Éducation en France : le point sur les mesures annoncées par le ministre de l’éducation, Gabriel Attal

Les annonces visant à « améliorer le niveau global » de l’éducation en France étaient très attendues, surtout après la publication d’un classement international PISA peu favorable pour le pays Le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a présenté, ce mardi 5 décembre, dans une lettre adressée aux enseignants, un ensemble de mesures. Ces initiatives seront expliquées en détail lors d’une conférence de presse.

Le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a choisi le mardi 5 décembre pour annoncer les mesures destinées à créer le « choc des savoirs » dont il parle depuis la rentrée scolaire. Une présentation prévue quelques heures à peine après celle de la publication de l’étude Pisa pour évaluer les compétences des élèves à 15 ans par l’OCDE.

Le ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, souhaite relever le niveau des élèves français, notamment en mathématiques et en français. Pour cela, il prévoit plusieurs changements. Une nouvelle épreuve de maths et culture scientifique au baccalauréat en première sur le modèle de l’épreuve anticipée de français. Comme le pointe l’étude Pisa, publiée ce mardi 5 décembre, la France connaît une baisse « historique » du niveau de ses élèves âgés de 15 ans en mathématiques.

Changement de règles pour le redoublement

Autre réforme prévue : une plus grande importance donnée au brevet des collèges. La note obtenue aux épreuves du DNB représentera 60% du verdict final contre 50 % aujourd’hui. De plus, les élèves qui n’obtiendront pas leur brevet ne feront pas leur entrée en seconde, mais rejoindront une classe « prépa-lycée » pour consolider leur niveau et rattraper leur retard.

Gabriel Attal veut également s’attaquer au « tabou du redoublement ». Il publiera donc un décret en début d’année 2024 pour que les enseignants aient le dernier mot lorsque le redoublement est jugé indispensable. Les familles ne pourront plus s’y opposer, revenant, en fait, à l’usage qui était depuis le début de l’éducation pour tous en France, en 1882, mais qui changea sous l’idéologie de « l’enfant roi » par des parents se surestimant eux-mêmes au travers de la surestimation de leurs enfants, à partir des années 1990.

Des groupes de niveaux au collège

Le ministre insiste sur la trop forte différence de niveau des élèves au sein d’une même classe, ce qui les empêche selon lui de progresser. Dès septembre 2024, les élèves de 6e et de 5e seront répartis en trois groupes de niveaux pour le français et les mathématiques. La même organisation s’appliquera pour les classes de 4e et de 3e à partir de la rentrée de septembre 2025. Ces groupes seront « flexibles », les élèves pouvant passer d’un groupe à l’autre en fonction de leur évolution, et de « dimension adaptée » avec une quinzaine d’élèves maximum pour les plus en difficulté. Là encore, c’est tout simplement le retour à la raison qui existait encore avant que le mouvement idéologique consistant à ne pas frustrer un enfant ne devienne majoritaire en France. Tous les français qui ont été scolarisé au collège jusque dans les années 1990 ont connu ces groupes de niveau, non seulement pour le français et les mathématiques, mais aussi, pour l’anglais – matière qui n’est pas prévue par Gabriel Attal.

Par ailleurs, les élèves les plus faibles pourront bénéficier d’une scolarité aménagée avec davantage de soutien en français et mathématiques avec une réduction temporaire des cours dans d’autres disciplines.

Des programmes revus en primaire

Enfin, le ministre de l’Éducation va modifier les programmes de la maternelle au CE2 avec deux « principes » directeurs : « simplification » avec des « programmes moins volumineux » et « clarification » sur les objectifs. La France va par ailleurs « adopter progressivement ce qui est appelé « la méthode de Singapour » pour les mathématiques », appliquée «par 70 pays ». L’apprentissage de certaines notions aura lieu plus tôt dans la scolarité, comme les fractions et les nombres décimaux dès la classe de CE1.

Par ailleurs, l’Éducation nationale orientera désormais le choix des manuels scolaires à fournir aux élèves de primaire grâce à un système de label accordé à ceux dont « l’efficacité des contenus a été prouvée par la science et par la pratique ». À l’instar des modèles appliqués au Japon ou au Portugal, les « professeurs du terrain » participeront à cette labellisation.

Même si c’est « une compétence des collectivités locales », l’État financera des manuels « en lecture et mathématiques » pour tous les élèves de CP et CE1. Aujourd’hui, six élèves de CP sur dix n’ont pas de manuels, selon le ministre, qui veut « plus de manuels dans les classes ».

Reste à savoir si un allégement du programme, qui est devenu une coquille vide par rapport à ce qu’il était pour les petits élèves de France jusqu’à la fin des années 1980 – lui-même très faible par rapport à celui de leurs parents, jusqu’à la fin des années 1960 -, est vraiment une bonne chose, puisqu’il ne fera que des élèves encore plus ignorants que ceux des deux générations précédentes, qui étaient déjà très sous-cultivés en comparaison des enfants de toutes les époques antérieures – qui, en plus, n’ont jamais eu besoin de manuels pour bien apprendre le français et les mathématiques puisqu’ils avaient ce qui manque cruellement et de plus en plus dans l’Hexagone, à savoir, des enseignants eux-mêmes vraiment capables de faire correctement leur métiers.

Christian Estevez & Joseph Kouamé

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