Présidentielle états-unienne : Donald Trump et Kamala Harris se trouvent au coude-à-coude dans trois États cruciaux

À ce stade de la course présidentielle, le Nevada, la Géorgie et la Pennsylvanie se révèlent comme les États les plus disputés entre Kamala Harris et Donald Trump, selon un sondage de CNN publié ce mercredi 4 septembre. (Avec AFP)

À moins de deux mois du scrutin historique, Kamala Harris et Donald Trump ont intensifié leurs efforts pour séduire de nouveaux électeurs ce mercredi 4 septembre, alors qu’un récent sondage les montre au coude-à-coude dans au moins trois États décisifs. Cette journée de campagne a été marquée par un événement tragique : un adolescent a ouvert le feu dans un lycée en Géorgie, faisant quatre morts, ce qui a conduit les candidats à réagir.

Kamala Harris a affirmé : « Nous devons mettre fin à cette épidémie de violences armées dans notre pays, une bonne fois pour toutes. » En revanche, son adversaire républicain, qui s’oppose à tout renforcement législatif sur ce sujet, a qualifié l’auteur des tirs de « monstre malade et détraqué ».

Quelques heures plus tôt, une enquête d’opinion dévoilée par CNN est venue confirmer que, comme souvent aux États-Unis d’Amérique, le résultat de la présidentielle se jouera de façon très localisée, avec quelques milliers d’électeurs à l’influence surdimensionnée et des millions d’autres cantonnés à un rôle d’observateurs.

Selon cette enquête, le Nevada, la Géorgie et la Pennsylvanie sont les trois terrains d’affrontement qui s’annoncent les plus disputés à ce stade de la course. La Pennsylvanie fait figure de « gros lot » susceptible d’emporter la victoire. Donald Trump s’y est d’ailleurs rendu une nouvelle fois ce mercredi, pour un « town hall » -réunion publique avec des électeurs – animé par Sean Hannity, dans la capitale Harrisburg. Ce commentateur politique de Fox News, classé conservateur et proche du milliardaire, a souvent les faveurs du candidat républicain dans ses interventions télévisées. L’émission sera enregistrée en fin d’après-midi et diffusée à 21h heure de Washington (1 h GMT jeudi 5 septembre).

Risque d’essoufflement

Kamala Harris est elle allée dans l’État du New Hampshire pour un déplacement centré sur les petites et moyennes entreprises. Dans cette région penchant démocrate, elle a visité une brasserie de bière fondée par deux femmes, dans un secteur d’activité traditionnellement d’hommes. La candidate de 59 ans s’y est engagée à multiplier par dix le crédit d’impôt à la création de petites entreprises, en le portant de 5 000 à 50 000 dollars.

Celle que son rival présente comme « communiste » entend ainsi conforter son image de candidate des classes moyennes et laborieuses face à un adversaire accusé de choyer les grosses fortunes et les multinationales.

Après avoir logiquement profité d’un élan consécutif au retrait de Joe Biden et à la grande convention démocrate de Chicago qui l’a officiellement intronisée, la vice-présidente est désormais confrontée au risque d’essoufflement. Plusieurs éditorialistes de quotidiens renommés, plutôt favorables aux démocrates, l’ont, ces derniers jours, appelée à détailler ses mesures pour le pays, estimant notamment que son interview très attendue de jeudi dernier, aux côtés de son colistier, Tim Walz, avait manqué de substance.

« La période de lune de miel (de Kamala Harris) a vécu », a d’ailleurs affirmé, aujourd’hui, sur une radio locale, Donald Trump, qui a lui-même perdu au niveau national l’avance qu’il avait en juillet.

15 % d’indécis

Toujours ce mercredi, le dossier du sidérurgiste « US Steel » s’est confirmé comme un gros enjeu de cette campagne : selon la presse, le président Joe Biden s’apprête à bloquer formellement le rachat du fleuron industriel états-unien par son concurrent japonais « Nippon Steel ».

Dans un sondage publié aujourd’hui par « The Economist », Kamala Harris récolte 47 % des intentions de vote à l’échelle nationale, contre 45 % pour Donald Trump.

De nombreux républicains aimeraient voir l’ex-magnat des affaires adopter un ton plus posé, centré sur des critiques du bilan de l’administration Biden-Harris, mais le septuagénaire continue d’accumuler les attaques ad hominem visant sa rivale. « C’est une marxiste, elle va détruire notre pays », a-t-il encore lancé ce mercredi.

Le sondage de CNN identifie une proportion d’environ 15 % de votants encore indécis dans les États pivots susceptibles de basculer dans l’un ou l’autre des deux camps. Il donne Kamala Harris gagnante dans le Wisconsin et le Michigan et Donald Trump vainqueur dans l’Arizona.

Le passage, ce mercredi, de la démocrate par le New Hampshire, où elle ne s’était pas rendue depuis des années, sera très vraisemblablement pour elle un détour singulier, avant qu’elle ne recommence à labourer les sept États clés qui décideront de l’avenir de la première puissance mondiale le 5 novembre prochain. Kamala Harris a prévu de se rendre ce jeudi 5 septembre en Pennsylvanie, État où est implanté « US Steel ».

Didier Maréchal

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