Quelles sont les conclusions du premier sondage post-second tour des législatives pour l’élection présidentielle de 2027 en France ?

L’inattendue issue du scrutin, où la coalition de gauche du « Nouveau Front populaire » a devancé le camp présidentiel « Ensemble » et le « Rassemblement national » ce dimanche 7 juillet, même s’il a été possible par des magouilles de la part de Macron pour s’assurer de ne pas être obligé de cohabiter avec le RN, redéfinit les rapports de force entre les futurs prétendants à l’Élysée.

Une enquête exclusive d’ « Harris Interactive-Toluna » publiée ce lundi 8 juillet pour RTL, M6 et Challenges a testé les candidats possibles à la prochaine élection présidentielle au soir du second tour des législatives. À moins de trois ans de la prochaine élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est confronté à une réelle menace avec l’éventuelle candidature de Raphaël Glucksmann

Au lendemain du second tour des législatives, aucun groupe politique ne semble en mesure de gouverner seul. Malgré son importante représentation parlementaire avec 182 sièges et sa revendication de la victoire, la gauche unie au sein du pseudo « Nouveau Front populaire » (NFP) reste éloignée de la majorité absolue. Elle doit partager le paysage politique avec le camp présidentiel, le Rassemblement national ainsi que leurs alliés. Cette configuration illustre la confirmation de la tripolarisation de la vie politique, un phénomène qui se reflète dans les intentions de vote en vue de la prochaine élection présidentielle. Ces conclusions émanent d’un sondage « Harris Interactive-Toluna » pour Challenges, RTL et M6, dont les résultats ont été rendus publics ce lundi 8 juillet, basé sur une enquête démarrée immédiatement après l’annonce des résultats du second tour des élections législatives.

Lors des élections parlementaires, qui se sont tenues le 30 juin et le 7 juillet dans 577 circonscriptions, les candidats s’affrontent localement. En revanche, lors de l’élection présidentielle, qui se déroule à l’échelle nationale, les deux candidats ayant obtenu le plus de voix au premier tour passent au second tour. Le vainqueur de ce dernier devient le président de la République en obtenant la majorité des voix.

Peu importent les hypothèses testées, qui doivent être prises avec beaucoup de précaution, c’est Marine Le Pen qui arriverait en tête du premier tour, en récoltant entre 31 et 32% d’intentions de vote. Reléguées, grâce à un « magouillage des alliances », en troisième force au Palais Bourbon alors qu’elles sont largement premières en ce qui concerne les élus par partis politiques,, les troupes nationalistes, qui affichent leur amertume depuis ce dimanche soir, peuvent se rassurer : leur niveau à la présidentielle serait quasiment dans la même fourchette que celui obtenu aux européennes (31,37%). Autre élément encourageant pour la députée du Pas-de-Calais, 90% des 13,3 millions de Français qu’elle avait rassemblés en 2022 lui resteraient fidèles cinq ans plus tard.

Glucksmann ou Faure pour le PS

Poursuivant le clivage avec le parti à la flamme, les deux candidats testés pour incarner le bloc central – Édouard Philippe et Gabriel Attal – se qualifieraient au second tour. L’ancien premier ministre, qui dissimule à peine ses ambitions pour 2027, oscillerait entre 22 et 24% des voix. Un léger décrochage lié à la présence possible du socialiste Raphaël Glucksmann sur la ligne de départ, venant mordre sur l’électorat centriste. Son successeur, qui a été réélu dimanche dans les Hauts-de-Seine, est donné un cran en dessous, entre 20 et 23% des suffrages.

Mais le mystère plane sur le troisième homme. Tout dépend du candidat socialiste. Dans le cas où Olivier Faure représente le Parti socialiste (5-6%), Jean-Luc Mélenchon pourrait garder ce titre obtenu à la dernière présidentielle avec 16 à 17% des voix. À l’inverse, le fondateur du parti d’extrême-gauche antisémite et fasciste « La France Insoumise » serait sérieusement menacé face à Raphaël Glucksmann. Crédité de 14%, l’eurodéputé « PS-Place Publique » talonnerait son concurrent insoumis, estimé un petit point au-dessus. À gauche loin du podium, le communiste Fabien Roussel, qui vient de perdre son siège dans le Nord, est évalué entre 3 et 5% selon les scénarii. La patronne des « Verts », Marine Tondelier, elle,, est jaugée entre 3 et 4%. À noter qu’aucun scénario n’envisage un candidat commun à toute la gauche, comme ce fut le cas avec le « NFP » aux législatives – ce qui est logique puisque cette union a été constituée pour pouvoir prendre un maximum de sièges à l’Assemblée Nationale de façon fictive, étant donné que les quatre partis s’étant unis ont des visions et des politiques non seulement différentes, mais carrément très opposées sur bon nombre de points.

Du côté de la droite, ses représentants sont donnés à un faible étiage. Élu député LR de Haute-Loire ce 7 juillet, Laurent Wauquiez obtiendrait 5% des suffrages. Juste au-dessus du score de Valérie Pécresse au présidentielles de 2022 (4,78%). Malgré l’implosion de son parti « Reconquête! » après les européennes, Éric Zemmour récolterait entre 3 et 4%.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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