L’actrice Rona Hartner, connue pour son rôle dans le film «Gadjo Dilo » aux côtés de Romain Duris, nous a quittés ce jeudi 23 novembre à Toulon. Elle avait 50 ans.
La Franco-Roumaine Rona Hartner, lauréate du Prix d’interprétation féminine à Locarno pour le film « Gadjo Dilo » en 1997, et une chanteuse appréciée sur la scène électro-balkanique, est décédée ce jeudi 23 novembre à Toulon, dans le Sud de la France, comme l’ont annoncé le diocèse et l’un de ses amis.
«Avec une grande tristesse, nous apprenons que Rona Hartner, comédienne, chanteuse, productrice, très engagée dans le milieu artistique chrétien toulonnais nous a quittés», a écrit le diocèse de Fréjus-Toulon sur sa page Instagram. «L’évêque s’est rendu à l’hôpital où elle est décédée ce matin», a confirmé à l’AFP une porte-parole.
«Elle est décédée ce jeudi des suites d’un cancer, elle vivait à Toulon depuis une dizaine d’années, c’était quelqu’un de très joyeux», a déclaré à l’AFP Alain Vignal, un professeur d’histoire qui était l’un de ses amis.
Rona Hartner, née le 9 mars 1973 à Bucarest (Roumanie), a notamment partagé l’affiche avec l’acteur français Romain Duris dans le film « Gadjo Dilo » réalisé par Tony Gatlif en 1997. Ce long-métrage raconte l’histoire d’un Français se rendant en Roumanie à la recherche d’une chanteuse rom. Sa performance dans ce rôle lui a valu le prix d’interprétation au festival du film de Locarno, en Suisse.
Musicienne et chanteuse, Rona Hartner avait aussi collaboré avec des DJs stars de la musique électro-balkanique comme l’Allemand Shantel ou DJ Tagada («Gypsy Therapy»), ainsi qu’avec le cinéaste David Lynch pour une série de morceaux («You’re more than that»). Elle avait signé en 2015 l’album «The Balkanic Gospel», mêlant musique rom, gospel et jazz.
«C’est un déchirement pour moi, c’était quelqu’un de formidable, d’une grande générosité, dans le jeu comme dans la vie. Quand elle a gagné un prix à Locarno, elle a pris tout ce qu’il y avait à manger pour le mettre dans un sac. Les gens de Locarno étaient offusqués mais quand elle était sortie, elle avait tout donné aux pauvres. Elle était très généreuse», a raconté à l’AFP Tony Gatlif. «Pour ‘Gadjo Dilo’, j’ai vraiment cherché une actrice partout. Je voulais quelqu’un comme elle. Je n’ai jamais vu des actrices comme ça, quelqu’un qui pouvait oser jouer comme ça, mais elle n’était pas vulgaire. Elle donnait», a-t-il ajouté.
Le réalisateur lui a adressé un touchant message sur Instagram : «chaque matin je boirai un verre d’eau pour toi et quand arrive la nuit, chaque nuit, je boirai un verre de vin blanc pour toi. Tu me manques déjà. Tu as été très proche des gens, des malheureux, des mendiants, des pauvres et à chaque fois qu’on se voyait tu sortais de ta poche quelque chose que tu prenais d’un grand hôtel quand on était en tournée et tu l’offrais à un mendiant. Tu étais généreuse, on ne t’oubliera pas comme ça. Quand je passerai à côté de Sainte Rita, la patronne des pauvres, je m’arrêterai le temps qu’il faut pour penser à toi. J’embrasse tous ceux qui la connaissent et qui l’aiment.»
Rona Hartner venait de tourner dans le film d’Alexandre Arcady, «Le Petit Blond de la Casbah», sorti en salles le 15 novembre dernier. «C’était une belle et douce personne, la joie et la bonne humeur à fleur de peau», a déclaré Alexandre Arcady à l’AFP, en affirmant qu’elle sera inhumée en Roumanie. «Elle restera dans notre cœur».
Romain Duris, qui a partagé l’affiche avec elle dans «Gadjo Dilo», a posté une photo et une vidéo dans une story Instagram.
Maxime Kouadio