Les membres du parti républicain, souvent désigné sous le nom de « Grand Old Party » (GOP), ont retiré leur soutien à l’élu de l’Ohio lors d’un vote à bulletin secret ce vendredi 20 octobre. Ils ont annoncé qu’ils tiendraient une réunion lundi prochain pour choisir un nouveau candidat au poste de président de la Chambre des représentants. (Source : AFP).
Ce 20 octobre, les républicains ont retiré leur soutien à un allié de Donald Trump, Jim Jordan, membre du Congrès des Etats-Unis d’Amérique en provenance de l’Ohio, le privant ainsi du statut de candidat désigné du « Grand Old Party » (GOP) pour la présidence de cette assemblée. Cette décision plonge davantage l’institution parlementaire dans une période de crise. Les élus républicains ont exprimé leur désaveu à l’égard de M. Jordan lors d’un vote à bulletin secret, et ont annoncé qu’ils se réuniraient lundi 23 octobre pour choisir un nouveau candidat au poste de président de la Chambre des représentants.
« Nous devons nous rassembler et déterminer qui sera notre chef », a affirmé, après ce vote, Jim Jordan. Ce membre de la frange la plus conservatrice du Parti républicain et proche de Donald Trump a confirmé qu’il ne se représenterait pas. Quelques heures avant, vingt-cinq républicains avaient voté contre l’élu de l’Ohio, qui a essuyé son troisième échec en quatre jours à se faire élire au perchoir. Le poste est vacant depuis la destitution historique du républicain Kevin McCarthy, le 3 octobre, à la suite de divisions entre élus modérés du GOP et trumpistes.
Pendant presque trois semaines, la chambre basse du Congrès états-unien, censée être l’un des parlements les plus puissants au monde, a été dans l’incapacité d’examiner ou de voter sur le moindre projet de loi. Cela survient au moment où le président états-unien, Joe Biden, a récemment sollicité une importante augmentation budgétaire de plus de 105 milliards de dollars (99 milliards d’euros) pour soutenir les alliés israéliens et ukrainiens, faire face à la Chine, et répondre aux flux d’immigrants à la frontière Sud des États-Unis d’Amérique. « Nous sommes actuellement dans une situation très problématique », a reconnu Kevin McCarthy.
Jeudi déjà, des parlementaires avaient demandé à Jim Jordan d’abandonner. Et certains élus républicains avaient assuré qu’ils ne voteraient pas pour lui, même s’il persistait à se présenter. « Il est devenu clair que l’élu Jordan ne possède pas et n’obtiendra pas les votes nécessaires pour être speaker », avait notamment souligné, dans un communiqué, Tom Kean, un élu républicain du New Jersey.
C’est dans le contexte de paralysie à la Chambre et de confusion politique que Joe Biden a sollicité une augmentation budgétaire de 105 milliards de dollars le vendredi. « Nous devons débloquer la Chambre. Je m’attends à ce que le Sénat commence à travailler dès que possible sur l’enveloppe de sécurité nationale du président Biden », a déclaré à des journalistes Hakeem Jeffries, le chef du groupe parlementaire démocrate à la Chambre des représentants. « Si la Chambre n’est pas débloquée, elle va s’enliser inutilement et des vies seront mises en danger. C’est une situation grave », a-t-il martelé.
Pour sortir de la crise, M. Jeffries a appelé à trouver un « speaker » qui résulte d’un choix venant des deux bords politiques. Selon lui, Jim Jordan était un « danger pour la démocratie ». « Il y a encore des républicains raisonnables de l’autre côté de la Chambre, des hommes et des femmes qui veulent que la Chambre reprenne du service », a-t-il assuré.
Didier Maréchal