Joost Klein cartonne sur Spotify depuis qu’il a été exclu de l’Eurovision pour intimidation sur une membre de l’équipe technique. Sa chanson « Europapa » est d’ailleurs le seul morceau de la compétition à intégrer ce classement.
La chanson « Europapa » du candidat néerlandais Joost Klein, a dépassé les 2,5 millions d’écoutes sur la plateforme de streaming alors que « The code », celle de Nemo, qui a remporté la compétition musicale pour la Suisse, n’y figure même pas, rapporte « BFMTV ».
Exclu samedi de la finale de l’Eurovision après avoir eu un début de geste violent et un comportement agressif envers une « camerawoman » de l’équipe technique de l’organisation, Joost Klein n’a pas pu interpréter son morceau sur la scène de Malmö. Mais l’artiste néerlandais a malgré tout rencontré le succès sur Spotify en s’imposant dans le Top 50 mondial, a constaté BFMTV ce dimanche 12 mai, sur la plateforme d’écoute de musique en ligne.
Avec 2,57 millions d’écoutes, « Europapa » a gagné 93 places. Actuellement à la 38e position, entre un titre du dernier album de Taylor Swift et une chanson de Kendrick Lamar sur Drake, « Europapa » est le seul morceau de l’Eurovision dans le top 50 monde de Spotify. La chanson « The Code », du gagnant Nemo, n’a, elle, pas encore intégré le top (ce qui est logique quand on l’écoute, et étant donné que ce chanteur n’a remporté la compétition que grâce aux vote des pro-LGBT, puisque celui-ci s’affirme « non-binaire » (une maladie mentale pour certains mais devenue une revendication politique et idéologique pour d’autres, depuis, qui consiste à être convaincu que l’on est ni un homme ni une femme).
Dans « Europapa », Joost Klein salue la mémoire de son père mort d’un cancer en 2010. « Je voulais rendre hommage à la façon dont mon papa m’a élevé. J’ai fait ce morceau pour l’enfant à l’intérieur de moi, pour montrer qu’on peut tenir le coup, même quand tout craint », a-t-il confié la semaine dernière au média français « 20 minutes ». Mais il faudrait être profondément naïf pour croire que ce succès soudain de la chanson est dû à la qualité de sa mélodie ou de ses paroles, même de son thème. Joost Klein n’a commencé à être très écouté qu’une fois éliminé de l’Eurovision, les uns voulant savoir ce que valait cette chanson dont ils n’auraient jamais rien eu à faire si le chanteur n’avait été éliminé (ce qui n’était jamais arrivé de toute l’histoire de la compétition), les autres en guise de soutient puisque la raison de son exclusion n’était pas encore connue et que, de l’avis général, celle-ci avait eu lieu à cause de son comportement antisémite à l’encontre de toute la délégation israélienne, et tout particulièrement de sa chanteuse, Eden Golan. De fait, comme toute cette compétition de l’Eurovision, qui est devenue, depuis plus de vingt ans, un concours où l’on vote avant tout pour des raisons idéologiques et/ou de géopolitique, a atteint son paroxysme dans le « vote communautaire et politique » avec cette édition 2024, autant les résultats du concours lui-même (y compris pour la 5ème place de la chanteuse Eden Golan qui représentait Israël), mais aussi la place acquise par Joost Klein dans le Top 50 mondial de spotify, ne sont que le fait de motivations militantes et non pas mélomanes.
« Un mouvement menaçant »
Joost Klein a été disqualifié samedi 11 mai pour avoir fait un « mouvement menaçant » vers une cadreuse, a expliqué le diffuseur néerlandais Avrotros. Le candidat ne souhaitait pas être filmé quand il a adressé ce « mouvement menaçant » en direction de la cadreuse. « Joost n’a pas touché la cadreuse », insiste le communiqué de l’organisation néerlandaise de l’Eurovision.
« Plusieurs solutions » ont été proposées à l’Union européenne de radiodiffusion (UER), qui a « néanmoins décidé de disqualifier Joost Klein », a regretté Avrotros, qualifiant la sanction de « très lourde et disproportionnée ». L’UER, qui chapeaute le concours, a justifié sa décision par l’ouverture d’une enquête par la police suédoise.
Maxime Kouadio & Christian Estevez