Algérie : Renégociation de l’accord d’association avec l’UE

Après près de deux décennies, l’Algérie s’engage dans une renégociation de l’accord d’association signé avec l’Union européenne en 2002. Considérant ce partenariat comme déséquilibré et insuffisamment bénéfique, le pays envisage de réviser les termes de cet accord pour instaurer une relation d’égal à égal, tout en répondant aux défis économiques nationaux.

L’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, entré en vigueur en 2005, n’a pas permis au pays de diversifier ses exportations ni d’attirer les investissements européens espérés. Dominées par les hydrocarbures, les exportations algériennes hors pétrole et gaz restent marginales, tandis que les importations européennes à tarifs préférentiels ont creusé un déficit commercial significatif. Face à ce constat, Alger réclame une refonte complète des termes de l’accord.

Un partenariat jugé déséquilibré

Pour Abdelouahed Kerrar, vice-président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), l’accord initial a échoué à instaurer une « prospérité partagée ». Lors d’une intervention sur les ondes de la chaîne III de la radio algérienne, il a plaidé pour une diversification des exportations algériennes et une meilleure ouverture des marchés européens aux produits hors hydrocarbures. Cette position a été réaffirmée par le président Abdelmadjid Tebboune, lors d’une réunion consacrée à la révision de l’accord.

Les priorités algériennes dans la révision

L’Algérie place la protection de ses industries locales au cœur des discussions. Elle propose l’instauration de protections douanières pour ses secteurs encore vulnérables et exige une ouverture accrue du marché européen aux produits algériens, notamment agroalimentaires et pharmaceutiques.

Le transfert technologique figure également parmi les priorités. Alger appelle les entreprises européennes à contribuer davantage à la modernisation de l’industrie nationale, en s’appuyant sur des réformes récentes, comme la refonte du code des investissements. Par ailleurs, la croissance économique prévue à 3,9 % en 2024 est mise en avant pour attirer des partenariats.

Préserver la souveraineté économique

L’Algérie insiste sur la nécessité de protéger ses secteurs stratégiques, tels que l’automobile, l’agroalimentaire et les énergies renouvelables, pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Tout en renforçant ses relations avec l’UE, le pays explore également des opportunités de diversifier ses partenariats commerciaux vers d’autres acteurs internationaux.

Vers un accord rééquilibré

La renégociation de l’accord d’association avec l’Union européenne constitue un tournant dans les relations entre Alger et Bruxelles. Si l’Algérie demeure attachée à un partenariat constructif, elle aspire désormais à un rapport d’égal à égal. Les mois à venir seront décisifs pour aboutir à un accord équilibré, répondant aux aspirations des deux parties.

Clara Höser

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