Le parti de droite nationaliste, Rassemblement National, envisage de soumettre son projet de loi, annulant le relèvement de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans, lors de sa niche parlementaire fixée au 31 octobre. (Avec : AFP)
Le bureau de l’Assemblée nationale a validé la recevabilité de la proposition de loi déposée par le Rassemblement National (RN) pour abroger la réforme des retraites, ce mercredi 18 juin, selon des sources parlementaires citées par France Télévisions. Le vote s’est conclu par 10 voix en faveur et 7 contre. Le parti de droite nationaliste qui avait soumis cette proposition le 12 septembre, prévoit de défendre son texte lors de sa niche parlementaire fixée au 31 octobre.
La proposition de loi, consultée par franceinfo, propose de rétablir « l’âge d’ouverture des droits à 62 ans », contre 64 ans pour la réforme macroniste, adoptée en 2023. L’exposé des motifs du texte, signé par Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée, et le député Thomas Ménagé, dénonce « l’injustice » de la réforme tout en dénonçant « la méthode employée pour [la] faire adopter ».
La loi actant le report de l’âge de départ à la retraite avait, en effet, été adoptée grâce à l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution par la Première ministre de l’époque, Elisabeth Borne, en dépit des manifestations monstres provoquées par la réforme.
Baisser le nombre des trimestres de cotisation
Le RN insiste sur la « nécessité d’abroger une réforme injuste et inefficace » et propose un texte court, de trois articles. Le 1er vise à rétablir l’âge de départ à 62 ans « à compter de la génération 1955 » au lieu de 64 ans à partir de la génération née en 1968. Le deuxième article touche à la durée de cotisation pour l’obtention d’une retraite à taux plein. Le dernier article propose des mesures de compensation financières.
Dans le détail, le Rassemblement National souhaite fixer la durée de cotisation requise à « 168 trimestres » ou 42 annuités pour les personnes nées en 1961. A l’heure actuelle, la loi prévoit qu’à terme, les assurés cotisent au moins 172 trimestres. « Cette mesure vise à garantir aux personnes éligibles au dispositif dit ‘carrière longue’ de pouvoir bénéficier d’un départ réellement anticipé », précise la proposition de loi du RN.
Didier Maréchal