Comment reconnaître les fausses images créées par une intelligence artificielle ?

L’intelligence artificielle est de plus en plus performante, elle peut désormais générer des photos d’un réalisme bluffant. Midjourney, Dall-E et Stable Diffusion sont les outils les plus aboutis dans la création de fausses images.

Le pape François en manteau de plumes blanches, Emmanuel Macron devant un tas d’ordures, un vieil homme au visage ensanglanté lors d’une manifestation, autant de photos qui ont fait le tour du monde. Mais ne vous y trompez pas, ces images étonnantes de réalisme ont été créées de toutes pièces par l’IA Midjourney.

Il y a quelques semaines, la version IA de « La Jeune Fille à la perle » exposée dans le Mauritshuis Museum avait suscité sa part de controverse. Julian van Dieken, créateur numérique basé à Berlin, a utilisé l’outil « Midjourney », une IA capable de générer des images complexes à l’aide de millions d’images provenant d’Internet ainsi que Photoshop pour réaliser sa version d’un des chefs-d’œuvre les plus connus de l’histoire de l’art. Depuis quelques semaines, ce sont de nombreuses fausses photos de personnalités qui font le buzz sur les réseaux sociaux.

Le logiciel Midjourney a été créé en 2021 mais possède aujourd’hui aux alentours de 13 millions d’utilisateurs, selon le Washington Post. L’entreprise états-unienne se définit comme « un laboratoire de recherche indépendant explorant de nouveaux médiums de pensée et développant les pouvoirs imaginatifs de l’espèce humaine. »

Ce logiciel apprend à créer des photos à partir d’une énorme base de données, vous permettant de créer toutes sortes de situations avec n’importe quelle célébrité. En ces temps de tension sociale, ces images extrêmement réalistes sèment la confusion. Mais l’IA n’est pas parfaite et il existe plusieurs techniques pour détecter les photos générées par ce site.

Comment reconnaître ces fausses images ?

La peau est assez difficile à copier. Par conséquent, si l’intelligence artificielle se trompe dans les nuances de couleur et de contraste sur les photos qu’elle crée, les sujets peuvent donner l’impression d’être faits en plastique, comme dans un jeu vidéo ou un film de synthèse. Les détails sont souvent approximatifs. On peut retrouver régulièrement des asymétries : visage disproportionné, oreilles à des hauteurs différentes… Les dents et les cheveux sont également compliqués à imiter.

Autre partie du corps difficile à créer : les mains. Il n’est pas rare que les sujets des images créés sur Midjourney aient les phalanges inversées, des doigts aux proportions non respectées, ou encore qu’ils possèdent quatre ou six doigts ! « La main est un membre très structuré, avec de nombreuses parties bougeant séparément, et qui tolère assez peu de variations de formes », détaille François Fleuret, professeur en informatique à l’université de Genève et spécialiste en intelligence artificielle.

L’arrière-plan

Si l’IA excelle dans la création de situations, elle peine à retranscrire avec précision les arrière-plans des scènes qu’elle génère. Il n’est pas rare de voir un mur tordu ou des fenêtres mal alignées.

Et pour cause, les sites comme Dall-E n’ont pas forcément « l’intelligence » requise pour connaître les formes initiales de certains objets ou éléments de paysage. Par exemple, « quand un modèle cherche à créer une foule, il peut générer des membres ou des formes trop incongrues », indique Nabil Tayeb, cofondateur de Draft&Goal, société spécialisée en IA générative.

Des outils spécialisés

Face à l’émergence de fausses photos pouvant être porteuses d’informations erronées, plusieurs outils gratuits en ligne se sont spécialisés dans la vérification de clichés. Ils indiquent la probabilité qu’une photo soit réelle ou fabriquée par un logiciel d’IA. « Ces outils parviennent à détecter des spécificités dans l’image qui lui font dire que c’est probablement de l’IA, mais ils risquent d’être moins performants ces prochains mois », anticipe Nabil Tayeb.

D’autres outils proposent une « recherche inversée » d’une photo. Le concept est simple : le logiciel retrouve l’origine de la photo en fouillant le Web. Cependant, cette méthode n’est pas infaillible car il faut que le premier endroit ou la première publication de la photo mentionne son créateur, ce qui est loin d’être systématique.

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