La cérémonie des Golden Globes 2024 de ce dimanche 7 janvier a été dominée par le triomphe d' »Oppenheimer » les prix « en toc » de « Barbie », tandis que le film français « Anatomie d’une Chute » a été honoré de deux trophées.
Le film biographique de Christopher Nolan « Oppenheimer » a remporté cinq trophées dont la récompense reine de « meilleur drame ». « Barbie » se contente du « prix du box-office ». La Française Justine Triet repart avec deux statuettes.
Il n’y a pas eu match entre les films « Barbie » et « Oppenheimer » (les deux gros succès salles de l’année 2023, sortis le même jour au cinéma). Aux Golden Globes de Los Angeles, le film biographique de Christopher Nolan a reçu un soutien massif, bien que la pseudo-comédie de Greta Gerwig sur la poupée gonflante « Barbie » ait obtenu dix nominations. Ce dernier a tout de même décroché deux prix moins importants : « meilleur blockbuster » et « chanson originale ».
Le palmarès a été complètement atomisé par « Oppenheimer » de Christopher Nolan. Le portrait du tourmenté créateur de la bombe atomique s’adjuge cinq statuettes, dont les plus prestigieuses: « meilleur film dramatique », « meilleur réalisateur », « meilleure musique », « meilleur acteur » pour Cillian Murphy dans la peau du physicien et « meilleur second rôle homme » pour son ennemi juré campé par Robert Downey Jr. Ému, Christopher Nolan a eu une pensée, sur le podium, pour le défunt Heath Ledger qu’il avait dirigé dans « Batman: The Dark Knight ». «La dernière fois que je suis monté sur cette scène, c’était pour recevoir en son nom son trophée. Ce fut un moment compliqué pour moi. Ce soir-là, je me rappelle avoir croisé le regard plein de compassion et d’amour de Robert Downey Jr. C’est le même regard qu’il pose sur moi aujourd’hui», a souligné le cinéaste, qualifié de «visionnaire à la rigueur sans égale» par sa star Cillian Murphy.
Contre toute attente, les trois cents critiques internationaux et états-uniens, membres de l’organisation des « Golden Globes » ont choisi une approche concentrée pour les récompenses plutôt que de les répartir. « Oppenheimer » est clairement le grand gagnant de la soirée, marquée par plusieurs doublés qui mettent en avant les favoris de cette saison des prix. Il reste à voir si les autres cérémonies majeures avant les « Oscars », telles que les « SAG » et les « PGA Awards », suivront cette trajectoire directe ou offriront des surprises (« Barbie » ayant plus de chances de recevoir des « Oscars » du fait que, depuis plusieurs années, l’organisation de la plus renommée de toutes les cérémonies du cinéma mondial soit totalement dévoré par l’idéologie « woke », dont le féminisme est l’un des les des dogmes « fer de lance », Greta Gerwig comme réalisatrice et Margot Robbie comme actrice principale et productrice de « Barbie » ayant fait de ce film un pur produit de propagande du féminisme et de son essence misandre).
Barbie boudée
« Barbie », justement, un autre favori de la soirée, a été laissé de côté par le jury. Les votants ayant préféré un autre film féministe mais bien moins binaire et infiniment plus créatif, « Pauvres Créatures », déjà distingué par le Lion d’Or à la Mostra de Venise (dont une ovation du public, debout, a duré 10 minutes à l’issue de la projection), pour le titre de meilleure comédie.
Dans la même veine, c’est Emma Stone, incarnant un « monstre de Frankenstein version femme » dans ce film fantasque et fantastique, qui a été désignée « meilleure actrice », reléguant ainsi Margot Robbie, l’interprète de la poupée blonde, à la seconde place. Malgré neuf nominations, la fausse satire féministe de Greta Gerwig, où « Barbie » découvre la soi-disant « misogynie du monde réel », n’a obtenu que deux récompenses secondaires : le nouveau Golden Globe du « meilleur succès commercial » (donc, pas un prix reconnaissant une quelconque qualité artistique ni technique) – logiquement décerné suite à son triomphe au box-office l’an dernier – et celui de la « meilleure chanson » (prix à mettre, donc, au crédit de son interprète, la chanteuse mondialement célébrée Billie Ellish).
« Anatomie » d’une surprise
« Barbie » a également été devancée pour le prix du « meilleur scénario » par le film français « Anatomie d’une Chute « , qui a doublé la mise en raflant le titre de « meilleur film en langue étrangère ». De quoi confirmer l’attrait universel de la dernière Palme d’Or cannoise qui continue son envolée vers les sommets de la reconnaissance internationale grâce à ses, déjà, quatorze récompenses dans le cadre de neuf festivals internationaux de cinéma – ce qui lui a ouvert l’accès aux salles de cinéma de cinquante pays, actuellement.
Émue, sa réalisatrice, Justine Triet, a raconté sa surprise de voir son long-métrage, qui raconte le procès d’une écrivaine accusée du meurtre de son mari et dissèque la dégringolade de leur couple, tant apprécié. Pendant l’écriture avec son compagnon Arthur Harari, « nous n’arrêtions pas de nous dire que nous nous amusions beaucoup, mais que personne n’irait voir ce film », a-t-elle expliqué. Selon elle, le long-métrage « traite de la vérité et de l’impossibilité de la cerner. » (soit absolument tout l’opposé du message d’ultra-militantisme de « Barbie »).
Ce double succès risque de susciter des regrets en France, car « Anatomie d’une Chute » ne pourra pas prétendre à l’ « Oscar du meilleur film international ». Il a été snobé pour représenter l’Hexagone au profit de la « Passion de Dodin Bouffant », une romance historique entre deux gastronomes.
Lily Gladstone, meilleure actrice
Parmi les autres têtes d’affiche, Lily Gladstone a remporté le « prix de la meilleure actrice dans un film dramatique », pour son rôle d’e native ‘autochtone américaine (couramment appelée à tort « amérindienne » – les « amérindiens étant un mot inventé par les occidentaux pour ne pas avoir à vraiment reconnaitre que Christophe Colomb n’a pas trouvé les Indes et qui permet, en plus, en mettant « indien dans le mot, de faciliter l’idée que, s’ils sont « indiens », ils ne sont pas, finalement, les seuls vrais « américains) confrontée à l’avidité capitaliste et à une série de meurtres dans sa tribu, dans la fresque historique de Scorsese « Killers of the Flower Moon ». « C’est une victoire historique, elle n’appartient pas qu’à moi », a souligné la comédienne américaine.
Côté télévision, « Succession », chronique des luttes de pouvoir au sein d’une famille à la tête d’un empire médiatique, a dominé, avec le « prix de la meilleure série dramatique » et des récompenses pour ses acteurs Kieran Culkin, Sarah Snook et Matthew Macfadyen, faisant aussi bien que le record historique de « The X files ».
La série « The Bear », qui plonge dans l’arrière-cuisine d’un restaurant de Chicago, a, elle, dominé les catégories comédies. Enfin la production américano-coréenne « Acharnés » a remporté le « prix de la meilleure mini-série ».
Palmarès cinéma des Golden Globes
Meilleur film dramatique: Oppenheimer de Christopher Nolan
Meilleure comédie ou comédie musicale: Pauvres Créatures de Yorgos Lanthimos
Meilleur acteur dans un film dramatique: Cillian Murphy, Oppenheimer
Meilleure actrice dans un film dramatique: Lily Gladstone, Killers of the Flower Moon
Meilleur acteur dans une comédie: Paul Giamatti, Winter Break
Meilleure actrice dans une comédie: Emma Stone, Pauvres Créatures
Meilleur acteur dans un second rôle: Robert Downey Jr, Oppenheimer
Meilleure actrice dans un second rôle: Da’vine Joy Randolph, Winter Break
Meilleur réalisateur: Christopher Nolan, Oppenheimer
Meilleur film en langue étrangère: Anatomie d’une Chute de Justine Triet
Meilleur film d’animation: Le Garçon et le Héron de Hayao Miyazaki
Meilleur scénario: Anatomie d’une Chute, écrit par Justine Triet et Arthur Harari
Meilleure chanson originale : What Was I Made For? Barbie, composée par Billie Eilish O’Connell et Finneas O’Connell
Meilleure bande-originale : Ludwig Göransson, Oppenheimer
Meilleurs résultats au box-office : Barbie (Warner Bros)
Maxime Kouadio & Christian Estevez