Une attaque au couteau et au marteau, dans le secteur du quai de Grenelle, dans le XVe arrondissement, a causé la mort d’un touriste allemand et blessé deux autres passants ce samedi 2 décembre au soir. (Source : AFP).
Un individu, répertorié comme « fiché S » pour radicalisme islamiste et affecté par des troubles psychiatriques, a agressé plusieurs personnes près de la tour Eiffel à Paris, provoquant un décès et blessant deux autres personnes. Il a été appréhendé et devrait être placé en garde à vue prochainement.
Le parquet national antiterroriste a assumé la responsabilité de cette affaire. L’assaillant, déjà connu des autorités et fiché S, était également répertorié pour ses troubles psychiatriques.
Vers 21 heures, un homme s’en est pris à un touriste allemand et philippin, entre le quai de Grenelle et Bir-Hakeim, non loin de la tour Eiffel, dans le XVe arrondissement de Paris. Touché par un coup de couteau au dos et à l’épaule, le passant a été retrouvé en arrêt cardiorespiratoire sur le pont de Bir-Hakeim, indique une source policière au journal « Le Parisien ».
Après cette première attaque, l’assaillant a alors pris la fuite, traversant le pont entre Bir-Hakeim et l’avenue du président Kennedy, de l’autre côté de la Seine. C’est alors qu’il a été poursuivi par les policiers, et a visé d’autres passants. Parmi eux, un touriste anglais, touché au niveau de l’œil par un coup de marteau. Il a été pris en charge par les pompiers. Une deuxième personne a également été blessée lors de l’attaque, mais reste seulement « choquée », a précisé le ministre Gérald Darmanin.
L’auteur de l’attaque – honteusement prénommé Armand par la police, alors que le document officiel de naturalisation montre qu’il se prénomme Iman – Rajabpour Miyandoab. a finalement été interpellé par les policiers près d’un square, à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique (taser) mobilisé deux fois, après avoir menacé les policiers d’être muni d’explosifs sous son manteau. « Ses jours ne sont pas en danger », a précisé Gérald Darmanin. L’assaillant a été placé en garde à vue ce dimanche matin.

Lors de son interpellation, il aurait menacé les forces de l’ordre avec son marteau, en criant « Allah Akbar », indique une source policière au « Parisien ». Iman R.-M., né en France et de nationalité française, était fiché S pour islamisme radical, et aurait indiqué aux forces de l’ordre qu’il ne supportait pas « que les musulmans meurent tant en Afghanistan qu’en Palestine », a détaillé le ministre Gérald Darmanin. L’homme, mécontent de ce qui se passe à Gaza, estimait que la France était « complice » des actes d’Israël, et voulait mourir en martyr.
Le jeune homme, né en 1997 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et d’origine iranienne, souffre de troubles psychiatriques pour lesquels il doit suivre un traitement psychiatrique et neurologique. Il est également connu de la justice : en 2016, il a été condamné à quatre ans de prison pour un projet d’attentat avorté, et est donc sorti en 2020. Il a été placé sous contrôle judiciaire et sous Micas, un dispositif administratif assorti de mesures comparables à celles d’un contrôle judiciaire, et visant à prévenir des actes de terrorisme, selon l’AFP. Depuis sa sortie de prison, il vit chez ses parents en Essonne, a précisé Gérald Darmanin.
Selon le journaliste spécialiste du djihadisme Wassim Nasr, Iman R.-M. avait prêté allégeance à l’État islamique dans une vidéo de près de deux minutes tournée avant son acte. Il affirmait alors agir pour « venger les musulmans ».
Peu après l’attaque, la préfecture de police a appelé à éviter la zone et à laisser les secours et les policiers intervenir. Un cordon de sécurité a été mis en place non loin de la tour Eiffel.
Dans la nuit, le chef de l’État a adressé, sur le réseau social « X » ses «condoléances à famille et aux proches du ressortissant allemand décédé » dans cette attaque ainsi que ses pensées « aux personnes actuellement blessées ». Emmanuel Macron a également remercié les «forces de secours qui ont permis d’interpeller un suspect avec célérité ».
Sur le même réseau social, la Première ministre, Élisabeth Borne, a également adressé « ses pensées » aux victimes et à leurs proches et assuré que la France ne céderait « rien face au terrorisme ».
« Je remercie les forces de police d’avoir réagi si rapidement et les pompiers de Paris comme les services de secours d’avoir immédiatement pris en charge les blessés. J’adresse toutes mes pensées aux victimes ainsi qu’à leurs familles », a de son côté réagi la maire de Paris Anne Hidalgo. Son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, a tenu à remercier les forces de l’ordre, qui sont intervenues « rapidement pour interpeller l’auteur de ces agressions ». Il a également adressé ses « pensées pour les victimes », toujours sur « X ».
À droite, le président du parti « Les Républicains », Éric Ciotti, a également affiché son soutien aux victimes, saluant les « courageux policiers qui ont interpellé l’individu qui s’en prenait à des passants ». Il a fait part de son «immense reconnaissance » pour les forces de l’ordre qui « risquent chaque jour leur vie pour nous protéger ».
Plus à droite, Jordan Bardella, du « Rassemblement National, a aussi fustigé « une attaque meurtrière aux motivations islamistes visant des touristes, au cœur de Paris ».
Au gouvernement, le ministre des Transports, Clément Beaune, a estimé que Paris était « en deuil » après cette attaque. « Pensées et solidarité pour les familles et les proches des victimes. Merci à nos forces de sécurité et de secours pour leur intervention rapide et décisive », a-t-il réagi, comme tous les autres, sur « X ».
Didier Maréchal