Guerre Russie-Ukraine : les annonces de dons de blindés occidentaux affluent pour aider Kiev à lancer une contre-offensive !

L’Ukraine préparerait une contre offensive contre l’armée russe et l’Europe se dépêche pour lui offrir de l’armement.

Les annonces des livraisons de blindés occidentaux à l’Ukraine sont vu comme un « coup politique » des pays donateurs, mais sont, pour Kiev, un coup stratégique qui pourrait servir à une prochaine offensive contre les troupes russes. Le commandement de l’armée ukrainienne a exprimé un besoin minimum de 300 chars et 700 blindés pour lancer cette contre-offensive (annonce qui contraste avec la propagande affirmant que l’armée ukrainienne ne cesse de progresser, remportant victoire sur victoire depuis des mois).

« L’Ukraine doit recevoir tout le matériel militaire dont elle a besoin pour défendre son territoire », a soutenu la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen.

Jusqu’à présent, les alliés de l’Ukraine ont refusé de fournir des chars de combat ou des véhicules blindés légers en raison de préoccupations concernant les tensions avec Moscou. Mais depuis que la France s’est engagée à fournir des véhicules blindés AMX10-RC, les États-Unis et l’Allemagne, la Grande-Bretagne, puis la Pologne et la Finlande ont emboîté le pas. Washington a annoncé une nouvelle aide militaire massive à l’Ukraine d’une valeur de plus de 3 milliards de dollars, dont 50 véhicules blindés d’infanterie de type Bradley et des dizaines d’autres véhicules blindés. Enfin, le Royaume-Uni prévoit désormais de fournir le char de combat Challenger 2. Il y aura environ 10 unités.

De son côté, la France peut assurer les premières livraisons d’une dizaine d’AMX10-RC, selon les informations d’Europe1. Il sortira finalement en une trentaine d’exemplaires dans le but de ne pas dépasser la vitesse de remplacement de Jaguar. « Ça dépendra aussi de la formation des militaires ukrainiens aux AMX », a précisé à BFM Business le ministère des Armées.

Après de vives polémiques, Berlin a fini par annoncer 40 « Marder », des blindés légers destinés au transport de troupes qui devraient être livrés dans les prochaines semaines. Pour les chars de combat Leopard 2, l’Allemagne n’a toujours rien annoncé, mais la Pologne et la Finlande se disent prêtes à en prélever sur leur stock pour les fournir à Kiev. Cette décision reste soumise à un accord de l’Allemagne qui détient la licence d’exportation. Pour le moment n’a encore rien décidé par le chancelier allemand. Selon le journal allemand « Der Spiegel », cette décision devrait être officialisée le 20 janvier à Ramstein lors d’une réunion des responsables de la défense occidentale. « Des discussions sont prévues la semaine prochaine avec les Ukrainiens pour voir quels types d’armes sont nécessaires et qui, parmi les alliés, est en mesure de les fournir », a précisé le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg.

A cette occasion, l’Allemagne pourrait déverrouiller l’envoi des Leopard 2. Selon le média « Politico », Paris étudie la possibilité de déployer des chars Leclerc dans les pays de l’Otan qui en enverraient. « On peut défendre des pays du flanc Est dans le cadre de l’Otan. Comme on le fait en Roumanie ou ailleurs dans les pays baltes avec La Défense du ciel », précise le ministère des Armées.

Ces annonces, même si elles sont loin des besoins exprimés par Kiev, provoquent déjà la colère de la Russie. Pour le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, « ces livraisons ne peuvent pas et ne vont pas changer quoi que ce soit » à la situation militaire et ne feront que « prolonger les souffrances du peuple ukrainien ».

Reste les munitions qui constituent un point décisif et sur lequel il sera difficile de faire plus et plus vite. Le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell a récemment admis que les stocks d’armes de l’Union européenne sont épuisés. « Je ne veux pas être Cassandre annonçant les mauvaises nouvelles, mais c’est la réalité », a expliqué Josep Borrell lors d’une intervention devant l’Agence de Défense Européenne (EDA).

Dans un rapport, l’Ifri (Institut français des relations internationales) estime que si l’Europe fait face à une situation qui n’était pas prévue, mais qui, paradoxalement aurait dû l’être. « Les taux de perte constatés sur le terrain et l’importante consommation de munitions ont mis en lumière l’insuffisance des parcs opérationnels français, réduits au strict minimum après deux décennies de disette budgétaire », pointe l’auteur du rapport, Léo Péria-Peigné.

Joseph Kouamé

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