Un transgenre écossaise condamné pour viol ne sera pas incarcéré dans une prison pour femmes, a annoncé la Première ministre écossaise.
La question sur le changement de genre a pris un autre tournant en Ecosse. Isla Bryson, anciennement Adam Graham, a été reconnue coupable, mardi, d’avoir violé deux femmes en 2016 et 2019 avant de « devenir une femme ». Il doit être incarcérée dans l’attente d’une décision sur sa peine, mais avant que les faits ne se produisent, de nombreuses personnes ont exprimé leurs revendications pour qu’il soit détenu dans une prison pour hommes. Face à la polémique, le gouvernement écossais a finalement décidé de le transférer (comme le veut le bon sens) dans une prison pour hommes, rapporte la BBC, jeudi 26 janvier.
« Étant donné l’inquiétude légitime du public et des parlementaires dans cette affaire, je peux confirmer au Parlement que cette détenue ne sera pas incarcérée dans la prison pour femmes de Cornton Vale », a déclaré Nicola Sturgeon. « J’espère que cela rassurera le public », a-t-elle ajouté, alors que cette affaire avait suscité la polémique au Parlement écossais mais aussi à Londres. Les autorités écossaises ont confirmé qu’Isla Bryson sera bien transféré dans une aile masculine d’une prison pour hommes ce jeudi 26 janvier.
De nombreux membres du Parlement écossais ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité des autres détenues, tandis que l’Autorité pénitentiaire écossaise veille à ce que les décisions concernant le lieu de détention d’une personne transgenre soient toujours prises « sur une base individuelle », en « évaluant le risque et la nécessité ». « Il n’y a jamais un droit automatique pour une femme transgenre condamnée pour un crime de purger sa peine dans une prison pour femmes », a indiqué Nicola Sturgeon.
La nouvelle arrive à un moment où le gouvernement écossais veut faire passer une loi pour faciliter la reconnaissance du changement de genre, en l’autorisant sans avis médical et en étant âgé de 16 ans ou plus. Le projet de loi a finalement été bloqué par Londres, le gouvernement conservateur de Rishi Sunak jugeant que l’adoption de la loi entraînerait « une complexité importante en créant deux régimes de reconnaissance du genre au Royaume-Uni ».
Didier Maréchal