent utiliser des normes culturelles ou religieuses pour renforcer leur contrôle social. L’exemple afghan montre comment des aspects apparemment mineurs, comme barbe ou coupe de cheveux, deviennent des instruments de discipline politique et de régulation de la société.

La situation invite également à réfléchir sur les conséquences à long terme pour les jeunes générations et la cohésion sociale. Dans un pays marqué par des décennies de conflit, la normalisation de la surveillance et du contrôle des comportements peut avoir des effets durables sur la culture, les relations interpersonnelles et la perception de l’autorité.

La mise en application de normes strictes sur la barbe et les cheveux en Afghanistan n’est pas un simple détail de la vie quotidienne. Elle révèle la manière dont la police de la vertu devient un instrument de contrôle social et politique, affectant la liberté individuelle, la vie professionnelle et les comportements quotidiens. Ce phénomène illustre les défis contemporains auxquels la société afghane est confrontée, entre obéissance aux normes religieuses, autorité étatique et protection des droits fondamentaux.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Suède : le durcissement des règles sur l’immigration touche de plus en plus les jeunes

À Stockholm comme dans les villes périphériques, de nombreux jeunes d’origine immigrée se retrouvent confrontés à une réalité jusque-là inimaginable. Ceux qui ont grandi presque toute leur vie dans le pays doivent désormais prouver individuellement leur droit de séjour, au risque d’être séparés de leurs familles.

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Le durcissement des politiques migratoires mené par la coalition de droite soutenue par les Sweden Democrats modifie profondément la vie des jeunes et des familles immigrées. Les mesures, présentées comme un contrôle nécessaire des flux et une responsabilisation des bénéficiaires d’aides sociales, posent des questions sur la cohésion sociale, les droits fondamentaux et la place des jeunes dans la société suédoise.

Depuis 2022, la Suède a introduit une série de réformes visant à durcir l’accès aux permis de séjour, à la citoyenneté et aux prestations sociales. Les jeunes adultes ayant obtenu des permis temporaires se trouvent particulièrement exposés. Passé 18 ans, ils doivent désormais démontrer un « besoin de dépendance exceptionnelle » pour rester auprès de leur famille, un critère subjectif qui crée une forte incertitude juridique.

Les règles touchent également l’accès à la citoyenneté et aux prestations sociales. Les nouveaux critères imposent la maîtrise de la langue, la connaissance du fonctionnement de la société et un comportement exemplaire. Pour percevoir certaines allocations, il faudra justifier d’au moins cinq ans de résidence et, dans certains cas, d’une participation active au marché du travail. Ces mesures, officiellement destinées à réduire la dépendance aux aides et à responsabiliser les bénéficiaires, ont des effets concrets sur le quotidien de jeunes qui se considèrent pleinement suédois.

Ces réformes ne peuvent être interprétées uniquement comme des ajustements administratifs. Elles révèlent une logique politique plus large : la coalition de droite entend restaurer « l’ordre » dans le système d’asile, réduire les flux migratoires et asseoir sa crédibilité auprès d’un électorat préoccupé par l’immigration. Mais cette approche entre en tension avec les obligations internationales de la Suède, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et la Convention européenne des droits de l’homme, qui protègent la vie familiale et l’intérêt supérieur des mineurs.

Sur le plan social, le durcissement accentue la précarité de jeunes adultes qui ont grandi dans le pays, générant un sentiment d’injustice et de fragilisation. La mesure risque de creuser des fractures dans certains quartiers et de mettre à l’épreuve la cohésion sociale. Comparée à d’autres pays européens, la Suède illustre un paradoxe : un modèle d’intégration historique confronté à une stratégie de contrôle migratoire stricte, qui soulève des dilemmes éthiques et juridiques.

L’exemple suédois pose des questions plus larges sur les politiques migratoires en Europe et leur impact sur les jeunes générations. Jusqu’où un État peut-il durcir ses règles tout en respectant l’intégrité familiale et les droits des enfants ? Comment concilier souveraineté nationale et obligations internationales ? La Suède, historiquement perçue comme un modèle d’intégration, pourrait devenir un terrain d’étude sur les limites et conséquences du durcissement migratoire pour la jeunesse immigrée. Ces questions résonnent au-delà de ses frontières, à l’heure où de nombreux pays européens cherchent un équilibre entre contrôle des flux et cohésion sociale.

Le durcissement des règles sur l’immigration en Suède affecte profondément des jeunes qui ont grandi dans le pays et leurs familles. Si l’objectif affiché est de réguler les flux et d’encourager l’autonomie financière, les conséquences révèlent une tension entre contrôle migratoire, protection des droits fondamentaux et cohésion sociale. La Suède offre ainsi un exemple saisissant des défis contemporains auxquels les sociétés européennes sont confrontées face à l’immigration et à la jeunesse.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Taklamakan : la lutte contre la désertification transforme un désert chinois en absorbeur de CO₂

Au nord-ouest de la Chine, le désert du Taklamakan, célèbre pour ses dunes infinies et son climat extrême, connaît une transformation inattendue. Des plantations massives d’arbres et d’arbustes ont commencé à fixer le dioxyde de carbone, faisant de certaines zones de la périphérie du désert un puits de carbone localement significatif.

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Ce succès apparent n’est pas seulement environnemental. Il illustre la manière dont Pékin utilise la gestion du territoire et l’écologie comme outils stratégiques, dans un contexte où le contrôle de l’eau, la lutte contre la désertification et l’image internationale se mêlent étroitement.

Depuis la fin des années 1970, la Chine déploie le programme de la Grande Muraille Verte, une initiative gigantesque destinée à freiner l’avancée des déserts du nord et de l’ouest du pays. Le Taklamakan, vaste de près de 330 000 kilomètres carrés, constituait l’un des défis les plus ardus. Les autorités y ont planté des arbres capables de résister à la sécheresse et au sable mouvant, établissant des ceintures végétales autour des zones les plus vulnérables. Progressivement, la couverture verte s’est étendue, modifiant non seulement l’écologie locale mais aussi le bilan carbone de la région.

Les analyses scientifiques combinant données satellitaires et observations au sol montrent que la photosynthèse des plantations capture désormais davantage de CO₂ qu’elle n’en libère, un phénomène rare dans des régions aussi arides. Les sols stabilisés par les racines limitent l’érosion éolienne, réduisant la fréquence et l’intensité des tempêtes de sable. Pour les chercheurs, ces observations constituent un signe tangible que l’intervention humaine peut, dans des conditions bien choisies, inverser certains effets de la désertification.

Pour autant, le projet ne se limite pas à une dimension écologique. La Chine y voit aussi une opportunité de renforcer sa stratégie climatique et son image internationale. Dans un monde où les engagements de neutralité carbone et la lutte contre le changement climatique sont surveillés de près, ces plantations servent de démonstration de capacité technique et de volonté politique. L’afforestation du Taklamakan s’inscrit donc dans une logique qui dépasse le seul cadre national : elle témoigne de la manière dont la Chine articule politique intérieure, sécurité environnementale et soft power international.

Le projet soulève cependant des défis durables. L’approvisionnement en eau, déjà limité dans cette région, reste la principale contrainte à long terme. Les plantations monoculturales, bien qu’efficaces pour la stabilisation des sols, présentent des risques pour la biodiversité et la résilience écologique. Les spécialistes avertissent que l’entretien et l’adaptation constante à un climat changeant seront déterminants pour que ces puits de carbone perdurent.

L’exemple du Taklamakan invite également à une réflexion plus large. Il illustre que les initiatives locales peuvent avoir un impact mesurable sur le climat, mais qu’elles nécessitent des compromis et une coordination minutieuse avec les dimensions sociales, hydriques et géopolitiques. La transformation du désert montre que la frontière entre écologie et stratégie devient de plus en plus poreuse, et que les projets de ce type sont autant des instruments de gestion du territoire que des leviers de positionnement international.

Le Taklamakan est devenu plus qu’un désert : il est un laboratoire de la relation entre nature, technologie et pouvoir. Les plantations massives y démontrent que l’intervention humaine peut infléchir le bilan écologique d’une région extrême, tout en posant des questions sur les limites et la durabilité de telles stratégies. Pour la Chine, ce succès apparent consolide une image de leadership environnemental, mais il rappelle aussi que chaque arbre planté dans ces sables mouvants s’inscrit dans un équilibre fragile entre climat, ressources et ambitions géopolitiques.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Royaume-Uni : Andrew Mountbatten-Windsor arrêté puis entendu plusieurs heures dans une enquête liée à l’affaire Epstein

Jeudi 19 février, en début de matinée, des policiers se présentent à Wood Farm, dans le Norfolk. Andrew Mountbatten-Windsor, frère du roi, est conduit pour être entendu. En fin de journée, il ressort libre, mais sous enquête.

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L’ancien duc d’York a été interpellé dans le cadre d’investigations britanniques liées aux documents judiciaires états-uniens de l’affaire Jeffrey Epstein. Aucune inculpation n’a été annoncée à ce stade. L’épisode ouvre néanmoins une séquence délicate pour la monarchie britannique.

Une procédure encore à un stade préliminaire

Selon les informations communiquées par les autorités, Andrew Mountbatten-Windsor a été placé en garde à vue plusieurs heures avant d’être relâché sous enquête. Cette mesure signifie que les investigations se poursuivent sans décision formelle à ce stade.

Les éléments examinés proviendraient de pièces judiciaires rendues publiques aux États-Unis d’Amérique dans le cadre des procédures liées à Jeffrey Epstein. Les autorités britanniques n’ont pas précisé les qualifications pénales éventuellement envisagées.

En droit britannique, une libération sous enquête ne préjuge ni d’une mise en accusation ultérieure ni d’un abandon des poursuites.

Un passé déjà lourd

Le nom d’Andrew Mountbatten-Windsor est associé à l’affaire Epstein depuis 2019. À l’époque, une interview télévisée destinée à clarifier sa position avait au contraire renforcé la controverse. Dans la foulée, il s’était retiré de ses fonctions officielles.

En 2022, il avait conclu un accord financier dans le cadre d’une procédure civile engagée aux États-Unis d’Amérique. Il a toujours contesté les accusations portées contre lui. Cet accord n’avait pas valeur de reconnaissance pénale.

La procédure actuelle semble distincte de cette action civile, même si elle s’inscrit dans le même environnement factuel.

Une séquence sensible pour la monarchie

Andrew Mountbatten-Windsor est le fils d’Elizabeth II et le frère de Charles III. S’il ne joue plus de rôle public majeur, son appartenance à la famille royale demeure un fait institutionnel.

Dans le système constitutionnel britannique, les membres de la famille royale ne disposent pas d’une immunité pénale générale. L’intervention des forces de l’ordre s’inscrit donc dans le fonctionnement ordinaire de l’État de droit.

Pour le palais, la ligne reste sobre : la justice suit son cours. Aucune déclaration détaillée n’a été faite.

Une dimension internationale

L’affaire souligne aussi l’interdépendance croissante des procédures judiciaires. Les éléments examinés par les autorités britanniques trouvent leur origine dans des documents produits aux États-Unis d’Amérique. La circulation transnationale des informations judiciaires accroît mécaniquement l’exposition des personnalités publiques.

Dans plusieurs pays du Commonwealth, l’arrestation a relancé des débats sur la place des membres non actifs de la famille royale dans l’ordre de succession. Aucune décision institutionnelle n’a toutefois été annoncée.

À court terme, l’enjeu est strictement juridique : les autorités britanniques devront déterminer si les éléments réunis justifient ou non des poursuites.

À moyen terme, la question est institutionnelle. La monarchie britannique a traversé d’autres crises, mais elle évolue aujourd’hui dans un environnement où chaque développement judiciaire prend immédiatement une dimension internationale. La gestion de cette séquence par le palais et par les autorités judiciaires sera observée avec attention.

Andrew Mountbatten-Windsor a été arrêté, entendu puis relâché sous enquête. Aucune inculpation n’est annoncée à ce stade. L’enquête se poursuit. Son issue déterminera si cet épisode restera un développement judiciaire limité ou s’il entraînera des conséquences plus larges pour l’institution monarchique britannique.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Guerre en Ukraine : crise énergétique en Europe centrale, reconstruction titanesque et durcissement stratégique russe

À l’approche du quatrième anniversaire de l’offensive russe lancée le 24 février 2022, la guerre en Ukraine connaît une nouvelle phase marquée par une montée des tensions énergétiques en Europe centrale, une estimation record du coût de la reconstruction et un renforcement assumé de la posture militaire russe. Sur fond de blocages diplomatiques et de tentatives de médiation américaine, le conflit s’enracine dans la durée.

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Le Somaliland mise sur les minerais et les bases militaires pour séduire Washington, Israël attendu face à la crise de l’eau

La République autoproclamée du Somaliland, en quête de reconnaissance internationale depuis sa sécession de la Somalie en 1991, multiplie les initiatives diplomatiques pour consolider son statut. Après avoir obtenu fin 2025 la reconnaissance officielle d’Israël, les autorités de Hargeisa espèrent désormais convaincre les États-Unis de franchir le pas.

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Nicolas Sarkozy demande la confusion de ses deux peines définitives

Le tribunal correctionnel de Paris examine ce lundi 23 février la demande de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy visant à obtenir la « confusion » de ses deux peines définitives prononcées dans les affaires Bygmalion et Bismuth. L’audience, non publique, se tient en chambre du conseil.

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États-Unis d’Amérique : la mort accidentelle de Peter Greene, une trajectoire d’acteur de caractère interrompue

La disparition de Peter Greene, décédé en décembre 2025 à New York des suites d’une blessure par balle classée accidentelle par le médecin légiste, met fin au parcours d’un acteur emblématique du cinéma états-unien des années 1990.

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Connu pour ses rôles marquants dans Pulp Fiction et The Mask, Peter Greene incarnait une génération d’acteurs de caractère dont la présence structurait les récits sans accéder au statut de vedette. Sa disparition invite à examiner autant son héritage artistique que le fonctionnement du système hollywoodien.

Les autorités new-yorkaises ont confirmé que Peter Greene est décédé à la suite d’une blessure par balle qualifiée d’accidentelle. À ce stade, aucune implication criminelle n’a été signalée. La communication officielle s’est limitée aux éléments médicaux, sans indication de circonstances conflictuelles.

Peter Greene s’était imposé dans les années 1990 comme un visage récurrent du cinéma états-unien. Dans Pulp Fiction, réalisé par Quentin Tarantino, il interprète Zed, personnage secondaire mais central dans l’une des séquences les plus troublantes du film. Son apparition, brève, contribue à la tension dramatique et à la réputation du long-métrage.

La même année, dans The Mask, face à Jim Carrey, il incarne Dorian Tyrell, antagoniste violent inscrit dans une esthétique urbaine stylisée. Sa filmographie comprend également des apparitions dans The Usual Suspects et Training Day, confirmant sa place au sein d’un cinéma explorant les zones d’ombre de la société états-unienne.

Bien qu’il n’ait jamais occupé le sommet de l’affiche, Greene faisait partie de ces interprètes dont la présence confère crédibilité et densité aux œuvres.

La trajectoire de Peter Greene illustre le rôle déterminant des acteurs de caractère dans l’économie narrative hollywoodienne. Les années 1990 constituent une période charnière pour le cinéma des États-Unis d’Amérique. L’essor du cinéma indépendant, porté par une nouvelle génération de réalisateurs, favorise des récits plus ambigus, moins manichéens.

Dans ce contexte, les antagonistes cessent d’être de simples figures caricaturales. Ils deviennent des personnages complexes, ancrés dans une violence réaliste et parfois dérangeante. Greene s’inscrit pleinement dans cette évolution esthétique.

Son parcours met également en lumière la hiérarchie du système hollywoodien. L’industrie privilégie les acteurs capables d’assurer la rentabilité commerciale d’un film. Les interprètes secondaires, même reconnus, restent tributaires de rôles ponctuels. Leur notoriété repose sur quelques apparitions marquantes plutôt que sur une exposition continue.

La médiatisation de son décès a d’abord insisté sur la dimension spectaculaire de l’accident. Ce traitement révèle une tendance structurelle : l’événement dramatique prime souvent sur l’évaluation du legs artistique. Pourtant, l’apport culturel d’un acteur se mesure à la trace laissée dans l’imaginaire collectif, non aux circonstances de sa disparition.

La mort accidentelle de Peter Greene intervient dans un pays où la circulation des armes demeure une réalité structurelle, régulièrement au cœur du débat public. Sans établir de lien direct entre son cas individuel et les controverses nationales, l’événement rappelle néanmoins un contexte social singulier propre aux États-Unis d’Amérique.

Au-delà de la question des armes, sa disparition invite surtout à reconsidérer la mémoire du cinéma des années 1990. À mesure que disparaissent les figures secondaires de cette période, c’est toute une constellation artistique qui s’éloigne. La reconnaissance tardive de ces acteurs pose une interrogation plus large : comment préserver la mémoire de ceux qui ont façonné l’esthétique d’une époque sans en être les visages dominants ?

La mort accidentelle de Peter Greene ne se réduit pas à un fait divers. Elle marque la disparition d’un acteur dont la contribution au cinéma états-unien des années 1990 demeure tangible.

Son parcours rappelle que l’histoire du cinéma ne s’écrit pas uniquement à travers les vedettes, mais aussi grâce à ces présences singulières qui donnent aux récits leur profondeur et leur tension.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

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