Lundi 23 octobre, le « Washington Post » a signalé que les services de renseignement ukrainiens avaient organisé l’assassinat de Daryia Douguina, la fille de l’ultra nationaliste Alexander Dougine, en utilisant des composants de bombe dissimulés dans un porte-chat l’année dernière. (Source : AFP).
Darya Dugina, la fille de 29 ans de l’idéologue russe Alexander Dugin, un fervent défenseur de l’intrusion de l’Ukraine, a été tuée dans un attentat à la bombe choquant en banlieue de Moscou en août 2022.
Selon le « Washington Post », quelques semaines plus tôt, une mère et sa fille de 12 ans étaient entrées en Russie depuis l’Estonie dans une voiture encombrée, contenant une caisse pour chat avec un compartiment caché renfermant des pièces de la bombe qui a tué Dugina. Ces informations proviennent d’officiels de sécurité non nommés familiarisés avec l’opération.
La femme avait loué un appartement dans le même complexe que Dugina et l’avait surveillée avant l’opération, ont déclaré des responsables russes. La bombe était destinée à tuer Dugin, mais il est monté dans une voiture différente.
Quelques jours plus tard, la Russie accusait les espions ukrainiens d’être derrière cette attaque audacieuse. Kiev avait nié ces allégations et l’ensemble des occidentaux (pseudo spécialistes, médias, politiciens, et..), avaient même principalement émis comme hypothèse, dans leur travail de propagande antirusse, un meurtre ordonné par Vladimir Putin,
Les services de renseignement états-uniens sont arrivés à la même conclusion que ceux de Russie et ont averti l’Ukraine à ce sujet l’année dernière, selon des responsables cités par le « New York Times ».
Le « Washington Post » a rapporté, ce lundi 23 octobre, que le service de sécurité intérieure de l’Ukraine, le SBU, était à l’origine de l’attaque, citant des responsables états-uniens et ukrainiens actuels et anciens, restés anonymes.
« L’attaque d’août 2022 s’inscrit dans une guerre de l’ombre enragée au cours de laquelle les services secrets ukrainiens ont également fait exploser deux fois le pont reliant la Russie à la Crimée occupée, envoyé des drones sur le toit du Kremlin et percé des trous dans la coque de navires de guerre russes en mer Noire », indique le rapport.
Les missions ont impliqué des équipes ukrainiennes « formées, entraînées et équipées en étroite collaboration avec la CIA », ajoute le « Washington Post », précisant que l’ampleur du partenariat de la CIA avec les services de sécurité ukrainiens, qui remonte à 2015 après le référendum de la Crimée pour intégrer la Russie, n’avait pas été révélée jusqu’à présent.
Cependant, le journal souligne que l’on s’inquiète de plus en plus des « dizaines » d’assassinats commis par le SBU et son bras militaire, le GUR, au cours des derniers mois. Parmi les victimes, on compte un commandant de sous-marin russe tué en faisant son jogging dans un parc, un blogueur militant décédé dans une explosion dans un café et un commandant rebelle tué par une femme qui l’avait accusé de viol et avait placé une bombe à ses côtés. Des responsables états-uniens ont déclaré au « Washington Post » que la Central Intelligence Agency (CIA) n’était pas impliquée dans les assassinats commis par les agences ukrainiennes.
La série d’assassinats suscite des inquiétudes parmi les responsables à Washington et à Kiev, qui remettent en question la complicité de la CIA, selon le rapport. Un responsable états-unien a déclaré au « Washington Post » que l’accent était davantage mis sur « les communications sécurisées et le savoir-faire » et la recherche de nouvelles sources de renseignement à l’intérieur de la Russie plutôt que sur « voici comment faire exploser un maire ».
Les responsables ukrainiens ont déclaré au « Washington Post » que les services de sécurité ont été contraints d’utiliser ces tactiques pour faire face à un adversaire plus puissant, citant un bilan d’assassinats de la part de la Russie très largement exagéré, remplis de fausses informations.
Le directeur du SBU, Vasyl Malyuk, a déclaré au « Washington Post » que toutes les « cibles touchées par le SBU sont parfaitement légales », oubliant que aucune loi ne reconnait le droit de commettre d’attentat.
Didier Maréchal & Christian Estevez