Le gouvernement italien a désapprouvé l’appel du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, demandant aux alliés de lever les restrictions sur l’utilisation d’armes fournies par l’Occident pour cibler des objectifs en Russie.
Jens Stoltenberg a suggéré qu’il était temps pour les alliés de réexaminer les restrictions sur l’utilisation des armes fournies à l’Ukraine pour cibler des objectifs en Russie. Cette déclaration a suscité la colère du gouvernement italien, avec le vice-Premier ministre Matteo Salvini en première ligne de la critique. « [Jens] Stoltenberg devrait soit revenir sur sa déclaration, soit s’excuser, soit démissionner », a déclaré M. Salvini, qui a déjà été critiqué pour sa « position pro-russe ». « L’OTAN ne peut pas nous forcer à tuer en Russie, et personne ne peut nous obliger à envoyer des soldats italiens se battre ou mourir en Ukraine », a déclaré le leader de la Ligue (ID). « S’ils veulent aller se battre en Ukraine, que [Jens] Stoltenberg, Emmanuel Macron et tous les pilotes qui veulent la guerre y aillent », a déclaré M. Salvini.
Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, s’est montré quant à lui plus mesuré, critiquant la méthode de M. Stoltenberg consistant à annoncer des décisions que les États membres n’avaient pas encore prises collectivement : « Nous faisons partie intégrante de l’OTAN, mais chaque décision doit être prise collectivement ».
Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, s’est fait l’écho de ce sentiment, déclarant qu’il était « mauvais d’accroître la tension » dans une situation déjà « dramatique ». Tout en réaffirmant son soutien à l’Ukraine, M. Crosetto a souligné la nécessité de « laisser ouverte la possibilité de négocier une trêve immédiate et d’entamer des pourparlers de paix dans les mois à venir ».
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a également réagi dimanche (26 mai) aux propos de Jens Stoltenberg, exprimant sa confusion quant à sa déclaration. « Je ne comprends pas pourquoi [Jens] Stoltenberg a tenu de tels propos », a déclaré Mme Meloni. « Je suis d’accord pour dire que l’OTAN doit rester ferme et ne montrer aucun signe de faiblesse. Il y a eu beaucoup de déclarations douteuses, y compris de la part [d’Emmanuel] Macron. Je recommande une plus grande prudence », a-t-elle ajouté.
Didier Maréchal