Présidentielle EUA : les ex rivaux de Donald Trump, Nikki Haley et Ron DeSantis, lui apportent leur soutien lors de la convention républicaine

Nikki Haley et Ron DeSantis, anciens rivaux de Donald Trump lors des primaires du parti républicain, ont exprimé leur soutien au milliardaire ce mardi 16 juillet au soir, lors du deuxième jour de la convention républicaine de Milwaukee, en vue de la présidentielle états-unienne de novembre prochain. Cette scène d’unité contraste avec le Parti démocrate, qui est affaibli par des divisions concernant la candidature de Joe Biden. (Source : Reuters)

Nikki Haley et Ron DeSantis, considérés un temps comme les principaux rivaux de Donald Trump pour l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle américaine de novembre, ont apporté, mardi 16 juillet au soir, leur plein soutien à l’ancien président dans le cadre de la convention nationale du parti.

Réunies depuis lundi, pour quatre jours, à Milwaukee, dans l’État du Wisconsin, les figures du Parti républicain ont ainsi voulu afficher une image d’unité au côté de Donald Trump, 72 heures après la tentative d’assassinat contre l’ancien locataire de la Maison Blanche.

Nikki Haley, qui a décrit Donald Trump, lors des primaires républicaines, comme inéligible et inapte à diriger, a appelé, ce mardi, ses partisans à voter pour ce dernier face au président démocrate, Joe Biden, lors du scrutin du 5 novembre, citant « le bien de la nation ». « Vous n’avez pas besoin d’être tout le temps d’accord avec Trump pour voter pour lui », a déclaré l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique auprès des Nations Unies et ancienne gouverneure de Caroline du Sud. « Croyez-moi », a-t-elle ajouté, après avoir été accueillie sur l’estrade par un mélange d’applaudissements et de huées.

Ron DeSantis, le gouverneur conservateur de Floride, considéré l’an dernier comme le principal rival républicain de Donald Trump avant que sa campagne n’enchaîne les couacs, a été salué avec ferveur quand il a déclaré que Joe Biden était trop vieux pour diriger le pays.

Quel que soit le vainqueur du scrutin de novembre entre Donald Trump, 78 ans, et Joe Biden, 81 ans, il s’agira du président-élu le plus âgé de l’histoire des États-Unis d’Amérique.

Symbole

Installé parmi les spectateurs, deux jours avant un discours en ‘prime time’ jeudi, lors duquel il doit formellement accepter l’investiture du Parti républicain, Donald Trump a souri et applaudi ses anciens rivaux.

La symbolique était d’autant plus forte que se trouvait à ses côtés le sénateur J.D. Vance, officialisé la veille comme son colistier, fervent détracteur de Donald Trump avant d’effectuer un virage pour se rapprocher de ce dernier, reprenant ses positions conservatrices et ses accusations selon lesquelles il a été victime d’une fraude électorale en 2020.

Cette image d’harmonie se voulait un contraste avec le Parti démocrate, miné par des divergences à propos du maintien de Joe Biden comme candidat à la suite de sa prestation jugée désastreuse lors du débat face à Donald Trump le 27 juin dernier, qui a accentué les interrogations sur son âge et ses facultés mentales.

Sécurité et immigration

Principalement axés sur le thème de la sécurité, les discours prononcés ce mardi 16 juillet, lors de la deuxième journée de la convention nationale du Parti républicain, ont été plus agressifs que la veille, les orateurs dénonçant ardemment la politique de Joe Biden à la frontière Sud des États-Unis d’Amérique qui met, selon eux, le pays en danger.

Kari Lake et Bernie Moreno, qui briguent tous les deux un siège au Sénat lors des élections de novembre – des dizaines de sièges du Congrès seront en jeu -, respectivement en Arizona et dans l’Ohio -, et le sénateur du Texas, Ted Cruz, ont évoqué une « invasion » d’ immigrants clandestins.

Il s’agit de propos s’inscrivant dans le cadre de la rhétorique anti-immigration utilisée de longue date par Donald Trump, qui reproche aux démocrates une vague de crimes commis, selon lui, par les immigrants venus d’Amérique Centrale.

En cas de retour à la Maison Blanche, Donald Trump a promis d’endiguer l’immigration illégale et de mettre en place le plus important processus de déportation de l’histoire des États-Unis, se disant prêt à faire appel à des soldats si nécessaire.

Une rhétorique sur un fil

Le ton adopté mardi soir à Milwaukee contredit le message d’apaisement et d’unité nationale promis par Donald Trump à la suite de la tentative d’assassinat à son encontre.

Comme la veille pour sa première apparition publique depuis l’incident, Donald Trump, bandage autour de l’oreille droite, a été accueilli par une ovation lorsqu’il a effectué son entrée dans la salle de la convention, aux alentours de 20 h. Il est apparu plus exubérant que lundi, lorsqu’il avait semblé ému et plus calme qu’à son habitude.

La tentative d’assassinat contre Donald Trump, lors de laquelle une personne a été tuée par balle avant que l’assaillant ne soit abattu, a ravivé les craintes parmi les états-uniens sur la profonde polarisation du pays en amont de l’élection présidentielle, le souvenir de « l’insurrection » du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington étant par ailleurs toujours présent.

Un sondage Reuters/Ipsos, publié ce même mardi, montre que 80 % des électeurs états-uniens – dont des parts égales d’électeurs républicains et démocrates – sont d’accord avec l’idée que « le pays bascule hors de contrôle » depuis la tentative d’assassinat contre Donald Trump.

Didier Maréchal

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