La scénariste et réalisatrice, dont le travail remarquable mettait en avant des personnages féminins, est décédée ce lundi 31 juillet. Elle venait de finir le tournage de son septième long métrage intitulé « Ma Vie, ma Gueule ».
La réalisatrice Sophie Fillières est décédée à l’âge de 58 ans des suites d’une longue maladie, dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 juillet, selon l’agence artistique Ubba qui la représentait, confirmant l’information du média « Libération ». Née le 20 novembre 1964 à Paris, elle faisait partie de la première promotion de réalisateurs à la Fémis, célèbre école de cinéma parisienne, aux côtés de Noémie Lvovsky, Arnaud des Pallières et Emilie Deleuze, avec Jean-Luc Godard et Gilles Deleuze comme professeurs.
Le cinéma de Sophie Fillières était brut, avec des dialogues oscillant entre gravité et légèreté. Ses films aux titres énigmatiques tels que « Des filles et des chiens », « Grande Petite », « Aïe », « Gentille », « Un chat un chat », « Arrête ou je continue », « La Belle et la belle »… ont pu dérouter les spectateurs.
Sophie Fillières se racontait à travers ses films, ayant fait jouer sa sœur Hélène Fillières adolescente, ainsi que sa fille Agathe Bonitzer. Elle a également collaboré avec des acteurs renommés tels qu’André Dussollier, Emmanuelle Devos, Lambert Wilson, Chiara Mastroianni, Malik Zidi… Plusieurs personnalités du cinéma lui ont rendu hommage, notamment Sandrine Kimberlain, qui évoque son « talent démesuré » et se souvient de leur collaboration dès ses débuts au conservatoire.
Son septième long métrage, « Ma Vie, ma gueule », prévu pour 2024, était à peine terminé. Il dépeint la vie d’une femme (jouée par Agnès Jaoui) pour qui la vie « c’est parfois noir, parfois violent, c’est souvent absurde et ça lui fait tout drôle d’avoir… 55 ans ». Un projet de film était aussi en cours avec Fabrice Luchini. Réalisatrice, mais également actrice, Sophie Fillières joue dans le dernier film de Justine Triet, « Anatomie d’une chute », Palme d’or cette année à Cannes.
Née en 1964 à Paris, Sophie Fillières a étudié le cinéma à la Fémis avant de faire ses armes avec un premier court-métrage, « Des filles et des chiens », qui lui a valu le prix Jean-Vigo en 1992. elle y mettait en scène les toutes jeunes Hélène Fillières – sa sœur – et Sandrine Kiberlain.
Des six longs-métrages qu’elle a signés, tous sont portés par des stars du cinéma français, parfois avant leur renommée. Pour son premier film, « Grande petite » (1994), c’est Judith Godrèche qu’elle met en scène. Dans « Aïe », six ans plus tard, elle a donné vie à un triangle amoureux composé d’André Dussollier, Hélène Fillières et Emmanuelle Devos. Cette dernière avait repris du service avec « Gentille », en 2005, où elle donnait la réplique à Lambert Wilson.
Ses trois derniers films, « Un chat un chat », « Arrête ou je continue » et « La belle et la belle », ont été portés par Chiara Mastroianni, Malik Zidi, Mathieu Amalric ou encore Melvil Poupaud.
Maxime Kouadio