Dans une déclaration commune, les 23 joueuses de l’équipe d’Espagne de football qui ont remporté la coupe du monde dimanche dernier (20 août) ont fait savoir leur désaccord pour jouer sous la direction actuelle de Luis Rubiales, qui est au centre de la controverse liée à un incident de baiser forcée, et qui a choisi de ne pas démissionner. (Avec AFP).
Les joueuses espagnoles montrent leur solidarité. Les 23 joueuses de l’équipe nationale d’Espagne de football, sacrée championnes du monde dimanche dernier en Australie, ont annoncé qu’elles refusaient de rejouer pour la sélection sous la direction actuelle de la fédération. Elles soutiennent ainsi Jenni Hermoso, embrassée de force par Luis Rubiales, président de la fédération qui refuse de démissionner.
« Suite aux événements survenus ce matin et face à la perplexité du discours prononcé par le président de la Fédération Royale Espagnole de Football, Monsieur Luis Manuel Rubiales Béjar, les joueuses de l’équipe senior, récentes championnes du monde, en soutien à Jennifer Hermoso, veulent exprimer leur condamnation ferme et retentissante des comportements qui ont porté atteinte à la dignité des femmes », indique ainsi le communiqué, laissant rapidement la parole à Jenni Hermoso qui « qui nie catégoriquement avoir consenti au baiser ».
« Je tiens à préciser qu’à aucun moment je n’ai consenti au baiser qu’il m’a donné et qu’en aucun cas je n’ai cherché à m’approcher du président, explique Jenni Hermoso. Je ne tolère pas que l’on mette en doute ma parole, et encore moins que l’on invente des mots que je n’ai pas prononcés ». Au total, elles sont une cinquantaine à avoir signé ce communiqué, dont les 23 joueuses présentes lors du sacre.
« Nous voulons terminer cette déclaration en appelant à de véritables changements, à la fois sportifs et structurels, qui aideront l’équipe nationale senior à continuer à se développer, afin que nous puissions transmettre ce grand succès aux générations futures », ont déclaré les joueuses. « Après tout ce qui s’est passé pendant la Coupe du monde Féminine, nous tenons à affirmer que toutes les joueuses qui ont signé cette lettre ne reviendront pas en équipe nationale si la direction actuelle continue », concluent-elles.
La sentence est nette : les 23 joueuses refusent de revenir en sélection tant que Rubiales reste en poste. Le souci, c’est que ce dernier ne semble pas enclin à laisser son siège. Vendredi, dans un discours très commenté en Espagne, il a affirmé que le baiser était « spontané, mutuel et consenti ».
Même chose ce samedi matin, puisque la fédération elle-même a publié un communiqué très offensif contre les « mensonges » de la joueuse. « La RFEF et le président (Luis Rubiales) vont prouver chaque mensonge publié par qui que ce soit au nom de la joueuse, ou, si c’est le cas, par la joueuse elle-même »
Kevin Negalo