JO 2024 (GYM) : L’états-unienne, Jordan Chiles, est contrainte de restituer sa médaille de bronze après une plainte auprès du « TAS »

L’états-unienne, Jordan Chiles, devra rendre sa médaille de bronze obtenue après réclamation et revalorisation de sa note lors de l’épreuve de gymnastique au sol aux JO de Paris. La médaille sera attribuée à la Roumaine Ana Barbosu, qui a partiellement remporté son recours ce samedi 10 août devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). (Source : AFP)

La roumaine Barbosu, âgée de seulement 18 ans, avait été déclarée troisième, lundi dernier, lors de l’épreuve au sol de gymnastique, brandissant le drapeau roumain dans l’Arena Bercy, avant d’être rétrogradée à la quatrième place après une révision de la note de Chiles par les juges, du fait de la réclamation portée par son entraîneur.

Or, le recours de Chiles était parvenu au jury «une minute et quatre secondes» après l’annonce de sa note, alors que le règlement de la Fédération internationale de gymnastique (FIG) prévoit un délai d’une minute, a tranché samedi le TAS, saisi par Barbosu. La juridiction suprême du monde sportif a par conséquent rétabli la note initiale de l’états-unienne (13,666), alors qu’Ana Barbosu avait obtenu 13,700. Sa compatriote Sabrina Voinea (13,700 aussi mais une moins bonne note d’exécution), qui contestait de son côté sa pénalité (-0,1) pour revenir sur le podium, a en revanche été déboutée.

Pourtant, ce dimanche après-midi, « USA Gymnastics » (USAG) en a ajouté en assurant que la première requête de révision avait été faite 47 secondes après l’annonce de la note de Chiles, à la lumière d’une nouvelle vidéo reçue par la fédération. «La séquence vidéo fournie n’avait pas été rendu disponible à « USA Gymnastics » avant la décision rendue par le Tribunal, et ainsi, USAG n’a pas eu l’occasion de la soumettre», a-t-il été expliqué par voie de communiqué. L’organisation n’a pas précisé si des démarches supplémentaires allaient être faites. Cependant, il serait totalement injuste de redonner cette médaille de bronze à l’états-unienne car, de l’aveu même de son entraîneur à la presse, celui-ci avait déclaré, après l’obtention de la révision de la note de Chiles qui lui permettait de monter sur le podium olympique qu’ils avaient « décidé de tenter le coup » en faisant une réclamation, ajoutant qu’ils s’étaient dit « On ne sait jamais, ça peut marcher, et ça a marché. » – ce qui démontre bien que le but était d’influencer le jury et non pas de faire corriger une note injustement attribué, sachant très bien qu’une réclamation faite par la délégation des « maîtres du monde » est toujours bien plus susceptible d’être acceptée que celle d’un pays n’ayant aucun poids ni capacité de représailles – aussi bien dans les instances sportives que politiques – en cas de refus comme la Roumanie.

Ce samedi soir, la FIG avait rendu la médaille de bronze à Ana Barbosu. «C’est un sentiment que je peux à peine exprimer, je n’arrive pas à y croire», a réagi Barbosu, citée par les médias roumains. «Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai eu peur que ce ne soit pas vrai, et une fois que j’en ai été sûre, j’ai serré mes parents dans mes bras et appelé tous ceux qui m’avaient aidée.».

Cette affaire de médaille de bronze retirée à la roumaine Barbosu avait provoqué, dès lundi, un incident diplomatique sérieux, le premier ministre roumain ayant élevé la voix, faisant savoir que, non seulement, du fait de cette décision injuste, il annulait sa présence à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques parisiens, dimanche 11 août, mais que, en plus, s’adressant directement aux deux gymnases roumaines, il leur assurait de son soutient, de celui de l’Etat et du peuple roumain et que, de fait, elles étaient bel et considérées, toutes deux, comme médaillées de bronze olympiques et en obtiendrait toutes les retombées au niveau nationales, à savoir, la mise à l’honneur, mais également les primes prévues pour les athlètes obtenant ce métal aux Jeux Olympiques de 2024.

De son côté, la gymnaste brésilienne Rebeca Andrade avait été sacrée championne olympique du sol le 5 août devançant la superstar états-unienne, Simone Biles. Une des images marquantes des Jeux montre Biles et Chiles, qui croyait alors devoir terminer troisième, s’inclinant devant Andrade rayonnante sur la plus haute marche du podium.

Kevin Negalo & Christian Estevez

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