Guerre contre la Russie : selon un sondage, 76 % des Français s’opposent à l’envoi de troupes en Ukraine – les femmes et les jeunes étant les plus favorables

La suggestion d’Emmanuel Macron d’envoyer des troupes occidentales en Ukraine en réponse à l’offensive russe a été fortement contestée. Selon un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, une grande majorité des Français (76 %) s’oppose fermement à cette idée. Ce qui est alarmant, c’est qu’un quart des français sont pour…

Mais, le détail par catégories socio-professionnelles, tranches d’âge, opinion politique permettent de comprendre le pourquoi de ces résultats grâce à la sociologie – et c’est ce que nous avons fait, dans le présent article, qui démonte la croyance en une gent féminine et une jeunesses toujours plus pacifistes que les « méchants mâles virilistes de plus de 50 ans ».

Lors du récent sommet réunissant vingt dirigeants mondiaux en soutien à l’Ukraine, le président français, Emmanuel Macron, n’a pas écarté la possibilité d’une intervention militaire occidentale. Cependant, l’OTAN, le chancelier allemand Olaf Scholz et la plupart des dirigeants européens ont tempéré cette option, assurant qu’aucune troupe ne serait déployée.

La prudence exprimée par les dirigeants européens semble refléter l’opinion des citoyens français. Selon une enquête du CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, une majorité notable de 76 % des Français s’oppose à l’envoi de troupes françaises en Ukraine, tandis que seulement 23 % y sont favorables. Un modeste 1 % reste indécis, démontrant un consensus national marqué contre une implication militaire de la France dans la situation ukrainienne.

Une analyse approfondie de ce sondage révèle des variations significatives en fonction du genre des personnes interrogées. Les femmes se montrent légèrement plus favorables à l’envoi de troupes que les hommes, avec respectivement 24 % contre 22 % (clairement, malgré l’exigence du féminisme pour la parité homme-femme au nom de l’égalité entre les deux sexes, elles continuent de considérer que ce sont aux hommes d’aller faire la guerre. Et, comme elles font de moins en moins d’enfants, elles sont de moins en moins à craindre de voir leurs fils se faire tuer). Sur le plan professionnel, les catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) expriment un soutien de 26 % (là aussi, le fait que ceux que l’on appellent à notre époque les CSP+ correspondent à la partie qui a toujours été exemptée de faire la guerre sur le terrain, particulièrement dans l’infanterie, et donc se savent à l’abri d’un envoi sur le front, en première ligne), tandis que les inactifs sont les moins favorables, avec un taux de 21 %.

En fonction de la tranche d’âge, les moins de 35 ans se révèlent plus favorables à cette idée, avec un taux de 28 % en faveur, notamment chez les 18-24 ans, où il atteint 29 % (cette tranche d’âge n’ayant même jamais été contraint d’aller faire son service militaire, ces jeunes n’ont qu’une vision idéologique d’une guerre et non pas de sa réalité macabre). En revanche, seulement 14 % des personnes âgées de 50 à 64 ans soutiennent cette action (là encore, cela peut facilement se comprendre du fait que c’est dans cette tranche d’âge que se trouve les français qui ont été fait leur service militaire et qui se sont retrouvés envoyés dans les conflits armés comme la guerre du Liban, ou qui ont vu leurs pères, oncles et frères aînés mourir dans le cadre des guerres d’indépendances en Algérie et en Indochine, particulièrement).

Les divergences politiques se manifestent clairement dans les opinions sur le déploiement de soldats français en Ukraine. Les affiliés de gauche montrent une plus grande ouverture, avec 32 % en faveur de cette mesure, tandis que ce pourcentage descend à 17 % parmi les sympathisants de droite. Les partisans de La France insoumise se distinguent avec 37 % en faveur de l’intervention. Les partisans du Parti socialiste et d’Europe Écologie-Les Verts soutiennent respectivement l’intervention à hauteur de 34 % et 22 %. A rappeler que ce sont les mêmes qui affirment le plus leur haine de ce qu’ils ont appelé le « virilisme », qui affirment vouloir un monde à tel point sans violence qu’une partie croissante d’entre eux songent à comment faire des félins des herbivores et étendre la « paix » et la « non violence » à la planète entière, y compris pour toute les espèces animales. Enfin, historiquement, la gauche s’est toujours affirmée, jusqu’à il n’y a que quelques années, la partie du spectre politique le plus contre la guerre.

En contraste, les électeurs du Rassemblement National expriment une forte opposition à cette idée, avec 84 % s’opposant à l’envoi de troupes, dépassant de huit points la réticence observée chez les partisans de ceux du parti « Les Républicains » (ce qui se comprend également très aisément puisque l’électorat et les sympathisant du RN sont très majoritairement issus des classes les plus pauvres, donc, celles que l’on envoi d’office à la boucherie dans toutes les guerres depuis environ 2 000 ans), tandis que « Les Républicains » est un parti presqu’exclusivement constitué des bourgeois de droite, qui ont toujours réussi à éviter la conscription ou que l’on met à des postes de gradés que l’on envoie pas au feu), . En ce qui concerne les adhérents de Renaissance, le parti du président, 30 % d’entre eux soutiennent l’idée d’un déploiement militaire français en Ukraine (le parti présidentiel étant économiquement de droite et idéologiquement de gauche, tendance extrême gauche, on comprend ce résultat en reprenant tout simplement les explications socio-économiques indiquées pour les catégories précédentes et qui permet, également, de comprendre pourquoi le président Macron est à ce point pour la guerre, lui qui, idéologiquement de l’extrême gauche woke sur le plan sociétal, est de l’élite économique français et n’ayant même pas fait un seul jour de service militaire).

Ces données témoignent d’une prudence significative des Français à l’égard d’une implication militaire en Ukraine. Plusieurs facteurs expliquent cette réticence. Tout d’abord, l’envoi de troupes dans un conflit en cours pourrait rapidement dégénérer en un affrontement direct avec la Russie, constituant un risque géopolitique majeur. De plus, la crainte des répercussions économiques et sécuritaires d’un tel engagement est prégnante, surtout dans le contexte de l’instabilité internationale actuelle.

Par ailleurs, une appréhension historique et culturelle de la guerre en Europe, notamment en France, où les conséquences des conflits mondiaux persistent dans la mémoire collective, contribue à cette réticence. La perspective d’une nouvelle confrontation armée sur le continent suscite une alerte, favorisant une approche diplomatique plutôt que militaire. Ainsi, ce sondage illustre une population française majoritairement encline à la prudence et à la recherche de solutions pacifiques.

Joseph Kouamé & Christian Estevez

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