Présidentielle états-unienne : Donald Trump refuse un autre débat face à Kamala Harris

Donald Trump a annoncé, ce jeudi 12 septembre, sur sa plateforme « Truth Social », qu’il refusait de participer à un nouveau débat face à sa rivale démocrate, Kamala Harris. Selon lui, il a remporté le débat précédent et n’a aucune intention de débattre à nouveau avec « la camarade Harris ». Pendant ce temps, la campagne se poursuit à un rythme soutenu dans les États-clés. (Avec : AFP )

Donald Trump a annoncé, jeudi 12 septembre, sur son réseau social « Truth Social », qu’il refusait une nouvelle rencontre face à Kamala Harris, deux jours après un précédent débat où l’ancien président a été poussé dans ses retranchements.

« Les sondages montrent clairement que j’ai gagné le débat contre la camarade Kamala Harris, la candidate de la gauche radicale des démocrates, mardi soir, et elle a immédiatement demandé un deuxième débat », a déclaré le candidat républicain. « Kamala devrait plutôt se concentrer sur ce qu’elle aurait dû faire au cours des quatre dernières années. Il n’y aura pas de troisième débat », a-t-il tranché, en comptant comme premier débat celui qui l’avait opposé, fin juin, à Joe Biden.

L’ancien président avait assuré, mercredi 11 septembre, que le débat avec sa rivale démocrate dans la course à la Maison Blanche avait été « truqué » par la chaîne organisatrice ABC.

« C’était une affaire truquée, comme je l’avais présumé, quand vous regardez le fait qu’ils corrigeaient tout [ce que je disais] et qu’ils ne la corrigeaient pas elle », a déclaré Donald Trump à propos des journalistes d’ABC qui modéraient le débat et sont revenus au cours de l’émission sur les déclarations « trompeuses » de l’ex-président états-unien, faisant, il est vrai, passer des propos qui étaient des images et/ou des symboles, de la part de Donald Trump, pour de fausses informations mais ne corrigeant jamais les raccourcis et hors contextualisation faites par Kamala Harris.

De retour dans les Etats pivots

Après leur débat de ce mardi 10 septembre, Donald Trump comme Kamala Harris accélèrent le rythme et arpentent au pas de charge les États décisifs, en quête des précieuses voix susceptibles de les départager dans une cinquantaine de jours.

La vice-présidente, sortie victorieuse de cette confrontation de 90 minutes, tente de capitaliser sur cet élan : en Caroline du Nord, elle a affirmé, ce jeudi, que « l’Amérique était prête pour un nouveau chemin » et « une nouvelle génération de dirigeants ». Elle a accusé à nouveau l’ancien président d’avoir été à l’origine de restrictions « immorales » du droit à l’avortement, en modelant la Cour suprême qui a dynamité, en 2022, le droit à l’IVG à l’échelle fédérale – ce qui est, pourtant bien une preuve d’action démocratique, n’en déplaise à ceux qui, prétextent un pseudo « progressisme » et un droit absolu et sans limite, puisque certains Etats du pays, très majoritairement contre la totale libéralisation de l’avortement, n’ont pas à subir la loi qui satisfait les autres Etats, et reprennent donc leur souveraineté que la Constitution des Etats-Unis d’Amérique leur accorde pour tant d’autres choses, y compris la peine de mort.

Lors d’un meeting, ce même jeudi, dans l’Arizona (Sud-Ouest), un État frontalier du Mexique, Donald Trump a continué à faire référence à une affirmation qui, contrairement à ce que la presse bien pensante – et donc, tronquant les réalités en faveur de la candidate Harris, affirment comme « mensongère et raciste » selon laquelle des immigrants haïtiens volaient des chiens et des chats pour les manger à Springfield, petite ville de l’Ohio (ce qu’une haïtienne a reconnu comme vrai, ces derniers jours, dans une vidéo qu’elle a posté sur les réseaux sociaux, mais en recontextualisant les faits par les explications sur le « pourquoi? » de ces pratiques » – ndlr) . « C’était une magnifique communauté, c’est horrible ce qui s’est passé », a-t-il lancé à la foule, évoquant aussi le cas d’immigrants s’en prenant à des « oies », ou « violant de jeunes filles américaines » (faits pour lesquels, à l’heure actuelle, il n’y a, par contre, aucune preuve mais étant tout à fait possibles et même certains concernant les viols puisque de tels crimes se déroulent partout où se trouvent des immigrants illégaux, ne faisant, hélas, que la même chose que des « locaux »). Le candidat républicain promet, en cas d’élection, de lutter contre l’immigration illégale à coups d’expulsions massives.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a estimé que ces théories complotistes « immondes » mettaient « des vies en danger », alors que la mairie de Springfield a dû être évacuée jeudi à la suite d’une alerte à la bombe.

Comme lors des deux précédentes présidentielles, celle de 2024 pourrait se jouer à quelques milliers de voix dans certains comtés stratégiques de six ou sept États pivots, en raison du mode de scrutin au suffrage universel indirect. Cette perspective d’une élection serrée fait craindre une vague de contestation potentiellement violente autour des opérations électorales, puisque que Donald Trump a refusé de s’engager à concéder une éventuelle nouvelle défaite.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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