Un syrien armé d’un couteau a agressé plusieurs enfants et un adulte, ce jeudi 8 juin, peu avant 10 heures, dans les jardins du Pâquier à Annecy (Haute-Savoie – France).
La personne qui semait la terreur dans le parc au bord du lac a été rapidement interpellée par la police. Un document que le suspect portait avec lui a donné les premières indications. Sous réserve que ce document lui appartienne, il montre que le suspect est de nationalité syrienne. Né en 1991, il a 32 ans.
Le profil de l’homme interpellé et placé en garde à vue après avoir attaqué des jeunes enfants dans un parc populaire à Annecy jeudi matin se dessine. Ce Syrien, chrétien, vivait légalement sur le territoire européen, ayant obtenu le statut de réfugié en Suède.
Son parcours migratoire l’a mené en Suède, où il a vécu durant dix ans et où il a obtenu le statut de réfugié. Selon l’autorité suédoise des migrations, il avait demandé et obtenu un permis de séjour en 2013, mais il a échoué, à plusieurs reprises depuis 2017, à obtenir la nationalité.
Le mobile est pour l’heure inconnu
l’homme est arrivé en France l’année dernière et était «sans domicile fixe», selon la procureure de la République d’Annecy Line Bonnet-Mathis. En novembre 2022 il a introduit une demande d’asile à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) qui a été refusée, car il avait obtenu le statut de réfugié en Suède. Il était en France en toute légalité selon le droit européen.
Le mobile de l’assaillant reste flou. Il n’y a pour l’heure «aucun mobile terroriste apparent», a déclaré la procureure. Le parquet national antiterroriste continue de suivre le développement de l’affaire. «L’homme n’a pas d’antécédents judiciaires, n’est connu d’aucun service de renseignement et on n’a pas identifié d’antécédents psychiatriques», a précisé la première ministre française, Elisabeth Borne, qui s’est rendue sur place.
Là religion de l’individu fait beaucoup parler. Lors de l’attaque, celui-ci a crié à deux reprises en anglais «au nom de Jésus Christ», selon une vidéo consultée par l’Agence France Press et le journal « Le Monde ». L’assaillant portait une croix chrétienne quand il a été interpellé et s’est présenté comme un «chrétien de Syrie» lors de sa demande d’asile à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), selon des informations de l’AFP.
L’Œuvre d’Orient, une ONG «au service des chrétiens d’Orient», a fermement condamné sur Twitter l’attaque au couteau, faisant six blessés, dont quatre enfants. «Elle souhaite par ailleurs que cet acte ignoble ne rejaillisse pas sur tous les réfugiés vivant en France», écrit l’organisme sur Twitter.
Contacté par l’AFP l’ex-femme de l’assaillant a indiqué que l’homme a rejoint la France il y a huit mois, car il n’arrivait pas à obtenir la nationalité suédoise. La jeune femme, qui partageait sa vie avec lui jusqu’à l’an dernier dans le Sud-Ouest de la Suède, a affiché son incrédulité face à l’acte imputé à son ex-mari. «Je ne sais pas ce qu’il lui est arrivé, ce que vous me dites, c’est terrible. Mais je n’ai pas eu de contact avec lui, je ne sais pas où il vit, ni comment il va psychologiquement», a confié l’ex-épouse, sous couvert de l’anonymat. «Lui? (…) Mon Dieu, il était très gentil, je ne comprends pas», a ajouté la jeune femme en apprenant la nouvelle.
Selon elle, le départ du Syrien, qui s’est décrit comme de religion chrétienne auprès de la police française, est lié au fait qu’il n’a «pas réussi à obtenir la nationalité suédoise». «Nous nous sommes rencontrés en Turquie, nous sommes tombés amoureux et nous sommes venus ici (en Suède). Après deux ans, nous nous sommes mariés, mais il n’a pas pu obtenir la nationalité suédoise, donc il a décidé de quitter le pays. Nous nous sommes séparés parce que je ne voulais pas quitter la Suède», a-t-elle confié à l’AFP.
Les témoignages récoltés par plusieurs médias locaux indiquent que l’homme avait été aperçu dans les alentours du parc auparavant, sans montrer des signes d’agressivité. Un employé des pontons au bord du lac d’Annecy avait remarqué la présence de l’assaillant sur un banc du Pâquier, chaque jour depuis environ deux mois, relate par exemple « le Dauphiné Libéré ».
Didier Maréchal