Positionnée à l’extrême gauche, Sandrine Rousseau n’anticipait probablement pas de critiques provenant de l’aile encore plus à gauche sur son militantisme féministe.
Les critiques sont arrivées lorsque Emmanuel Macron a formé un gouvernement d’inspiration sarkozyste, dépourvu d’aile gauche et, selon la députée « écologiste » d’extrême-gauche Sandrine Rousseau, caractérisé par l’absence totale de femmes sur des ministères régaliens, comme elle l’a souligné le 11 janvier dernier.
« On est bien là, à la fraîche, décontractés de la grande cause [du premier quinquennat]. #Remaniement », persifle-Sandrine Rousseau. En effet : dans le gouvernement de Gabriel Attal, on trouve Le Maire à l’économie, Darmanin à l’Intérieur, Dupond-Moretti à la Justice et Séjourné aux Affaires étrangères. Mais, pour d’autres féministes, réclamer ce type de prébendes, c’est encore se tromper de cause.
C’est ainsi le cas d’une sociologue française, émigrée aux États-Unis d’Amérique pour enseigner la criminologie : Gwénola Ricordeau. Sur ce même réseau « X », voilà donc qu’elle pique Sandrine Rousseau. « Ce féminisme qui veut plus de femmes ministres, de policières, de matonnes, de patronnes, bref qui veut sa part du gâteau dans l’exploitation capitaliste et raciste, c’est exactement ce qu’il faut combattre », lâche celle qui a dirigé l’ouvrage « 1312 raisons d’abolir la police » (Lux, 2023). Et d’achever avec un sens de la mesure certain : «C’est la gangrène. »
Didier Maréchal