Équateur : l’Assemblée présente ses excuses pour les propos « inappropriés » du président Noboa à l’égard des dirigeants de plusieurs pays d’Amérique Latine

L’Assemblée de l’Équateur a approuvé une résolution rejetant et condamnant les déclarations explosives de son président de la République, Daniel Noboa, à l’égard des dirigeants du Salvador, de la Colombie, du Chili et de l’Argentine, publiées en début de semaine par le magazine états-unien « The New Yorker ».

« Ces déclarations nuisent gravement à l’image internationale de l’Équateur et aux relations bilatérales avec ces pays, des déclarations qui ne représentent pas le sentiment des Équatoriens », précise le texte approuvé par 86 députés sur 125 présents. De plus, les députés ont exhorté le président Noboa à « s’abstenir de formuler des opinions personnelles et à agir avec prudence et responsabilité, en maintenant des relations internationales harmonieuses et respectueuses ».

Le législatif a décidé de présenter des « excuses publiques » aux présidents du Salvador, de la Colombie, de l’Argentine et du Chili, ainsi qu’à leurs citoyens, pour ce qu’il a considéré comme des déclarations « inopportunes, inappropriées, inconvenantes et malheureuses ». Le Plénum a autorisé le président de l’Assemblée, Henry Kronfle, à envoyer des communications individuelles contenant ces excuses aux dirigeants mentionnés.

Qu’a dit Noboa à propos des présidents ?

Le président équatorien a qualifié le président du Salvador, Nayib Bukele, d’“arrogant”.

À propos du président de l’Argentine, Javier Milei, le président équatorien a dit qu’il le trouvait “prétentieux”.

Concernant le président de la Colombie, Gustavo Petro, Noboa l’a qualifié de “snob gauchiste”.

Quant au président du Chili, Gabriel Boric, il a indiqué qu’il “semble être bien”, mais que ses alliés d’extrême gauche l’ont paralysé.

Sorties de leur contexte ?

La secrétaire à la Communication, Irene Vélez, a déclaré au journal « El Universo » d’Équateur que les déclarations de Noboa “étaient faites sur un ton informel et privé” avec le journaliste qui l’a interviewé et que ses appréciations ont été sorties de leur contexte, bien qu’elle ne les ait pas niées.

Vélez a précisé que les propos tenus à « The New Yorker » étaient le fruit d’une “invitation” faite par le gouvernement, des mois auparavant, et a insisté sur le fait que les déclarations de Noboa n’affecteront pas les relations avec les autres pays.

Quant à la ministre des Affaires étrangères de l’Équateur, Gabriela Sommerfeld, elle a insisté, mercredi, sur la station locale Radio Centro » que l’article de « The New Yorker » incluait des citations “sorties de leur contexte” et a informé qu’elle avait parlé, mardi, avec les ministres des Affaires étrangères des pays mentionnés dans le texte. Selon elle, la publication avait pour objectif de “causer des dommages et de rompre les relations”.

« CNN » a demandé des commentaires aux bureaux des présidents mentionnés par Noboa dans l’article et est en attente de réponse.

Joseph Kouamé

Laisser un commentaire