Les tests Covid demandés à ses voyageurs jugés « inacceptables » par la Chine

Pékin a condamné, mardi 3 décembre, l’imposition de tests Covid, par une douzaine de pays, aux voyageurs en provenance de Chine, alors qu’une très forte majorité des membres de l’Union européenne se prononçait en faveur d’une telle mesure. (source AFP)

« Certains pays ont mis en place des restrictions à l’entrée visant uniquement les voyageurs en provenance de Chine. Cela est dénué de base scientifique et certaines pratiques sont inacceptables », a fustigé une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning. La Chine pourra « prendre des contre-mesures, selon le principe de réciprocité ».

Dans des recommandations, un comité d’experts sanitaires des 27 membres de l’UE (Comité de sécurité sanitaire) a plaidé, ce mardi, à Bruxelles, pour l’imposition de tests aux voyageurs venant de Chine « à une écrasante majorité », selon un porte-parole de la Commission européenne.

Ils ont aussi étudié le port du masque, le contrôle des eaux usées des avions et des tests accrus, avec séquençage génomique, dans les aéroports d’arrivée, en vue d’identifier d’éventuels nouveaux variants.

« Ces mesures devraient être ciblées sur les vols et les aéroports les plus appropriés et être mises en œuvre de manière coordonnée (à travers l’UE) pour garantir leur efficacité », a précisé le porte-parole. Une nouvelle réunion européenne est prévue, ce mercredi 4 janvier, sur ce sujet.

L’Autriche a annoncé, aujourd’hui, mardi, sa décision d’analyser les eaux usées des avions en provenance de Chine. A Washington, le porte-parole de la diplomatie états-unienne a, pour sa part, assuré que l’exigence des Etats-Unis d’Amérique de présenter aux frontières du pays un test négatif au Covid-19 pour les voyageurs venant de Chine se fondait « uniquement sur la science » et n’était fondée que « sur des préoccupations de santé publique ». « Il s’agit d’un partie du monde où nous avons des inquiétudes quant à la transparence », a renchéri le ministre australien de l’Economie, qui met en place, à partir de jeudi 5 janvier, des mesures similaires. Interrogé sur le fait de savoir si les restrictions étaient motivées par des considérations politiques, le ministre a répondu qu’il ne le voyait pas « précisément comme ça ».

Les déclarations de la Chine surviennent près d’un mois après la levée surprise, le 7 décembre, par la Chine, de ses restrictions sanitaires, décision qui entraîne, depuis, un afflux de patients dans les hôpitaux et de victimes du Covid dans les crématoriums.

Pékin n’impose plus de quarantaine aux personnes arrivant de l’étranger mais continue de demander un test PCR négatif aux voyageurs et ne délivre plus de visas de tourisme depuis bientôt trois ans.

Plus d’une douzaine de pays ont imposé, ces derniers jours, des tests Covid aux passagers en provenance de Chine, s’inquiétant du manque de transparence sur les chiffres des infections et redoutant l’apparition de nouveaux variants. « Je pense qu’on est dans notre rôle en protégeant les Français et en demandant des tests », a réagi, ce mardi, sur une radio, la Première ministre française, Elisabeth Borne. « On continuera à le faire ».

100 ambulances par jour

La Chine fait actuellement face à sa pire flambée de cas. A Shanghai notamment, les deux tiers des habitants pourraient avoir eu le Covid ces dernières semaines, a estimé, ce mardi, un haut responsable d’un des principaux hôpitaux de la ville. Capitale économique de la Chine, la ville de 25 millions d’habitants avait été placée sous confinement strict pendant deux mois à partir d’avril. Une grande partie d’entre eux avaient été emmenés en centres de quarantaine.

Désormais, le variant Omicron s’y répand très rapidement.

Dans d’autres grandes villes chinoises comme Pékin, Tianjin (Nord), Chongqing (Sud-Ouest) et Canton (Sud), les autorités sanitaires estiment que le pic est déjà passé. Le docteur Chen, également membre du conseil d’experts sur le Covid de Shanghai, a indiqué que son hôpital recevait 1.600 admissions en urgence par jour – le double par rapport à la période ayant précédé la levée des restrictions -, 80% concernant des malades du Covid.

Nouvel An chinois

A l’hôpital Tongren de Shanghai, des journalistes de l’AFP ont vu, ce mardi, des malades recevoir des soins en urgence à l’extérieur du bâtiment, débordé par l’afflux de patients. Les couloirs étaient, eux, remplis de dizaines de patients âgés, allongés sur des lits et disposant de perfusions. Certains portaient des masques à oxygène.

Cette vague de Covid dans les grandes villes devrait bientôt toucher les zones rurales de la Chine, où les services de santé sont moins fournis, alors que des millions d’habitants retourneront dans leurs provinces natales pour célébrer le Nouvel An chinois à partir du 21 janvier.

Dans un entretien avec la télévision d’Etat CCTV, lundi, Jiao Yahui, une responsable de la Commission nationale de santé (NHC), a reconnu que cette flambée attendue dans les campagnes représentait un « énorme défi ». « Ce qui nous inquiète le plus, c’est que ces trois dernières années, personne n’est rentré dans sa province pour le Nouvel An lunaire, mais cette année c’est enfin possible », a-t-elle déclaré.

Pour rappel, cette flambée de cas de Covid en Chine survient après que le gouvernement ai fini par lâcher du leste envers sa population du fait de très nombreuses manifestations de ras le bol d’un contrôle sanitaire très stricte dans le pays. Manifestations qui, par haine politique de la Chine, l’Occident voyait d’un oeil plus que satisfait – ces mêmes occidentaux qui, à présent, prennent des mesures drastiques contre ces mêmes chinois dont ils soutenaient les « aspirations à la liberté », il y a encore à peine deux semaines de cela, tout étant bon pour présenter le pouvoir chinois comme un pays purement injuste.

Joseph Kouamé & Christian Estevez

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