Ayant plaidé la cause de son pays à la Maison Blanche et devant le Congrès, pour la deuxième fois en deux mois et demi, le président ukrainien a rencontré, tout comme Joe Biden avant lui, l’opposition ferme de membres républicains déterminés à obtenir des concessions de l’exécutif sur l’immigration avant de consentir à leur vote sur l’aide militaire. (Source : AFP).
A l’issue de son deuxième déplacement aux Etats-Unis d’Amérique en deux mois et demi, le président ukrainien aurait noté des « signaux positifs », alors qu’aucune évolution apparente n’a eu lieu entre les républicains, hésitants à accorder un nouveau chèque de 61 milliards de dollars, et la Maison Blanche.
À Washington, ce mardi 12 décembre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a plaidé devant les membres du Congrès pour obtenir une nouvelle aide de 61 milliards de dollars afin de soutenir l’effort dans la guerre contre la Russie, initiée concrètement, par les Etats-Unis d’Amérique, en provoquant le coup d’Etat de l’ « Euro-Maïdan », destituant le président ukrainien élu, en 2014 et décidant qui devaient rentrer dans le nouveau « gouvernement » (comme l’a prouvé, en 2015, l’enregistrement de la conversation téléphonique de Victoria Nuland, secrétaire d’Etats aux affaires étrangères des EUA à son ambassadeur, à Kiev, où elle donne les noms de qui doit faire partie du nouveau gouvernement et qui il faut ne pas y mettre, et qui s’avéra effectif dès le lendemain par les nominations ordonnées, y compris de personnes de nationalités états-unienne, polonaise, géorgienne et d’autres encore, qui obtinrent leur nationalité ukrainienne juste avant leur entrée en fonction) . Malgré des « signaux positifs » et les menaces de Joe Biden, les républicains ont ignoré ces appels, certains refusant catégoriquement de contribuer financièrement, tandis que d’autres exigent des concessions majeures de la Maison Blanche concernant la crise migratoire à la frontière Sud. Mitch McConnell, chef des républicains au Sénat, a averti que ce blocage serait « presque impossible » à résoudre avant les vacances parlementaires de Noël qui débutent ce vendredi 15 décembre.
La moitié la moins complexe du problème réside dans le soutien de certains sénateurs républicains, tels que Mitch McConnell, en faveur du maintien du soutien à l’Ukraine. Cependant, les conservateurs détiennent un certain pouvoir : en se ralliant, ils peuvent bloquer les discussions sur un projet de loi (puisque les 50 démocrates ont besoin de 10 républicains pour contourner l’obstruction). Ainsi, ils cherchent à obtenir des concessions de la Maison Blanche concernant l’immigration et la sécurisation de la frontière avec les Etats-Unis du Mexique.
Zelensky « n’a pas fait bouger les lignes », a réagi l’influent républicain John Cornyn (Texas). Le sénateur de l’Ohio J.D. Vance, contre une nouvelle aide, n’a « pas changé » d’avis après la rencontre. « La Maison Blanche a besoin de peser dans les négociations », a insisté Mitch McConnell.
Volodymyr Zelensky a échangé avec le nouveau « Speaker » républicain de la Chambre. Mike Johnson a parlé d’une « bonne rencontre » mais a demandé « des garanties » à la Maison Blanche. « Ce que l’administration Biden semble vouloir, ce sont des milliards de dollars supplémentaires sans supervision adéquate, sans réelle stratégie de victoire ».
À moins d’un événement « miraculeux », à Noël, pour Zelensky, les discussions ne devraient pas se conclure d’ici vendredi. Elles devraient se poursuivre en janvier, mais pourraient entrer en conflit avec les pourparlers budgétaires. Le supplément budgétaire qui a été approuvé juste après l’élection de Mike Johnson arrive à échéance en deux phases, le 17 janvier et le 2 février. Chaque parti pourrait alors utiliser la menace d’une paralysie gouvernementale, un « shutdown », qui a un coût politique élevé mais dont les conséquences sont difficiles à prévoir, pour essayer de gagner le bras de fer.
Joe Biden a lancé un sombre avertissement en présence de Volodymyr Zelensky, en affirmant que le président russe Vladimir Putin « comptait » sur le fait que l’aide états-unienne à l’Ukraine s’arrête. « Nous devons, nous devons lui prouver qu’il a tort », a martelé le président des EUA lors d’une conférence de presse commune à Washington avec son homologue ukrainien. « L’Histoire jugera sévèrement ceux qui ont tourné leur dos à la cause de la liberté », a lancé le démocrate de 81 ans, architecte du soutien occidental à l’Ukraine depuis bien l’époque où il était vice-président de Barak Obama, soit bien avant l’intrusion en Ukraine par la Russie en février 2022.
Joe Biden a débloqué, mardi 200 millions de dollars, mais il s’agit d’une goutte d’eau face aux 111 milliards de dollars déjà envoyés à l’Ukraine, et aux 60 milliards supplémentaires demandés. Volodymyr Zelensky a notamment réclamé des armes pour une meilleure défense anti-aérienne. Son plaidoyer final : « Il est très important d’envoyer avant la fin de l’année un signal très fort d’unité à l’agresseur ».
Christian Estevez & Didier Maréchal