La députée écologiste parisienne Sandrine Rousseau a été auditionnée comme suspecte dans le cadre d’une enquête sur une possible inscription frauduleuse sur les listes électorales à Paris. Elle conteste toute infraction. Retour sur une affaire mêlant accusations et enjeux politiques.
La députée « EELV » (Europe Ecologie Les Verts) de Paris, Sandrine Rousseau, a été entendue le 10 janvier à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), selon des informations révélées ce vendredi 17 janvier par l’AFP. Cette audition s’inscrit dans une enquête concernant une potentielle « inscription indue sur une liste électorale par déclaration frauduleuse », un délit passible d’un an d’emprisonnement. Le parquet, qui s’est fait transmettre la procédure, doit encore déterminer l’orientation à donner à cette affaire.
Sandrine Rousseau, qui conteste fermement ces accusations, avait indiqué, lors de l’ouverture de l’enquête, qu’elle se réjouissait que « la justice fasse son travail ». Son avocate, Me Élodie Tuaillon-Hibon, avait précisé que sa cliente respectait pleinement l’indépendance de la magistrature et démentait les « allégations malveillantes » portées à son encontre.
Une affaire politico-judiciaire complexe
L’enquête a été initiée après un signalement de l’avocat Gilles-William Goldnadel et une plainte de Claire Monod, une militante « EELV » ayant échoué à obtenir l’investiture du parti pour les législatives, finalement accordée à Sandrine Rousseau.
Selon la plainte et des révélations du magazine télévisé « Complément d’enquête » diffusé sur France 2, Sandrine Rousseau aurait produit une attestation d’assurance pour un logement où elle ne résidait pas le 1ᵉʳ mars 2022, soit trois jours avant la clôture des inscriptions électorales et la validation des investitures d’EELV. Cette démarche aurait permis à Mme Rousseau de simuler un ancrage dans le 13ᵉ arrondissement, où elle a finalement été investie et élue.
Le parquet a précisé que la députée avait fourni divers documents, dont des factures d’électricité et des attestations d’assurance relatives à des logements successifs, prêtés puis acquis dans cet arrondissement.
Une défense sous pression
Dans une interview diffusée par « Complément d’enquête« , Sandrine Rousseau avait admis avoir « misé sur une sous-location » d’un appartement meublé, avant de se raviser et de signer un bail pour un autre logement mi-avril. « Comme il y avait une clôture des listes électorales, j’ai misé sur cette sous-location, oui », avait-elle déclaré.
Malgré ces explications, la plainte de Claire Monod affirme que cette manœuvre visait à « feindre un ancrage dans le 13ᵉ arrondissement » pour des raisons électorales.
Clara Höser