L’ancienne diplomate Nikki Haley a annoncé ce mardi 14 février, qu’elle entendait solliciter l’investiture du parti républicain. Elle concurrence ainsi frontalement l’ancien président Donald Trump. (avec AFP).
Nikki Haley, ancienne gouverneure de Caroline du Sud et ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique auprès des Nations Unies, a annoncé ce mardi 14 février, dans une vidéo publiée sur Twitter, sa candidature à l’élection présidentielle états-unienne de 2024. La quinquagénaire devient ainsi la deuxième personnalité du camp républicain à se lancer officiellement dans la primaire pour défier Donald Trump.
L’ancienne gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, a déclaré, mardi, qu’elle solliciterait l’investiture du parti républicain pour l’élection présidentielle de 2024, devenant la première à défier ouvertement Donald Trump, en campagne depuis le mois de novembre dans l’espoir de reconquérir le Maison Blanche.
« Je suis Nikki Haley et je suis candidate à la présidence », a déclaré Haley dans une vidéo que son équipe a envoyée par courriel. Elle doit prononcer son premier discours de campagne mercredi à Charleston, en Caroline du Sud. L’officialisation de sa candidature a, comme de bien entendu, été accompagnée du lancement d’un site destiné à récolter des fonds pour financer sa campagne.
Qui est Nikki Haley?
Nikki Haley, 51 ans, est la fille d’un couple d’immigrés indiens originaire de la région du Penjab. Mère de deux enfants, elle est mariée à un officier de la Garde nationale, anciennement déployé en Afghanistan.
Ses premiers pas en politique datent de 2004, au moment de son élection au parlement de Caroline du Sud. Son visage a été connu au niveau national six ans plus tard, lorsqu’elle a brigué et remporté le poste de gouverneure.
Elle a, dès le départ, adopté et maintenu une politique de droite, affichant son hostilité aux syndicats, s’opposant au mariage homosexuel et se montrant réticente à l’accueil des réfugiés syriens dans son Etat.
Nikki Haley est élue pour la première fois au poste de gouverneur en Caroline du Sud en 2010, battant l’ancien sénateur démocrate Vincent Sheheen et faisant son entrée dans l’Histoire en tant que première femme et première personne d’origine indienne à être élue à la plus haute fonction de l’Etat. Pendant sa campagne, elle reçoit le soutien du Tea Party et de l’ancienne gouverneure de l’Alaska, Sarah Palin. En 2014, elle remporte le même suffrage face au même opposant. En 2015, elle fait retirer le drapeau confédéré du parlement de Caroline du Sud, peu après l’attentat de l’église de Charleston au cours duquel un suprémaciste blanc abat neuf noirs.
La carrière politique de Nikki Haley a pris un nouveau tournant lors de son arrivée à l’ONU en janvier 2017. Donald Trump l’avait choisie comme ambassadrice, l’identifiant comme «une négociatrice reconnue».
Elle a notamment fermement combattu l’accord sur le nucléaire iranien, quitte à bousculer quelques proches alliés européens. Certains de ses partenaires louent son «pragmatisme», son «franc-parler» et sa chaleur, mais d’autres lui reprochent d’être trop «idéologue» et «déconnectée de la réalité» dans ses approches.
Bien que membre de l’administration Trump pendant deux ans, Nikki Haley a gardé ses distances avec l’ex-président sur certains sujets. Ce fut le cas lors des débats en 2018 concernant la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême, alors qu’il était accusé d’agression sexuelle. S’opposant à une grande partie de son camp, Nikki Haley avait alors appelé à écouter les victimes présumées.
Depuis la fin du mandat de Donald Trump, son opposition envers l’ancien président s’est faite encore plus franche. L’ancienne gouverneure de Caroline du Sud a, par exemple, ouvertement critiqué la croisade post-électorale du républicain sur une supposée fraude. Dans une récente interview à Fox News, elle a en outre estimé qu’il était «temps de désigner un républicain capable de gouverner et de remporter une élection nationale». «Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir 80 ans pour devenir un leader, a-t-elle poursuivi. Je pense que nous avons besoin d’une jeune génération pour intervenir et vraiment commencer à réparer les choses […] Je n’ai jamais perdu une course. Je ne vais pas commencer à perdre maintenant».
En réaction à ses ambitions électorales, Donald Trump avait publié une ancienne vidéo sur son réseau social, « Truth Social », dans laquelle Nikki Haley assurait qu’elle ne se présenterait pas à la présidentielle s’il était candidat. «Nikki doit suivre ce que lui dicte son cœur, pas son honneur», avait-t-il commenté.
Nikki Haley lui a répondu, insistant sur le fait que ses propos dataient d’avant «le retrait d’Afghanistan. C’était avant que l’on voit cette forte inflation et cette criminalité élevée, avant que les drogues infestent tous nos Etats, avant que notre politique étrangère soit plongée en plein désarroi. Beaucoup de choses ont changé».
Pour l’heure, selon un sondage YouGov, elle n’est créditée que de 11% des intentions de vote dans son camp, face à Donald Trump et à Ron DeSantis, le gouverneur de Floride qui n’est pas encore officiellement candidat.
Didier Maréchal