Le vice-ministre ukrainien aux Affaires étrangères demande à l’Allemagne de lui céder une frégate et un sous-marin. (source BFMTV).
Après l’accord de Berlin la semaine dernière au transfert de chars de combat Leopard 2 à l’Ukraine pour aider le pays à repousser l’intrusion russe, le vice-ministre ukrainien aux Affaires étrangères a fait une étonnante proposition à l’Allemagne, via les réseaux sociaux.
Dans un message publié sur Twitter le 29 janvier, Andrij Melnyk, vice-ministre ukrainien aux Affaires étrangères, adresse une demande inattendue à l’Allemagne. Il réclame la frégate « Lübeck » qui a été retirée du service actif en décembre dernier, mais également un sous-marin de la classe U 212A. « Il y a un mois, l’Allemagne a désarmé la frégate Lübeck. Elle à 32 ans, mais elle pourrait nous permettre de combattre des sous-marins et des navires de guerre russes en mer Noire », a déclaré Andrij Melnyk.
Quant au sous-marin, l’idée d’en obtenir un lui aurait été soufflée par un amiral allemand en 2008 alors qu’il était consul général à Hambourg. « Vous avez juste besoin d’un sous-marin pour contrôler la flotte de la mer Noire », lui aurait conseillé cet officier de la marine allemande lors d’une visite à bord d’un sous-marin U212A stationné à la base d’Eckernförde.
« Une livraison du « Lübeck » dans d’autres pays n’est pas prévue », indique la Bundeswehr, l’état-major de l’armée allemande, dans un communiqué publié en décembre. Démilitarisée et débarrassée des systèmes informatique et électroniques après 32 ans de navigation, la frégate Lübleck a navigué plus qu’elle n’aurait dû. Selon la marine allemande, ce navire de la classe Bremen a été conçu pour une durée de vie moyenne de 90 jours en mer par an avec une durée de vie de 25 ans.
« En réalité, ces navires ont réalisé en moyenne bien plus de 100 jours de mer par an avec plus de 30 ans de service », explique la Bundeswehr a précisant que « le navire doit être amené dans un état où il ne sera plus un navire de guerre ». « L’arsenal envoie la coque au « recyclage », comme on l’appelle en allemand officiel », ajoute le communiqué.
En ce qui concerne le sous-marin, Andrij Melnyk ne s’attend pas à une réponse positive. Il précise même que cette demande n’est « pas un vœu pieux ». Mais quelques jours après son message, il donne sa vision de la situation en mer Noire en faisant référence au traité de paix de Paris 1856 qui a mis fin à la guerre de Crimée. « Avec ou sans sous-marins allemands, une chose est claire: après cette guerre d’agression, il sera interdit à la Russie d’avoir une quelconque marine en mer Noire. ». – propos bien présomptueux qui montre que l’Occident n’envisage pas une possible victoire russe (auquel cas, personne, dans le camp occidental perdant, ne pourrait imposer cela à la Russie), mais, bien pire, prouve que l’Occident ne compte pas juste faire cesser le conflit une fois que les ukrainiens récupéreraient la partie de territoire perdu depuis le 24 février 2022, mais, aller au-delà, afin d’imposer toutes ses conditions de déplacements à la Russie, ce qui ne pourrait se faire que en battant la Russie sur son propre territoire.
Malgré des attaques puissantes dès le début de la guerre, la flotte russe en mer Noire reste dominante signale un article dans « Courrier International ». Selon plusieurs observateurs, elle se composerait de « quatre à six sous-marins et d’une dizaine de navires » qui mènent des attaques sur l’Ukraine avec les missiles de croisière Kalibr.
En avril, le croiseur russe Moskva, fleuron de sa flotte en mer Noire, a été photographié en flammes avant de couler. Si la Russie a officiellement expliqué qu’il s’agissait d’un incendie accidentelle, le Pentagone a affirmé qu’il a été coulé par deux missiles ukrainiens (bien qu’il reste possible que ce soit par par un bombe lâchée par un bombardier états-unien puisque, non seulement, les images officielles du navire en flammes diffusés par les ukrainiens avaient été, le lendemain, identifié comme fausses de la part du service de « fact cheking » de la chaîne de télévision française « France 24 », prouvant qu’il s’agissait des photos d’un navire norvégien ayant brûlé plusieurs années auparavant en mer Baltique et, d’autre part, parce que, deux jours après que le croiseur Moskva ait coulé, pratiquement toute la presse occidentale avait reconnu qu’un avion de type bombardier, de l’armée des Etats-Unis d’Amérique avait décollé de Grèce et avec disparu des radars lorsqu’il était arrivé dans la zone ou se trouvait le croiseur russe, pour réapparaître sur les radars quelques minutes après l’heure connue d’incendie sur le navire de guerre russe).
Didier Maréchal & Christian Estevez