L’Argentine a remboursé, ce jeudi 9 janvier, plus de 4 milliards de dollars d’obligations, marquant une étape clé dans la stratégie du président Javier Milei pour restaurer la confiance des investisseurs. Cette décision s’inscrit dans un plan d’austérité destiné à rétablir l’équilibre des finances publiques, mais qui alimente aussi un débat national sur ses effets sociaux.
Le gouvernement argentin a honoré un paiement de 4,36 milliards de dollars couvrant le principal et les intérêts de sa dette souveraine libellée en dollars, émise sous le droit argentin et américain. L’annonce a été saluée par le secrétaire aux Finances, Pablo Quirno, qui a déclaré sur le réseau social X : « On dit qu’une promesse est une dette (…) Dans ce cas, elle est PAYÉE ! »
Cependant, ce remboursement massif exerce une pression supplémentaire sur les réserves de change déjà fragiles de la banque centrale. Les analystes estiment néanmoins que cette opération pourrait avoir des effets positifs, notamment par un réinvestissement dans la dette souveraine argentine. « Nous pensons qu’une partie de ce flux de trésorerie pourrait être réinvestie dans les mêmes obligations, réduisant ainsi davantage la prime de risque du pays », a expliqué Juan Manuel Franco, économiste chez Grupo SBS.
Sous la présidence de Javier Milei, la politique de « déficit zéro » et les mesures pour juguler l’inflation ont contribué à une baisse notable de la prime de risque sur la dette souveraine argentine. Toutefois, ce programme d’austérité a aussi entraîné une hausse marquée de la pauvreté dans le pays, alimentant les critiques et les tensions sociales.
Clara Höser