Le président italien, Sergio Mattarella, a décidé de dissoudre le Parlement et de provoquer de nouvelles élections, après la démission du premier ministre, Mario Draghi. Une coalition entre le parti de droite de Silvio Berlusconi et l’extrême droite est donnée favorite
Le premier ministre, Mario Draghi, avait remis, ce jeudi 21 juillet, sa démission au président italien, au lendemain de l’implosion de sa coalition d’unité nationale au Parlement.
Le président italien Sergio Mattarella a annoncé, plus tard, ce même jeudi, la dissolution du Sénat et de la Chambre des députés, ce qui provoquera automatiquement la tenue d’élections anticipées dès cet automne dans la troisième économie de la zone euro.
«La situation politique a conduit à cette décision», a déclaré le président lors d’une allocution télévisée, en référence à la démission du premier ministre Mario Draghi après la défection, jeudi, de trois partis importants de sa coalition lors d’un vote de confiance au Sénat.
«La discussion, le vote et les modalités dans lesquelles ce vote a été exprimé hier au Sénat» ont démontré l’absence de «soutien parlementaire au gouvernement et l’absence de perspectives pour donner naissance à une nouvelle majorité», a-t-il expliqué. «Cette condition a rendu inévitable la dissolution anticipée du parlement», qui «est toujours la dernière option», a-t-il ajouté. Les médias italiens avancent plusieurs dates possibles pour ces élections: le 18 et le 25 septembre, ou encore le 2 octobre. Jusqu’à nouvel ordre, le gouvernement démissionnaire dirigé par Mario Draghi reste en place pour expédier les affaires courantes.
L’archi-favori du scrutin à venir est la coalition dite «de centre-droit», qui réunit « Forza Italia », le parti de droite de Silvio Berlusconi, et l’extrême droite représentée par « la Ligue » du tribun populiste anti migrants Matteo Salvini et « Fratelli d’Italia ». « Fratelli d’Italia », parti post-fasciste présidé par Giorgia Meloni, est donné en tête dans les intentions de vote, à près de 24%, devant le Parti démocrate (22%) et la Ligue (14%), selon un sondage de l’institut SWG réalisé le 18 juillet. « Forza Italia » recueillerait 7,4% des voix et le Mouvement « 5 Etoiles » (M5S) 11,2%.
Arrivé à la tête de l’exécutif en février 2021 pour sortir l’Italie de la crise sanitaire et économique, Mario Draghi, 74 ans, avait présenté une première fois sa démission le 14 juillet dernier au président Mattarella, qui l’avait aussitôt refusée. Le refus du parti de droite de Silvio Berlusconi, « Forza Italia », de « la Ligue », formation d’extrême droite de Matteo Salvini, et de la formation populiste d’extrême-gauche » Mouvement 5 Etoiles » (M5S) de participer à un vote de confiance demandé mercredi par le chef du gouvernement au Sénat, ont toutefois eu raison de «Super Mario».
Les défis intérieurs (relance économique, inflation, emploi) et extérieurs (indépendance énergétique, guerre en Ukraine) auxquels l’Italie et l’UE sont confrontées «exigent un gouvernement vraiment fort et solidaire et un Parlement qui l’accompagne avec conviction», avait pourtant plaidé le premier ministre démissionnaire. Mais son appel a été ignoré par les poids lourds de sa coalition, déjà les yeux rivés sur la campagne électorale à venir. Finalement, seuls le centre et la gauche incarnée par le Parti démocrate (PD) sont restés jusqu’au bout à ses côtés.
