Le Parquet national financier a lancé une enquête sur des allégations de « prise illégale d’intérêts » et « détournement de fonds publics » liés au déplacement controversé de la maire de Paris, Anne Hidalgo. (Avec « Le Figaro »).
Anne Hidalgo, la maire de Paris et candidate aux élections présidentielles de 2022 pour le parti socialiste, qui s’est effondrée avec moins de 2% des voix, affirme être « calme et confiante ». Ce mardi après-midi, une perquisition a lieu à l’Hôtel de Ville de Paris concernant le déplacement controversé d’Anne Hidalgo à Tahiti en novembre 2023, selon des sources judiciaires, confirmant les informations du journal « Le Monde ». Cette action fait partie de l’enquête ouverte par le Parquet national financier (PNF) en novembre, portant sur des allégations de « prise illégale d’intérêts » et « détournement de fonds publics ».
59.500 euros de frais de voyage
En novembre, le parquet de Paris a été saisi d’une plainte par l’association anticorruption « AC ! », laquelle a été transmise au Parquet national financier (PNF). Plusieurs signalements d’élus du conseil de Paris et de la région Île-de-France ont également été pris en compte. L’association « AC !! Anti-Corruption » a déposé une plainte contre X pour détournement de fonds publics, remettant en question le « but affiché » du déplacement de l’édile parisienne à Tahiti en octobre 2023. Officiellement, l’objectif était de « vérifier les installations de surf dans le cadre des JO 2024 » prévus du 26 juillet au 11 août prochain.
L’association accuse la maire de Paris d’en avoir «profité pour rendre visite à sa fille, qui vit sur une île proche de Tahiti». Elle était accompagnée de deux adjoints mais aussi de son conjoint, souligne la plainte. «Immédiatement se pose la question de savoir qui a payé le déplacement». Selon la Ville de Paris, les frais de transport de la délégation parisienne, composée de six personnes (trois élus et trois collaborateurs) se sont élevés à 40.955 euros, et les frais d’hébergement et de restauration à 18.545 euros.
Mélange des genres
En réaction à cette perquisition, la Ville de Paris a tenu à faire savoir, dans un communiqué, qu’elle avait «d’ores et déjà produit volontairement les justificatifs» et qu’elle se tenait «à la disposition de la justice afin de permettre la manifestation de la vérité dans le cadre de cette enquête.» En novembre dernier, elle avait déjà expliqué avoir fourni tous les éléments nécessaires permettant «de démontrer une accusation sans le moindre fondement». En novembre, la commission de la déontologie de la Ville de Paris avait qualifié le déplacement de «régulier sur le plan déontologique»: «La Ville de Paris n’a pas financé sur des fonds publics l’activité personnelle et privée de la maire de Paris et n’a pas subi de préjudice».
Ce déplacement de trois semaines en Nouvelle-Calédonie puis en Polynésie française, d’abord professionnel puis privé, avait été critiqué par l’opposition de droite, fustigeant le bilan carbone et le coût du voyage. Une fois Anne Hidalgo de retour à Paris, l’affaire avait ensuite suscité un large écho médiatique, devenant le «Tahiti Gate». La maire socialiste était accusée de mélange des genres.
Joseph Kouamé