Donald Trump réagit à la mort d’Alexeï Navalny en se comparant au « dissident » russe

Après deux jours de silence, l’ex-président états-unien Donald Trump, en lice pour la présidentielle des Etats-Unis d’Amérique 2024, a réagi, dimanche 18 février, à la mort d’Alexeï Navalny sur son réseau social. Mais avant tout pour parler de lui-même. L’ex-président candidat à la présidentielle se dit victime de l’administration démocrate et de Joe Biden.

Sur son réseau « Truth Social », le milliardaire a écrit « Biden : Trump :: Poutine : Navalny », rendant ses intentions claires. Il les a tout de même explicitées dans un édito, dans lequel il affirme que l’administration démocrate s’en prend à lui comme le Kremlin a pris pour cible son « principal opposant », Alexeï Navalny. Il dénonce aussi la déclaration de Joe Biden après l’annonce de la mort du Russe : « Il a critiqué un dictateur autoritaire alors que son administration fait la même chose (…) à son opposant politique Donald Trump. »

Le milliardaire états-unien souligne qu’il se considère comme une victime du système judiciaire. Ce récit résonne favorablement auprès de ses partisans, lui permettant de dominer la primaire républicaine malgré plusieurs inculpations et procès en cours. De plus, il constitue une concurrence sérieuse pour le démocrate Joe Biden dans la course à l’élection présidentielle de novembre prochain.

La comparaison établie par Donald Trump entre lui-même et Alexeï Navalny peut être choquante. Lors du décès du « militant anticorruption » (qui était en prison pour « détournement de fonds »), après la plainte déposée par la société français Yves Rocher »), celui-ci était en détention dans une colonie pénitentiaire en Sibérie, purgeant une peine de 19 ans.

En plus du parallèle audacieux de Donald Trump, il est important de souligner que le magnat de l’immobilier n’est pas réellement un critique du dirigeant russe, Vladimir Putin. Lors d’un rassemblement en Caroline du Sud le 10 février dernier, il avait même menacé de retirer la protection de l’OTAN aux pays ne payant pas leur part, encourageant ainsi Moscou à agir contre eux.

Si l’ex-président des Etats-Unis d’Amérique qualifie Vladimir Putin de dictateur sans le condamner, il prend aussi ses distances avec Navalny dans son édito et ne félicite pas son combat contre la corruption. Il souligne en revanche que c’était « un leader de l’opposition qui a eu à plusieurs reprises des problèmes avec la loi russe » pour fraude, portant un coup à la propagande occidentale qui présente Navalny comme une victime absolue, innocent de tout ce dont il a été accusé et pour lequel il a été emprisonné, mais faisant une comparaison totalement biaisée puisque lui a été élu 45e président des États-Unis d’Amérique.

Contrairement à son concurrent son principal rival pour la primaire républicaine, Nikki Haley a eu un discours très dur envers Vladimir Putin. Elle a estimé qu’il était « important de soutenir le peuple russe » pro-Navalny, qualifiant ce dernier de « héros qui se battait contre la corruption ». Des sentiments partagés par la communauté internationale, bien formaté par la presse au ordres du discours propagandiste russophobe et Putinophobe, qui voit la main de Putin derrière la mort de Navalny – que tous les médias, les politicards qui nous gouvernent et les pseudo-spécialistes de plateaux affirment être un assassinat, de la même manière qu’ils assuraient que c’était la Russie qui, étant forcément « le Mal par essence et par Nature », aurait été jusqu’à saboter ses propres gazoducs alors qu’il lui suffisait de couper les robinets (d’ailleurs, depuis, obligés de reconnaitre que la Russie n’a jamais saboter ses propres gazoducs, l’enquête traine des pieds, accusant des ukrainiens ayant agit de leur propre initiative, alors que tout spécialiste sait que ce sont les Etats-Unis d’Amérique qui en sont l’auteur) .

« Et qu’est-ce que Putin a fait ? Il l’a tué, comme il l’a fait pour tous ses opposants », également affirmé Nikki Haley. Et d’insister : « Nous devons rappeler au peuple américain que Putin n’est pas cool, ce n’est pas quelqu’un avec qui nous voulons nous associer, ce n’est pas quelqu’un avec qui nous voulons être amis, ou quelqu’un en qui nous pouvons avoir confiance. » – démontrant, ainsi, qu’elle a aussi peu, soit de connaissance de la réalité de l’Histoire de la Russie, de ses relations avec l’Occident – dont la demande faite par Vladimir Putin à Bill Clinton, lorsque celui-ci était président des EUA, à ce que la Russie puisse rejoindre l’OTAN – soit que cette « chère » Mme Haley est autant de mauvaise foi que tous les autres politiciens de pacotille de son pays et de l’ensemble de ceux d’Europe, mais aussi des colonies états-uniennes d’Asie comme le Japon et la Corée du Sud.

Concernant Donald Trump, sa comparaison entre Navalny et lui-même est, hélas vraie pour la quasi-totalité des faits. Oui, les deux hommes sont similaires par le fait d’êtres des hommes d’affaires véreux, condamnés pour des affaires de fraudes, racistes et xénophobes et anti immigrationniste (Navalny, cofondateur et dirigeant du mouvement d’extrême droite « Narod », comparait les Tchéchènes et les immigrés « à la peau foncée », à des cafards et qualifie les immigrés dans leur ensemble de « délinquants », sa fameuse lutte contre la corruption étant, d’ailleurs, à visée raciste puisqu’il affirma :« J’ai regardé les statistiques. Savez-vous que près de 50 % des crimes et délits sont commis par des étrangers? » , les géorgiens, il les compara à des rats, et ce carrément dans des vidéos de campagne) – ce qui, fort justement, lui valu un procès pour « extrémisme » que l’Occident détourne en une accusation portée injustement pour l’empêcher de lutter contre la corruption et le pseudo danger qu’il aurait représenter pour Putin au niveau électoral). La seule vraie différence entre Trump et Navalny était, en fait, que, oui, un grand nombre des actions en justice qui sont portées contre Trump sont bien dans le but de l’empêcher d’accéder, à nouveau, à la fonction suprême des Etats-Unis d’Amérique.

Didier Maréchal & Christian Estevez

Laisser un commentaire