Nigeria : Des dizaines de fidèles catholiques abattus par des hommes armés!

Un massacre a eu lieu à la sortie de la messe de la Pentecôte, dans une petite ville de l’État d’Ondo, dans le Sud-Est du Nigeria, une région pourtant épargnée jusque-là par les violences qui ont ensanglanté d’autres régions du pays.

Selon un premier bilan officiel, 21 personnes sont mortes, ce dimanche, dans l’attaque d’une église catholique, au Nigeria, durant la messe de la Pentecôte.

Des hommes armés ont attaqué, ce dimanche 5 juin, une église catholique dans l’État d’Ondo, dans le Sud-Ouest du Nigeria, tuant 21 personnes durant la messe de la Pentecôte, selon un premier bilan communiqué par les autorités locales.

« De la dynamite a explosé dans l’église (…), les assaillants ne sont même pas entrés dans l’église, ils ont tiré à travers les fenêtres », a précisé, à l’AFP, le porte-parole du gouverneur de l’État d’Ondo, Richard Olatunde.

Cette attaque s’est produite pendant l’office du matin à l’église catholique St Francis dans la ville d’Owo, dans le Sud-Ouest du Nigeria, habituellement épargné par les jihadistes et les bandes criminelles actifs dans d’autres régions du pays.

Un témoin, qui n’a donné que son prénom, Abayomi, a déclaré à l’AFP qu’au moins 20 fidèles avaient péri dans l’attaque. « Je passais dans le quartier quand j’ai entendu une forte explosion et des coups de feu à l’intérieur de l’église », a-t-il dit. Il explique avoir aperçu au moins cinq hommes armés à l’intérieur de l’église avant de s’enfuir pour se mettre en sécurité.

Les survivants de l’attaque ont expliqué avoir attendu une vingtaine de minutes avant de pouvoir se montrer et d’évacuer les blessés. Un médecin cité par l’agence Reuters a estimé, dimanche, que « pas moins de 50 corps » ont été amenés dans les hôpitaux de la ville.

La responsabilité de l’attaque n’a pas été revendiquée. Ses motivations et son bilan n’étaient pas connus dans l’immédiat, mais le président Muhammadu Buhari a condamné le « meurtre odieux de fidèles ». Le pape François lui-même, à Rome, a fait savoir qu’il « priait pour les victimes et pour le pays ».

L’évêque, ainsi que le gouverneur de l’État d’Ondo, se sont immédiatement rendus sur place. Ce dernier a parlé d’un « dimanche noir » et d’une attaque « vile et satanique ». Le gouverneur de l’État, Oluwarotimi Akeredolu, a aussi appelé, dans son communiqué, les forces de sécurité à retrouver les assaillants après cette « attaque ignoble et satanique ».

L’attaque survient à la veille du lancement par l’APC, le parti au pouvoir, de ses primaires en vue de l’élection présidentielle de 2023 pour gagner la succession de Muhammadu Buhari, un ancien commandant de l’armée qui se retirera après deux mandats.

La sécurité reste un défi majeur dans le pays le plus peuplé d’Afrique et à la plus grande économie du continent. Les attaques contre les sites religieux sont particulièrement sensibles au Nigeria, où les tensions s’exacerbent parfois entre les communautés d’un pays dont le Sud est majoritairement chrétien et le Nord majoritairement musulman. Ce type d’attaque est toutefois rare dans le Sud-Ouest du pays, relativement paisible.

L’armée nigériane est en revanche confrontée à de nombreux foyers d’insécurité dans le reste du pays. Une insurrection jihadiste fait rage depuis 12 ans dans le Nord-Est, les gangs de pilleurs et de kidnappeurs terrorisent le Nord-Ouest et Centre, et le Sud-Est est le théâtre de mouvements séparatistes.

Le groupe djihadiste Boko Haram, présent dans le Nord-Est du pays, a déjà pris pour cible des églises au long d’un conflit qui a fait 40.000 morts et 2 millions de déplacés au Nigeria.

Joseph Kouamé

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