Propagande ukrainienne : La réalisatrice de « Russians at War » placée sur la liste des « menaces à la sécurité nationale »

Le ministère ukrainien de la Culture a annoncé, ce lundi 16 septembre, avoir placé sur la liste des « personnes représentant une menace pour la sécurité nationale » la réalisatrice du documentaire « Russians at War », qui traite l’offensive russe en Ukraine du point de vue des soldats russes et est très critiqué par Kiev. (Source: AFP)

Lee film documentaire « Russians at war », de la Russo-Canadienne Anastasia Trofimova est au centre d’une controverse depuis sa présentation à la Mostra de Venise, début septembre, les autorités ukrainiennes le considérant comme de la « propagande russe ».

La réalisatrice, qui a passé plusieurs mois au sein d’un bataillon russe combattant en Ukraine, y expose le quotidien de soldats. Elle a affirmé à l’AFP que son film était « un documentaire antiguerre » et montrait des «gens ordinaires » – ce qui ne peut être acceptable pour les russophobes dont la propagande consiste à présenter tout russe comme l’incarnation vivante du mal.

Le ministère ukrainien de la Culture a déclaré, ce lundi 16 septembre, qu’Anastasia Trofimova était désormais « sur la liste des personnes représentant une menace pour la sécurité nationale de l’Ukraine », notamment en raison de son documentaire. « Ce film de propagande n’aborde pas et ne reconnaît pas les atrocités commises par la Russie pendant son invasion », lancée en février 2022, a accusé le ministère dans un communiqué.

« Guerre d’information plus large »

Le documentaire « promeut l’idée […] selon laquelle les Russes sont tout autant victimes que les Ukrainiens, ce qui est inacceptable », lit-on encore. Anastasia Trotmova est la 233e personne à être placée sur cette liste, d’après ce communiqué.

Le ministre Mykola Totchytsky, cité dans le communiqué, a affirmé que des cas comme celui d’Anastasia Trofimova font partie d’une « guerre d’information plus large lancée par la Russie, qui tente de justifier son agression via la culture et les médias ».

L’avant-première nord-américaine de « Russians at War », au Festival international du film de Toronto (TIFF), avait été déprogrammée la semaine dernière en raison de « menaces », selon les organisateurs.

D’après un journaliste de l’AFP ayant vu le film, les combattants que l’on voit à l’écran semblent avoir perdu le sens de leur participation à ce conflit, loin du discours officiel que les autorités russes cherchent à propager. Manquant d’équipements, ils bricolent eux-mêmes leurs armes et recourent à du matériel datant de l’ère soviétique. Entre une cigarette ou un verre d’alcool, ces soldats essayent de noyer leur désarroi face aux blessures ou à la mort de leurs camarades.

L’un des producteurs du documentaire, Philippe Levasseur, avait déclaré à l’AFP qu’il s’agissait du « récit d’une machine à broyer les hommes ».

Didier Maréchal & Christian Estevez

Laisser un commentaire