Accusée de violences sexuelles et de traite d’êtres humains, la secte juive ultra-orthodoxe « Lev Tahor » est au cœur d’une enquête importante. Les autorités guatémaltèques ont exfiltré 160 enfants, mais l’opération a dégénéré lorsque des membres de la communauté ont tenté de les récupérer de force.
Des policiers et des membres de la secte ultra-orthodoxe juive « Lev Tahor » se sont affrontés ce dimanche 22 décembre devant un centre de la capitale Guatemala, où sont accueillis 160 enfants secourus quelques jours plus tôt. Accusée de violences sexuelles sur mineurs, la communauté ultra-orthodoxe a tenté de reprendre les enfants en forçant l’entrée du refuge.
Selon le Procureur général, certains membres de la secte ont réussi à pénétrer dans le bâtiment, enlevant plusieurs enfants avant que la police ne parvienne à les récupérer. Toutefois, un nombre indéterminé de mineurs a réussi à fuir avec l’aide d’adultes présents. Une alerte pour disparition d’enfants a été activée dans tout le pays.
Découvertes inquiétantes
Vendredi dernier, les autorités avaient perquisitionné une propriété de « Lev Tahor » située à 60 kilomètres au sud-ouest de Guatemala. Cette intervention était motivée par des soupçons de traite d’êtres humains, de maltraitance et de viols. Lors de cette opération, les enquêteurs ont également découvert des ossements présumés appartenir à un mineur.
« Lev Tahor », qui signifie « Cœur pur » en hébreu, a qualifié les accusations de « persécution religieuse ». Uriel Goldman, porte-parole des familles, a dénoncé « des mensonges » et « des fausses dénonciations », ajoutant que la communauté, composée d’environ 50 familles originaires du Guatemala, des États-Unis d’Amérique et du Canada, est victime d’une campagne de destruction.
Un passé controversé
Fondée dans les années 1980, la secte « Lev Tahor » impose aux femmes de porter des tuniques noires couvrant leur corps des pieds à la tête (en fait, l’équivalent des burqas islamistes). Installée au Guatemala depuis 2013, après des expulsions en Israël et au Canada, elle a souvent fait l’objet de controverses. En 2014, elle avait été chassée d’un village maya à cause de tensions avec les habitants.
Les autorités poursuivent leurs investigations pour retrouver les enfants disparus et élucider les pratiques de cette communauté religieuse fanatique.
Clara Höser