Carla Bruni, l’ancienne mannequin/chanteuse et épouse de Nicolas Sarkozy, a été convoquée pour être interrogée dans le cadre de l’enquête sur la rétractation, en 2020, de l’intermédiaire Ziad Takieddine, ce jeudi 2 mai 2024. Takieddine accuse l’ancien président français d’avoir financé sa campagne de 2007 avec des fonds libyens.
La femme de Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, est entendue, aujourd’hui, dans les locaux de l’Office Central de Lutte Contre la Corruption et les Infractions Financières et Fiscales (OCLCIFF).
Ce jeudi 2 mai 2024 au matin, la chanteuse et mannequin Carla Bruni-Sarkozy est interrogée par les enquêteurs dans le cadre de l’information judiciaire concernant la rétractation de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Celui-ci accuse Nicolas Sarkozy d’avoir financé sa campagne présidentielle de 2007 avec des fonds libyens, selon des informations de l’Agence France-Presse provenant d’une source proche du dossier, confirmées par une source judiciaire.
Déjà entendue comme témoin dans cette information judiciaire en juin 2023, Carla Bruni-Sarkozy est cette fois interrogée en audition libre de personne mise en cause par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre (Région Parisienne), indique l’AFP.
L’ancien chef de l’État a été mis en examen dans ce dossier début octobre dernier, pour recel de subornation de témoin et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’escroqueries au jugement en bande organisée.
Des messages supprimés
D’après des éléments de l’enquête, Carla Bruni-Sarkozy avait d’abord été entendue comme témoin simple notamment car « Mimi » Marchand – de son vrai nom Michèle Marchand -, figure de la presse « people » -, également mise en cause dans le dossier, avait argué de rencontres avec son amie épouse de Nicolas Sarkozy pour justifier de déplacements au domicile du chef de l’État à des moments-clés de l’opération.
Mais selon une source proche du dossier, le juge d’instruction s’est depuis interrogé sur divers éléments à charge, et notamment sur une «volonté de dissimulation » de Carla Bruni alors que tous ses messages échangés avec Michèle Marchand auraient été supprimés le 5 juin 2021, jour de la mise en examen de cette dernière.
L’ex-mannequin est donc soupçonnée d’avoir joué a minima un rôle de point de contact dans ce dossier entre différents protagonistes. Des auditions ont été réalisées ces derniers mois dans son entourage, a indiqué à l’AFP une autre source proche du dossier.
Volte-face de Ziad Takieddine
L’affaire a explosé en novembre 2020 lorsque Ziad Takieddine, principal témoin à charge contre Nicolas Sarkozy depuis 2012, avait opéré une spectaculaire volte-face sur BFMTV et Paris Match en déclarant que l’ex-chef de l’État n’avait « pas touché un centime, cash ou pas cash, pour l’élection présidentielle » 2007 de la part du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi. En fuite au Liban, pour échapper à sa condamnation dans « l’affaire Karachi », Ziad Takieddine était revenu sur ses propos deux mois plus tard devant les magistrats instructeurs.
Le PNF a ouvert, en mai 2021, une information judiciaire sur ces faits, avant une première vague d’interpellations le mois suivant, qui a notamment concerné la « reine des paparazzis ».
Dans ce dossier, ce sont désormais onze protagonistes, en comptant Carla Bruni, qui sont soupçonnés d’avoir œuvré, à des moments et degrés divers, dans cette opération qui aurait principalement visé à tromper la Justice française. Parmi les mis en cause, outre Nicolas Sarkozy, Michèle Marchand, l’intermédiaire Noël Dubus, déjà condamné pour escroquerie, le puissant chef d’entreprise David Layani, etc. Les poursuites contre le financier Pierre Reynaud, mort en mai 2023, sont éteintes.
Didier Maréchal