Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé que l’entrée en seconde ne serait pas conditionnée à la réussite du brevet. Si le passage de l’examen reste obligatoire, sa réussite ne sera pas déterminante pour accéder au lycée, une décision qui marque un nouveau recul après les réformes initiées dans le cadre du « choc des savoirs ».
Le « choc des savoirs » visant à relever le niveau des élèves connaît un nouveau tournant. La ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, a décidé de revenir sur la mesure de son prédécesseur Gabriel Attal, qui prévoyait de rendre la réussite du brevet obligatoire pour l’entrée en seconde dès 2027. Vendredi 17 janvier, la Rue de Grenelle a précisé que seul le passage de l’examen resterait imposé.
Ainsi, un élève pourra intégrer une classe de seconde si son conseil de classe juge qu’il en a le niveau, même s’il échoue à l’examen. Pour soutenir les élèves les plus en difficulté, chaque collège pourra mettre en place des dispositifs d’approfondissement en coordination avec les équipes académiques et les priorités locales, selon le ministère.
Des dispositifs de soutien renforcés
Elisabeth Borne prévoit également de développer des « parcours renforcés » pour les élèves entrant au lycée sans avoir obtenu leur brevet. Les classes dites « prépa-seconde », expérimentées dans chaque département pour les élèves ayant échoué à l’examen, seront maintenues pour l’année scolaire 2025-2026 afin d’en évaluer les effets.
Par ailleurs, le niveau d’exigence de l’examen sera renforcé à partir de 2026. Les épreuves terminales compteront pour 60 % de la note finale, contre 50 % actuellement, et le contrôle continu sera réduit à 40 %, basé sur les moyennes des notes obtenues en troisième. Les correctifs académiques, qui permettaient de réajuster les résultats, seront supprimés pour garantir une évaluation directe par les enseignants.
Une réforme au centre des critiques
L’annonce initiale de rendre le brevet obligatoire pour entrer en seconde, portée par Gabriel Attal puis assouplie par Anne Genetet, avait été vivement critiquée par les syndicats enseignants, qui y voyaient une forme de « tri social ».
Elisabeth Borne, dans un esprit plus prudent, a également exprimé des réserves sur d’autres mesures du « choc des savoirs », comme les groupes de besoins instaurés en sixième et cinquième. Ces dispositifs seront évalués en 2025 avant d’envisager leur extension aux classes de quatrième et troisième.
Écoles rurales et tranquillité scolaire
Pour les écoles primaires, le ministère prévoit la création de classes de très petites sections dans les quartiers prioritaires, ainsi que la préservation des écoles rurales. Les suppressions de postes initialement annoncées par le précédent gouvernement sont annulées, et de nouveaux moyens seront alloués pour réduire les écarts de réussite : 542 postes supplémentaires pour le secondaire, 170 conseillers principaux d’éducation et 600 assistants d’éducation pour renforcer la tranquillité scolaire.
Ces mesures traduisent une volonté de rééquilibrer les réformes éducatives tout en maintenant une exigence accrue pour les élèves.
Clara Höser