La vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, a annoncé que le gouvernement fédéral envisageait de prolonger de deux ans l’interdiction actuelle d’achat de logements canadiens par des étrangers.
Le gouvernement fédéral du Canada envisage d’interdire, pour deux ans de plus, l »achat de bien immobilier canadien par des étrangers. Cette interdiction vise à éviter que les investisseurs étrangers ne s’accaparent le marché immobilier, alors que le Canada connaît une pénurie de logements. En 2021, ces investisseurs étrangers représentaient entre 2 et 7 % des propriétaires de logements du pays.
« En prolongeant l’interdiction d’investissement étranger, nous veillerons à ce que les logements servent de domicile aux familles canadiennes et à ce qu’ils ne deviennent pas des actifs financiers spéculatifs », a expliqué Chrystia Freeland, vice-première ministre canadienne. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau reproche en effet aux investisseurs étrangers d’avoir tiré les prix vers le haut, en particulier dans les grandes villes.
Pendant des années, des biens immobiliers résidentiels ont été achetés au Canada avec des fonds provenant de l’étranger. Cette situation a eu pour effet d’accroître les préoccupations liées au coût du logement partout au pays, et en particulier dans les grands centres urbains. Elle a également alimenté les préoccupations liées au fait que les Canadiens sont exclus du marché du logement dans de grandes et petites villes partout au pays en raison des prix élevés.
Afin d’utiliser tous les moyens possibles pour rendre le logement plus abordable au Canada, l’interdiction d’achat de logements canadiens par des étrangers, dont l’expiration est actuellement prévue pour le 1er janvier 2025, sera prolongée jusqu’au 1er janvier 2027. Les entreprises commerciales étrangères et les personnes qui ne sont pas citoyennes canadiennes ou résidentes permanentes continueront de se voir interdire l’acquisition de propriétés résidentielles au Canada.
L’interdiction d’achat de logements canadiens par des étrangers – et sa prolongation de deux ans – n’est qu’une des mesures du plan économique du gouvernement fédéral visant à rendre le logement plus abordable au Canada. Le gouvernement fédéral prend des mesures audacieuses et collabore avec tous les ordres de gouvernement pour construire plus de logements, plus rapidement, et ramener l’accession à la propriété à la portée d’un plus grand nombre de personnes.
À noter que mi-janvier dernier, le Canada a également annoncé la mise en place d’un plafond concernant les visas accordés à des étudiants étrangers, dont le nombre a explosé ces dernières années, ce qui a contribué à aggraver la crise du logement, selon le gouvernement. Sur le marché locatif, le nombre de logements disponibles à la location n’a jamais été aussi bas depuis 1988, ce qui a fait monter les prix des loyers.
La France connaît actuellement une situation quasi-similaire. Dans l’Hexagone, le marché locatif est en forte tension, notamment en raison des difficultés des candidats à l’achat d’accéder au crédit immobilier, dont les taux d’intérêts ont flambé ces derniers mois. « Contraints de renoncer à leur projet d’achat, de nombreux primo-accédants ne libèrent (…) pas leur location », explique le site « SeLoger ».
Selon cette même source, les offres de location auraient baissé de 36 % en deux ans. À Paris, la chute est encore plus fulgurante, avec -74 % sur trois ans, et même -50 % sur un an. Avec cette baisse de l’offre, les prix ont augmenté d’en moyenne +3,5 % sur l’ensemble de la France en 2023.
Didier Maréchal