Le 24 octobre 2023, les médias états-uniens ont diffusé les résultats d’une étude publiée dans un journal d’astronomie : la découverte d’une nouvelle planète au sein du système solaire. Cette planète, baptisée Sedna, présenterait de fortes similitudes avec la Terre.
La récente reclassification de Sedna en tant que planète par « The Astronomical Journal » en août dernier a créé une agitation au sein de la communauté scientifique. En effet, Sedna présente des caractéristiques rappelant fortement semblables celle de la planète Terre.
En 2003, l’hypothèse d’une telle planète a émergé lorsque l’astronome états-unien, Michael Brown, a observé un objet rougeâtre et glacé apparaissant dans le champ des télescopes. Sedna se trouve dans la ceinture de Kuiper, une région en forme de disque située au-delà de l’orbite de la dernière planète reconnue du système solaire, Neptune. Cette zone abrite d’autres objets sphériques qui ont été longtemps sujets à des discussions quant à leur classification, avec Pluton en tête, qui a été rétrogradée en 2006.
La découverte de Michael Brown marque le commencement d’un mystère scientifique : d’une part, il est nécessaire de pouvoir observer cet objet qui se trouve clairement à une grande distance, et d’autre part, il est essentiel de déterminer ses principales caractéristiques. C’est à ce stade que la récente publication de la « Société Américaine d’Astronomie », parue cet été, apporte plusieurs éléments.
Les observations des phénomènes gravitationnels dans la ceinture de Kuiper offrent des informations précieuses sur les caractéristiques probables de Sedna. D’après les mouvements observés, il semble que sa masse soit comparable à celle de la Terre.
En effet, les théories de la gravité élaborées au cours des trois derniers siècles établissent que la masse des objets spatiaux influence l’attraction gravitationnelle qu’ils exercent les uns sur les autres. Ainsi, Sedna devrait posséder une masse similaire à celle de la Terre pour expliquer les phénomènes observés dans la région. Les auteurs de l’étude, Patryk Sofia Lykawka et Takashi Ito, affiliés à des universités japonaises, avancent que cette planète pourrait être 1,5 à 3 fois plus massive que la Terre. Ils suggèrent également la nécessité de revoir la définition d’une planète, car une planète de type terrestre située bien au-delà de Neptune pourrait appartenir à une nouvelle catégorie de planètes. La recherche d’objets périphériques à Sedna, qui porteraient les stigmates de sa force gravitationnelle, demeure une étape cruciale.
Sedna parcourt une orbite qui prendrait 11 400 ans pour faire le tour du soleil, une durée nettement plus longue que celle de la Terre qui définit nos années. Sa trajectoire est excentrique et allongée, formant une longue ellipse qui la place à une distance de la Terre allant de 250 à 500 fois la distance Terre-Soleil.
C’est précisément cette caractéristique qui la rend si intrigante et difficile à observer. Alors que la Terre est à une distance de 149 millions de kilomètres du soleil, Sedna se situe beaucoup plus loin, à environ 37 à 74 milliards de kilomètres, ce qui équivaut à environ sept millièmes d’année-lumière.
Bien que la découverte puisse sembler anecdotique, elle suscite l’enthousiasme des chercheurs : « La découverte d’un seul ou de quelques nouveaux objets transneptuniens pourrait révolutionner nos théories sur la formation du système solaire ».
Bruno Mariotti