ONU : l’adhésion de la Palestine totalement rejetée par les Etats-Unis d’Amérique

Ce jeudi 18 avril, les États-Unis d’Amérique ont mis un terme au souhait des Palestiniens d’une adhésion complète à l’ONU en mettant, comme attendu, leur veto au Conseil de sécurité. Cette revendication était vivement contestée par leur allié israélien, notamment en pleine guerre à Gaza. (Source : AFP).

Début avril, les Palestiniens ont réitéré leur demande de devenir membres à part entière des Nations Unies. Ce jeudi, les États-Unis ont opposé leur veto à cette requête.

Le projet de résolution, préparé par l’Algérie, demandait à « l’Assemblée générale que l’État de Palestine soit admis comme membre des Nations Unies ». Mais dès le début, l’initiative était vouée à l’échec en raison de l’opposition des États-Unis d’Amérique, qui disposent d’un droit de veto au Conseil.

En effet, l’admission d’un État à l’ONU doit d’abord recevoir une recommandation positive du Conseil, nécessitant au moins 9 voix sur 15 en faveur, sans veto d’un membre permanent, puis être approuvée par l’Assemblée générale à la majorité des deux tiers. Selon les informations fournies par l’Autorité palestinienne, 137 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent unilatéralement un État palestinien.

Une tentative similaire avait été entreprise en septembre 2011 par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, demandant « l’adhésion de l’État de Palestine à l’ONU », mais elle n’avait pas abouti face à l’opposition états-unienne. Les Palestiniens avaient finalement obtenu, en novembre 2012, le statut de « d’État non-membre observateur » lors d’un vote de l’Assemblée générale. Ils ont renouvelé leur demande pour devenir membres à part entière début avril, soulignant la situation à Gaza. Les États-Unis d’Amérique ont réitéré ces dernières semaines que leur position n’avait « pas changé » depuis 2011. Ils estiment que l’ONU n’est pas le forum approprié pour la reconnaissance d’un État palestinien, qui devrait résulter, selon eux, d’un accord entre Israël et les Palestiniens. Ils soulignent également que la législation états-unienne exigerait la suspension de leur financement à l’ONU en cas d’adhésion palestinienne en dehors d’un tel accord bilatéral.

Le dernier veto à l’adhésion d’un Etat à l’ONU date de 1976, quand les états-uniens avaient bloqué l’entrée du Vietnam. Les Israéliens ont dénoncé avec virulence l’initiative palestinienne, fustigeant le simple fait que le Conseil l’examine. Et son rejet ne les a pas satisfaits, leur ambassadeur à l’ONU, Gilad Erdan, dénonçant les pays l’ayant soutenue.

« Parler à ce Conseil est comme parler à un mur », a-t-il lancé, estimant que ces voix favorables allaient encourager les Palestiniens à ne pas revenir à la table des négociations et « rendre la paix presque impossible». Le gouvernement israélien actuel s’oppose à la solution à deux Etats, défendue par une très grande majorité de la communauté internationale, dont les Etats-Unis d’Amérique.

Dans ce contexte, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a peint devant le Conseil de Sécurité un tableau effrayant de la situation au Moyen-Orient « au bord du précipice ». « Une erreur de calcul, une mauvaise communication, une méprise, pourrait conduire à l’impensable, un conflit régional généralisé qui serait dévastateur pour tous ceux concernés, et pour le reste du monde », a-t-il alerté. Quant à Gaza, « six mois et demi d’opérations militaires israéliennes ont créé un enfer humanitaire », a-t-il affirmé.

Joseph Kouamé

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