Le cinéaste iranien, Dariush Mehrjui, et sa femme, la scénariste Vahideh Mohammadifar, ont été tués par leur ex-jardinier

La justice iranienne a fourni des détails concernant les circonstances du meurtre du réalisateur Dariush Mehrjui et de son épouse, Vahideh Mohammadifar, le 15 octobre dernier. Selon les informations, le principal suspect est leur ex jardinier, et son acte serait motivé par un différend financier avec l’auteur de « La Vache ».

La semaine précédente, le ministère de l’Intérieur avait exclu toute connexion avec les assassinats de dissidents perpétrés par la police secrète en 1988.

Le drame a bouleversé le monde de la culture en Iran. Après avoir annoncé l’arrestation du meurtrier du réalisateur Dariush Mehrjui et de son épouse, la scénariste Vahideh Mohammadifar, le 15 octobre dernier, la justice locale affirme, ce lundi 23 octobre, que le motif serait financier. « Le principal suspect a travaillé comme jardinier dans la villa de M. Mehrjui « , a expliqué le chef de la justice pour la province d’Alborz, précisant que le réalisateur devait 300 millions de rials (environ 600 euros) à son ex-employé, selon ce dernier.

Le 15 octobre dernier, Dariush Mehrjui, 83 ans, et Vahideh Mohammadifar, 54 ans, ont été retrouvés par leur fille, poignardés à leur domicile de Karaj, à l’Ouest de Téhéran. Au total, quatre personnes sont impliquées dans ce meurtre, affirme la justice, sans préciser si les trois autres ont été identifiées. Elles ont pénétré dans la villa et l’ex-jardinier a frappé puis poignardé au cou Dariush Mehrjui alors qu’il regardait la télévision. Son épouse a été tuée dans sa chambre, selon la justice.

Le 18 octobre, de nombreux cinéastes iraniens, dont Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, ont assisté aux funérailles du cinéaste et de son épouse. Le même jour, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, a écarté tout « lien entre ce meurtre et les assassinats en série » d’intellectuels dissidents commis par la police secrète du pays en 1998.

Figure de la Nouvelle Vague iranienne, Dariush Mehrjui a reçu le prix du jury à la Mostra de Venise pour « La Vache », en 1971. Exilé en France après la révolution islamique de 1979, il est retourné dans son pays à la fin des années 1980 pour réaliser de nombreux films à forte connotation sociale comme « Les Locataires » et « Hamoum ».

« Je ne fais pas de films directement politiques pour promouvoir telle idéologie ou tel point de vue. Mais tout est politique », estimait-il dans un entretien à la presse iranienne peu avant sa mort. « Le cinéma est comme la poésie, qui ne peut prendre parti pour personne. L’art ne doit pas devenir un outil de propagande ».

Maxime Kouadio

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