La Russie a déclaré que l’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes, qui a expiré récemment, est « de facto terminé », mais qu’elle sera prête à le rétablir « immédiatement », une fois que leurs conditions seront satisfaites. (Avec AFP).
L’accord, qui permettait l’exportation des céréales via la mer Noire, a été signé en juillet 2022 et a déjà été reconduit en mars et en mai de cette année. Cependant, la Russie a officiellement refusé de le prolonger selon une notification rendue publique ce lundi 17 juillet.
Cet accord a permis le transport de près de 33 millions de tonnes de céréales destinées aux marchés mondiaux. Les prix pourront « grimper » en France faute d’une prolongation, selon le ministre de l’Agriculture sur franceinfo, qui « espère que les parties prenantes trouveront un accord ». Dans un communiqué, le Kremlin précise, également ce lundi 17 juillet, que cet accord est « de facto terminé », assurant que la Russie « reviendra immédiatement à la mise en œuvre de cet accord » quand la partie concernant la Russie sera remplie, explique Dimitri Peskov, porte-parole du Kremlin.
Des déclarations qui interviennent quelques heures après une attaque ukrainienne par drone naval qui a touché le crucial pont reliant la Russie à la péninsule de Crimée, et tué deux civils (un couple dont l’enfant a été blessée). Le porte-parole du Kremlin a toutefois assuré que la décision de non-reconduction de l’accord et l’attaque n’étaient pas « liés », expliquant qu' »avant même cette attaque, c’était la position du président Putin ».
Des exigences liées aux exportations russes
Car cet accord ne concerne pas uniquement la production en Ukraine, surnommé le « grenier à céréales » de l’Europe : Moscou veut aussi pouvoir exporter son grain et ses engrais. Or, malgré les assurances données par les Nations Unies et la Turquie depuis le tout premier accord, cette partie dudit accord n’a jamais été mise en pratique jusqu’ici.
Ce qui suscite l’irritation du Kremlin, et de Vladimir Putin en particulier, qui posait ses conditions de manière très claire la semaine dernière : « Nous pouvons suspendre nos engagements dans cet accord si tout le monde répète une fois de plus que tous les éléments qu’ils nous ont promis seront mis en œuvre. Mais s’ils les exécutent, alors immédiatement nous prolongerons cet accord une fois de plus ». En clair, la Russie exige la levée préalable des obstacles aux exportations des produits alimentaires et des engrais russes. Et aussi la réintégration au sein du système de règlements interbancaires Swift de Rosselkhozbank, la banque agricole russe.
Vladimir Putin de rappeler la réalité et critiquer l’utilisation qui est faite des céréales ukrainiennes : « Il y a 3% qui sont allés aux pays pauvres, affirme le président russe. Tout le reste a été pour l’Europe bien nourrie et prospère. Mais beaucoup de pays européens ont commencé à refuser les céréales ukrainiennes. Ce sont bien eux qui ont commencé à discriminer le grain ukrainien et pas nous. ». Les grandes expressions d’indignations du président Etats-Unien, Joe Biden, parlant de « cruauté » et « d’affamer les pays du tiers monde » de la part de la Russie en ne renouvelant pas l’accord sur les céréales ukrainiennes qui,
Didier Maréchal & Christian Estevez