Musique : interview Judith Hill – 30 mai 2024 « New Morning » (Paris – France)

Ce 30 mai 2024, nous avons eu la chance et le plaisir immense de, non seulement, couvrir le concert de la très talentueuse chanteuse états-unienne, Judith Hill, dernière protégée du grandissime Prince, mais aussi de pouvoir l’interviewer pour vous.

Quatre ans!… Cela faisait quatre ans que nous devions faire une couverture presse d’un concert de Judith Hill dans le cadre de sa tournée européenne (bien plus courte que celle de cette année), Tout d’abord prévue dans la célèbre salle parisienne du « New Morning », un contretemps ne l’avait pas permis et nous nous étions alors entendu avec la chargée de production pour le concert londonien 2 jours plus tard. Mais, un courriel non arrivé à temps l’a empêché également. On suivit des échanges de courriels pour d’éventuelles dates en Suisse et aux Pays-Bas, mais les agendas n’arrivaient pas à se correspondre, notre emploi du temps, à cette époque, étant chargé de couvertures presse environ 5 jours sur 7 à travers toute l’Europe.

Et puis il y a eu ce 30 mai 2024 (il y a quatre jours donc), où nous avons enfin pu couvrir un concert de la très talentueuse Judith Hill, mais aussi l’interviewer. Cette interview, il était prévu de vous la proposer en vidéo, comme annoncé hier (2 juin), mais, ayant été tournée sur la scène-même, après le concert, tandis que du monde parlait à proximité et que la musique d’ambiance était très forte, les propos ne sont pas bien audibles, même après avoir essayé de corriger le son avec plusieurs logiciels. C’est donc dans une version écrite que nous vous proposons à présent ladite interview de celle qui fut la dernière protégée du gigantesque artiste qu’était Prince.

Christian Estevez : Et nous sommes avec Judith Hill, la grande Judith Hill.

Bonsoir Judith!

Judith Hill : Bonsoir!

C.E. : Comment allez-vous ?

J.H. : Je vais très bien.

C.E. : On peut indiquer aux gens que vous avez donné votre concert ici ce soir au “New Morning”. Et ce concert, qu’est-ce que vous en avez pensé ?

J.H. : C’était vraiment génial d’être ici. C’est l’une de mes scènes préférées. Partager l’énergie des gens est vraiment spécial.

C.E. : Cela fait quatre ans que vous venez pour un concert unique en France, ici, au “New Morning”. Pensez pouvoir faire une longue tournée en France à l’avenir ? Parce que vous avez tellement de fans en France.

J.H. : Oh oui, j’espère bien. J’adore toujours venir en France. Donc, chaque opportunité de voyager est importante pour moi.

C.E. : Vous êtes donc en tournée pour votre nouvel album : “Letters from a Black Widow”, sorti le 26 avril dernier.

Combien de concerts avez-vous donnés pour cet album pour l’instant ?

J.H. : Je n’ai pas compté mais environ une quinzaine, déjà, pour l’Europe. Nous avons été ravis de partager l’énergie du public.

C.E. : Vous êtiez hier en Belgique, avant-hier à Amsterdam. Et le prochain concert est prévu à…?

J.H. : De nouveau au Pays-Bas, à Rotterdam, demain soir.

C.E. : quelles sont tes dates en Europe après ce concert à Rotterdam ?

J.H. : On a d’autres concerts cette semaine en Autriche, puis on va aller en Turquie, en Espagne la semaine prochaine. On a beaucoup d’autres concerts en Europe pendant encore quelques semaines. Après, retour aux États-Unis avant de revenir en Europe pour beaucoup d’autres concerts jusqu’à la fin de l’année.

C.E. : Et puis retour en France pour un nouveau concert? En fait, je veux juste que tu reviennes ici.

J.H. : Ce serait génial.

C.E. : Je pense que ce qui est spécial dans ta carrière en Europe, c’est qu’on ne trouve pas, on ne trouve pas en France ni même dans beaucoup d’autres pays. On doit les commander au Royaume-Uni, principalement.

Tu le savais ? Tu savais qu’on ne trouve pas tes cd’s dans les commerces ici?

J.H. : Je ne le savais pas. Non.

C.E. : Et ce depuis le premier et jusqu’à celui-ci (sauf les exemplaires vynils que vous avez amené pour les proposer à la vente pour vos fans, ce soir). C’est pourquoi, à chaque fois que tu viens en Europe,

je m’étonne que les albums ne soient pas disponibles matériellement, en cd’s, dans chaque pays, mais tu as quand même un grand succès. Je pense donc que tu as de très nombreux fans. De très nombreux fans en Europe.

Et penses-tu qu’on peut espérer qu’un jour ton prochain album soit disponible dans ce pays ?

J.H. : Oui, franchement.

C.E. : Justement, parlons de votre album. Pourriez-vous expliquer ce titre “Lettres de la Veuve Noire (“Letters from a black Widow” – ndr), et comment vous est venue l’idée de l’écrire ?

J.H. : Oui, c’est une œuvre qui est née de ma confrontation avec d’autres émotions.

mais je ne suis pas cette œuvre qui me semblait très puissante en l’affrontant et en la surmontant. C’était donc une œuvre vraiment puissante.

C.E. : Est-ce un album concept ? Avez-vous choisi l’ordre des chansons avec précision ?

J.H. : Oui, j’ai choisi l’ordre en fonction du flux d’énergie ou de la façon d’emmener les gens dans un voyage énergétique pour les faire vibrer parfaitement, les faire réfléchir et ressentir des émotions, les porter vers l’espoir.

C.E. : Quelle chanson préférez-vous ?

J.H. : C’est difficile. Je ne sais pas. Je les aime toutes.

C.E. : Y en a-t-il une, quand tu l’as écrit et composé la musique pour laquelle tu t’es dit “Oui, celle-là est à part”, une qui te touche plus que les autres, “Celle-ci est peut-être plus spécial que les autres” ?

J.H. : Il n’y en a pas. à certaines en concerts qui sont spéciales pour moi comme “Black Widow”… Mais ça change selon les ambiances pour moi.

C.E. : On perçoit encore beaucoup l’influence de Prince.

Et tu penses que tu es juste…

J.H. : On peut juste le “lire” comme ça. Pour faire de la musique comme ça, ou il y a une sorte d’hommage à Prince pour… Ouais, c’est drôle, je n’y crois vraiment pas.

J’essaie d’écrire comme…Est-ce que j’écris juste ce que je pense ?

Et peut-être quelqu’un qui aime la musique funk…

Je pense que les gens sont toujours touchés à l’écouter. Même quand ils ont dû vraiment prendre la musique funk dans sa forme et l’adapter à tous ces genres.

J’adore faire ça. J’ai grandi avec tellement de nouveaux styles de musique. J’aime donc m’exprimer pleinement. J’aime pouvoir faire du blues, de la soul, et tout ça.

C.E. : C‘est votre cinquième album et il y aune grande différence entre les quatre premiers

et celui-ci. On le sent, il y a un changement. Peut-être dans votre esprit, dans votre vie.

Pour moi, c’est une vraie différence entre les quatre premiers et celui-ci.

J.H. : Oui, je veux dire, je pense qu’avec cet album, je me suis vraiment permise de m’ouvrir et d’être vulnérable. Et je ne pensais pas tellement à “oh, cette chanson va passer à la radio” ou quoi que ce soit. Je voulais juste écrire davantage comme un album conceptuel qui me permettrait de partir en voyage, un voyage personnel.

C.E. : Je comprends oui. Et, de voyage, vous êtes maintenant en tournée et on voit que vous avez une énergie débordante. Et pensez-vous qu’on peut espérer -tous vos fans, moi y compris -, que vous sortiez bientôt un album concert?

J.H. : Oh, c’est une bonne idée!

Oui, je pense. Ouais, ce serait génial.

C.E. : Et peut-être en live avec une vidéo ou un DVD…

Pour parler précisement du concert de ce soir, tu es vraiment ce que l’on appelle une “guitar hero”. Tu es vraiment un grand guitariste! Et tu n’as pas beaucoup joué de piano ce soir, alors que tu en joue tout aussi bien. Est-ce pareil à chaque concert ?

J.H. : Un peu différent, mais oui, c’est comme une nouvelle musique qui était plus intéressante. Mais j’aime les deux. Je pense que ce sont deux expressions différentes.

C.E. : Et qu’est-ce que tu t’étais préparée dans ta tête pour cette tournée et pour faire ce concert pour retrouver tes fans, ton public en Europe ?

J.H. : Oui, j’ai toujours l’impression que c’est vraiment spécial de pouvoir communiquer avec le public parce qu’ils ont tellement d’émotions différentes qu’ils partagent avec moi.

C.E. : Et après ça, vous avez votre tournée aux États-Unis d’Amérique?

J.H. : Oui. on va retourner aux États-Unis et faire plus de dates.

C.E. : C’est une grande différence concernant le public et aussi la façon de le rencontrer?

J.H. : Parfois, ça dépend. Les États-Unis sont un pays très compartimenté mais il y a parfois des festivals de blues où l’ambiance est plus blues ou jazz.

Mais notre musique englobe les États-Unis, différentes régions, comme le “Middle America” qui est différent de New York ou Chicago.Donc c’est un peu différent.

C.E. : Oui, mais c’est un grand pays. Chaque État est comme chaque pays d’Europe, en fait.

Pour conclure, il est écrit sur ta page Wikipédia

que tu parles aussi espagnol et français.

J.H. : Pas très bien, non. Je veux dire, je peux comprendre juste un peu.

C.E. : Oui, tu peux comprendre.

Alors, si je te dis que “tu es un artiste extraordinaire et que je te souhaite la plus grande carrière, la plus magnifique possible, tu comprends ?” (en français)

J.H. : (rires) Non, désolé, pas vraiment.

C.E. : En espagnol, peut-être?

J.H. : Peut-être (rires)

(même phrase en espagnol qu’en français)

J.H. : Je cromprends mieux. Merci beaucoup!

C.E. : Merci beaucoup pour ton temps.Tu es une grande artiste! Merci pour ce grand, grand concert!

Merci pour ton talent, ta gentillesse, ta joie.

J.H. : Merci beaucoup!

Interview réalisée le 30 mai 2024 au “New Morning” (Paris – France), trente minutes après la fin du concert.

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