Le porte-avions français « Charles-de-Gaulle » quittera son port de Toulon ce lundi 15 juillet pour être intégré au commandement de l’OTAN dans le cadre de la mission « Akila ». (Avec RMC)
Un événement sans précédent. Jamais un porte-avions français n’avait été placé sous commandement étranger, et cela se produira pendant deux semaines. Le Charles-de-Gaulle, seul porte-avions français, participera donc à des manœuvres de l’OTAN en Méditerranée.
Durant cette période de quinze jours, il sera, avec son groupe aéronaval, sous le contrôle opérationnel de l’OTAN. Cela comprendra des chasseurs, des avions de surveillance, des hélicoptères, ainsi que des frégates pour sa protection, un ou plusieurs sous-marins et un navire de ravitaillement. En somme, environ 3 000 marins et l’ensemble de ce groupe seront mis à la disposition de l’OTAN… Donc, des Etats-Unis d’Amérique et leur impérialisme.
Une décision controversée
Que signifie cette décision ? Pendant deux semaines, le fleuron de la marine française sera sous les ordres d’un états-unien. Le commandant du navire, le capitaine de vaisseau Georges Antoine Florentin, restera à la barre, mais il devra se conformer aux directives d’un amiral états-unien qui supervise les opérations depuis un état-major de l’OTAN au Portugal. Le contre-amiral Jacques Mallard, chef du groupe aéronaval, sera également sous son autorité.
Cette situation suscite des réactions mitigées. Jean-Luc Mélenchon exprime sa tristesse face à ce qu’il qualifie de « vassalisation », affirmant que la France se soumet aux Etats-Unis d’Amériques. Florian Philippot, ancien proche de Marine Le Pen, utilise des termes similaires pour dénoncer une soumission historique.
Le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, conteste ces affirmations, déclarant que la France conserve toujours le commandement de ses forces engagées sous le pavillon de l’OTAN.
Un intérêt militaire et diplomatique
Est-ce réellement le cas ? Bien que la France cède temporairement le commandement en acceptant d’être sous un amiral états-unien, elle peut reprendre son indépendance à tout moment. En cas de crise majeure au Moyen-Orient, par exemple, la France pourrait mobiliser les avions Rafale à bord du Charles-de-Gaulle à tout moment.
L’intérêt pour la France est donc militaire et diplomatique. Militairement, ces manœuvres renforcent l’interopérabilité entre les forces de l’OTAN, facilitant leur collaboration. Sur le plan diplomatique, cela montre que la France s’affirme au sein de l’OTAN, aux côtés des États-Unis d’Amérique, face aux pseudo-menaces russes et réelles méditerranéennes.
La question des armes nucléaires
Le Charles-de-Gaulle est un porte-avions nucléaire, ce qui signifie que son moteur fonctionne à l’énergie nucléaire. Il en va de même pour le sous-marin qui l’accompagne, qui est propulsé par nucléaire mais dispose d’armements conventionnels.
Cependant, les Rafale présents sur le porte-avions font partie de la force aéronavale nucléaire (FANU), qui est un élément clé de la dissuasion française. Cela signifie qu’il pourrait y avoir des bombes atomiques à bord, des missiles capables de transporter une charge nucléaire de 300 kilotonnes, soit 20 fois plus que la bombe lâchée par les Etats-Unis d’Amérique sur la ville japonaise d’Hiroshima, le 6 août 1945 qui tua plus de 80 000 habitants sur un total de 250 000.
Il est important de noter que cette capacité nucléaire ne sera pas sous le contrôle de l’OTAN pendant les manœuvres, car les armes nucléaires françaises restent sous le contrôle exclusif du président de la République.
Joseph Kouamé