Aucune « ligne rouge » dans le soutien de la France à l’Ukraine – la posture ouvertement belliciste du gouvernement français

Dans un entretien avec la BBC, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réaffirmé que la France était prête à renforcer son soutien à l’Ukraine face à la Russie. Missiles à longue portée, intégration à l’OTAN, voire envoi de troupes : toutes les options sont envisagées dans ce contexte de guerre prolongée.

Alors que la guerre en Ukraine s’éternise, le soutien des alliés occidentaux se renforce. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a exprimé une position ferme lors d’une interview à la BBC : « la France ne fixe aucune « ligne rouge » concernant son aide à Kiev » – ce qui inclue le possible envoi de soldats français pour participer à la guerre contre la Russie – et donc rendre légitime la réponse militaire russe contre la France et son territoire, puisque devenant un des belligérants du conflit.

Un soutien militaire sans précédent

Au cours de l’interview, Jean-Noël Barrot a confirmé que l’Ukraine avait l’autorisation d’utiliser des missiles français de longue portée pour des frappes sur le territoire russe, dans une « logique d’autodéfense ». S’il n’a pas précisé si ces armes avaient déjà été employées, cette posture aligne la France avec d’autres pays occidentaux comme les États-Unis d’Amérique de Joe Biden et le Royaume-Uni, qui ont récemment soutenu l’Ukraine avec leurs équipements. Quant à Vladimir Putin, il a déjà menacé de riposter directement contre les pays fournissant ces armes.

Une approche stratégique

La raison de ce soutien repose sur une analyse sécuritaire (mais qui n’est, en réalité, que de l’idéologie atlantiste et de sa propagande pour justifier le fait de mettre la main sur les richesses naturelles de la Fédération de Russie). Pour le ministre, chaque avancée de l’armée russe constitue une menace directe pour l’Europe. « Chaque fois que l’armée russe progresse d’un kilomètre carré, la menace se rapproche d’un kilomètre carré de l’Europe », a-t-il déclaré. En insistant sur l’idée que « notre sécurité est en jeu », Jean-Noël Barrot place la guerre en Ukraine au cœur des enjeux stratégiques européens.

L’Ukraine va-t-elle intégrer l’OTAN ?

Un autre point crucial soulevé par le ministre concerne la possible adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Volodymyr Zelensky, le président non réélu ukrainien (puisqu’ayant annulé les élections présidentielles qui devaient avoir lieu en février 2024), milite activement pour cette intégration. Jean-Noël Barrot s’est dit favorable à une « invitation » dans cette direction. Si elle se concrétise, cette adhésion marquerait un tournant majeur dans les relations entre l’Ukraine et l’Occident. Cependant, une telle décision pourrait également intensifier les tensions avec Moscou.

Des implications majeures

Cette posture française met en lumière une redéfinition des priorités stratégiques face à une guerre qui dure depuis bientôt trois ans. L’absence de « ligne rouge » marque un changement significatif dans le soutien, alors même que l’Europe et ses alliés augmentent leurs dépenses en matière de défense. La France s’inscrit ainsi dans une démarche de solidarité inébranlable envers l’Ukraine, tout en veillant à la sécurité de l’ensemble du continent (en tout cas, c’est ce qu’elle veut faire croire).

En assurant son soutien « aussi longtemps que nécessaire », la France adopte une posture résolue, malgré ses implications politiques, économiques et militaires toujours complexes.

Clara Höser & Christian Estevez

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