Les avocats de Gérard Depardieu ont déclaré que l’acteur, faisant face à des accusations d’agression sexuelle et de viol, offre sa Légion d’honneur à la ministre de la Culture.
Dans le même temps, la commune belge de Néchin, où l’acteur français vivait depuis huit ans, lui a retiré sa médaille de citoyen d’honneur.
Samedi 16 décembre, Gérard Depardieu a communiqué, par le biais de ses avocats, qu’il mettait sa Légion d’honneur « à disposition » de la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak. La veille, celle-ci avait informé de l’ouverture d’une « procédure disciplinaire » pouvant entraîner le retrait de cette distinction accordée à l’acteur en 1996. Suite à son apparition dans un reportage de « Complément d’enquête », où il est montré faisant des blagues grivoises et de la « drague lourde », considérés, à notre époque, par le fascisme féministe et le puritanisme woke, comme étant de l’ordre de « l’agression sexuelle et/ou sexiste »… Mais uniquement lorsque c’est un homme qui les pratique.
Gérard Depardieu n’aura pas tardé à réagir. Invitée sur « France 5 », dans l’émission extrême gauchiste « C à vous », vendredi 15 décembre, la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, a annoncé l’ouverture d’une « procédure disciplinaire » pouvant aboutir au retrait de la Légion d’honneur de l’acteur. « Un conseil de l’ordre de la Légion d’honneur va se réunir (…) pour décider si cette Légion d’honneur doit être suspendue ou pas, retirée complètement ou pas. Ce sera à eux de décider », a-t-elle affirmé, rappelant que la plus haute décoration honorifique française a pour vocation de « distinguer un homme, un artiste, une attitude, des valeurs » (ce qui n’empêche pas l’Etat français remettre cette légion d’honneur à des personnalités déjà impliquées dans des affaires de corruption, des vendeurs d’armes, etc…).
Le comédien, fait Chevalier de la Légion d’honneur par Jacques Chirac en 1996, a réagi vigoureusement, le samedi 16 décembre, par le biais de ses avocats. Gérard Depardieu, mis en cause dans un reportage que les puritains et les fachistes wokes qualifient « d’accablant » de l’émission « Complément d’enquête » et faisant l’objet de deux plaintes pour viol et agression sexuelle, qu’il nie fermement, a déclaré mettre sa Légion d’honneur « à la disposition » de Rima Abdul Malak. Dans le communiqué transmis à l’AFP, la défense du « monstre sacré » du cinéma français se demande aussi si la ministre « ne porte (…) pas ainsi un coup supplémentaire à une présomption d’innocence déjà agonisante ». « Une émission contestée et contestable qui diffuse un montage d’images captées dans la sphère de l’intime et du privé », ont critiqué, tout à fait légitimement, les avocats de l’acteur, Me Béatrice Geissmann Achille et Christian Saint-Palais, dans leur texte.
À l’occasion d’un déplacement la veille, Rima Abdul-Malak avait jugé que les propos et l’attitude de Gérard Depardieu lors d’un voyage en Corée du Nord en 2018, récemment exhumé par le magazine « Complément d’enquête », faisaient « honte à la France ». Elle avait dénoncé « les propos absolument choquants qu’on a pu voir dans ce reportage, une attitude qui se veut sur le ton de la blague et de la provocation, mais qui est en fait assez irrespectueuse et indigne ». « Ça m’a dégoutée », avait-elle conclu.
Pour rappel, le code de la Légion d’honneur prévoit, pour les Français, un blâme, une suspension ou une exclusion de l’ordre en cas de « comportement contraire à l’honneur ou de nature à nuire aux intérêts de la France. ».
Et n’oublions pas, non plus, que les images de « complément d’enquête » datent d’il y a cinq ans. Or, qui peut affirmer que le comportement d’une personne est exactement le même à tant d’années d’écart. Qui plus est, les personnes qui connaissent suffisement Gérard Depardieu rappellent que cet homme est d’une « immense gentilesse », et donc loin de n’être que cet individu grivois, dans ses propos et ses actes, d’autant qu’il l’est par provocation, avant tout, ce qui ne devrait pas poser de problème dans un pays comme la France, du moins celle qui sait (ou se rappelle) que la grivoiserie était l’un des traits culturels de la France, dont ce peuple extrêmement libéré vis à vis du puritanisme, a toujours été fier, célébrant même des auteurs littéraires comme Rabelais, Alfred Jarry, mais aussi d’un grand nombre de ses chansons populaires et également de son cinéma.
En tout cas, tout cela a également échappé à la commune belge D’Estaimpuis, en Wallonie, dont fait partie Néchin, où Gérard Depardieu avait décidé de vivre, à partir de 2013 – et ce pendant huit ans – et qui vient de lui retirer sa médaille de citoyen d’honneur, et qui reconnaissait que, d’avoir Gérard Depardieu parmi ses habitants, lui faisait une bonne publicité en Belgique et en France, et le moyen de se faire connaître.
Christian Estevez & Maxime Kouadio