Guerre Russie-Ukraine : Sergeï Lavrov, chef de la diplomatie russe, est en Algérie.

L’Algérie est de plus en plus sollicitée par l’Europe, qui souhaite réduire sa dépendance au gaz russe.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, effectue une visite en Algérie, un allié clef de Moscou et exportateur gazier de plus en plus sollicité par une Europe cherchant à réduire se dépendance au gaz russe. Arrivé à Alger lundi 9 mai, Sergueï Lavrov s’est s’entretenu ce mardi 10 mai avec son homologue algérien Ramtane Lamamra, avant d’être reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, selon des médias.

« Nous avons soutenu l’initiative de nos amis algériens visant à élaborer un nouveau document stratégique interétatique qui sera le reflet de la nouvelle qualité du partenariat bilatéral », a déclaré M. Lavrov lors de son entretien avec M. Lamamra, selon le ministère russe. « Notre dialogue politique se développe de manière active, tout comme la coopération économique, militaire et technique et les liens humanitaires et culturels », a-t-il ajouté.

Avant cet entretien, M. Lavrov s’est recueilli au sanctuaire du martyr à Alger, « à la mémoire des martyrs de la Guerre de libération nationale où il a déposé une gerbe de fleurs », selon l’agence officielle algérienne APS.

Cette visite, la première de Segreï Lavrov en Algérie depuis janvier 2019, coïncide avec le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et l’Algérie.

« Coordination »

Sur le plan diplomatique, tout est au beau fixe entre les deux pays. L’Algérie, à l’instar de nombreux pays africains, s’est toujours refusée de condamner la Russie sur la guerre en Ukraine. Début avril, elle a voté contre la décision de suspension de la Fédération de Russie du Conseil des droits de l’Homme. Le 18 avril, le président russe, Vladimir Putin, s’était entretenu au téléphone avec M. Tebboune pour évoquer notamment « la coordination au sein de l’Opep+, ainsi que la situation en Ukraine », selon l’agence officielle russe TASS. L’Opep+ réunit les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), menée par l’Arabie saoudite, et dix autres pays exportateurs non membres de l’Opep, menés par la Russie.

L’Algérie, exportateur gazier de premier plan, fournit environ 11% du gaz consommé en Europe, contre 47% pour la Russie.

Capacités limités

Plusieurs pays cherchant à réduire leur dépendance des livraisons russes depuis l’invasion de l’Ukraine se sont tournés vers l’Algérie, par ailleurs alliée de Moscou, mais Alger ne dispose que d’une capacité très limitée pour augmenter ses exportations. Dans un apparent souci de ne pas se mettre à dos Moscou, l’Algérie répète aussi que ses capacités supplémentaires d’exportation vers l’Europe sont trop limitées pour se substituer au gaz russe. L’Espagne est en effet reliée à l’Algérie par un gazoduc sous-marin de 750 kilomètres, le Medgaz, ainsi que par un deuxième pipeline, le GME, mis hors service à l’automne par Alger sur fond de crise diplomatique avec le Maroc mais qui n’a pas pour autant été démonté.

Joseph Kouamé

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